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TITRE:

LOKURAH (19 OCTOBRE 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METALCORE



C'est un revenant auquel nous avons affaire. Dix ans après "Time to Do Better", Lokurah reprend l'histoire là où elle ne s'est finalement jamais arrêtée avec "Distorted Truth"...
STRUCK - 25.11.2022 -
7 photo(s) - (0) commentaire(s)

La dernière trace de vie de Lokurah date de 2012 avec la sortie du très bon "Time to Do Better". Malgré un très bon accueil, l'essai n'a pas été transformé faute de soutien d'un label défaillant et de changements de line-up.... Dix ans plus tard, le groupe revient sous une forme et un son remanié(e) mais toujours sous la houlette de son guitariste -passionné de musique- Pierre-Jean Toty qui nous détaille toutes les embûches auquel le groupe a été confronté même s'il n'a jamais envisagé de le mettre en pause... Interview véritée (non distordue) avec un passionné qui revient avec un album "Distorted Truth" qui concrétise le nouveau départ de Lokurah...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée et à laquelle tu aurais marre de répondre ?

Pierre-Jean Toty : (Rires) "Comment vous êtes-vous formés ?"…





On va y venir… Votre premier album “When The End Comes” a reçu de très bonnes critiques. Est-ce que cela a été une fierté pour toi puisque votre musique était attendue ?

On a mis toutes les chances de notre côté en bossant notamment avec El Mobo de Conkrete Studio à Bordeaux au mix pour notre premier EP et à l’enregistrement et au mix pour le premier album : c’était un des rares gars à l’époque a vraiment faire du gros son en France parce que mine de rien, on ne se rend pas compte -tout le monde fait du gros son maintenant dans son home studio- mais à l’époque, ce n’était pas le cas… De ce côté, c’était plutôt réussi parce qu’on avait un gros, gros son à partir de l’EP en 2005 mais aussi "When The End Comes" en 2008, on avait trouvé un label à l’époque Pervade Productions qui avait fait un travail tout à fait correct…
Après, on tombait un peu au moment où les problèmes de piratage prenaient de l’ampleur : les CD se vendaient moins mais on a effectivement eu de bons retours…


… Je me permets juste de te contredire sur la notion de piratage… J’y vois plutôt un problème de labels qui ont continué de vendre des CD à 15/20€ alors que milieu des années 1980 au moment de l’apparition de ce support, on a dit que le prix allait baisser à terme après amortissement de la technologie… Il n’en a rien été : 20 ans plus tard, les prix sont restés prohibitifs, les labels continuant de se gaver sur le dos des artistes et acheteurs jusqu’au bout au lieu d’éduquer les nouvelles générations à l’amour du support physique en le vendant à des prix abordables…

C’est vrai, ils n’ont pas pris le tournant, ils n’ont pas vu le problème arriver : ce qui est très étonnant !


Vous avez subi cette évolution comme tous les groupes, mais penses-tu que ça a affecté la carrière d’un nouveau venu comme Lokurah ?

C’est difficile à dire parce qu’on était tous dans le même bateau et depuis, il y a cette offre de streaming qui te permet d’écouter un maximum de choses…


Votre deuxième album “Time To Do Better” date de 2012, avez-vous pris ces dix ans pour sortir "Distorted Truth" et ainsi prendre le temps de mieux faire ?

(Rires) J’aime l’allusion… Effectivement, on pourrait le résumer comme ça mais en pratique, c’est surtout dû aux changements de line-up qui ont énormément ralenti le processus. On s’investit avec des personnes qui -pour une raison ou une autre- arrêtent…


Ce qui est compréhensible : faire du metal, c’est rarement un métier…

C’est ça ! Dans le metal, c’est rarement un métier en France : il n’y a pas d’argent en jeu, rien qui retient des personnes même si elles ont d’autres préoccupations… Donc ce sont réellement les changements de line-up qui nous ont fait perdre du temps… Mais je voulais enchaîner : à titre d’exemple, sur ce nouvel album, je crois qu’il y a une composition qui date de 2011…


Ces changements de line-up ont un impact notamment sur le chant -il y a désormais du chant clair- as-tu changé ta façon de composer ?

Non, c’est plutôt Alexandre notre chanteur avec lequel je travaille sur des démos depuis 2018 : il a dû se caler sur pas mal de choses en termes d’exigences… Il n’avait pas de repères particuliers, personne ne le coachait alors que je sais ce que je veux… Heureusement, il est réceptif sur ce point et on a vraiment bien pu travailler ensemble… Au bout d’un moment, il a atteint un niveau vraiment intéressant à tel point que sur les derniers mois de composition, on est parti sur des morceaux dans lesquels on intégrait du chant clair mais initialement, ils étaient prévus pour le quatrième album… Mais le temps que ce quatrième album sorte, ces morceaux n’auraient plus été d’actualité : on a donc décidé d’intégrer ces morceaux sur "Distorted Truth" quitte à mettre de côté d’autres plus anciens sur lesquels il n’y avait pas de chant clair…


A propos de chant clair, ne crains-tu pas les réactions de metalleux purs et durs ?

Je ne pense pas… Et ce n’est pas grave ! J’ai des influences death metal que je revendique et c’est d’ailleurs un petit plus pour le groupe parce qu’au départ, on était plus metal hardcore… Il y a des touches death metal notamment sur le premier album influencées par Immolation ou Morbid Angel..
Mais ce qui est drôle, c’est que les premiers stickers édités sur le premier EP, il était inscrit "Lokurahmetalcore" en un seul mot ! On aime jouer avec les sous-genres dans le metal mais à l’époque, le metalcore était metal + hardcore… Et ça a vite évolué vers des groupes que j’aime également comme Killswitch Engage et c’est devenu connoté : couplets avec des gros riffs hardcore, breakdowns… et refrains en chant clair. C’est devenu ce cliché ! Et des années après, on peut être catalogués dans ce style sur certains morceaux qu’on a sortis en single et personnellement, ça ne me dérange pas du tout sachant que tout l’album n’est pas stéréotypé dans ce style…


Je me suis presque forcé à [...] peut-être plus formater les compositions




Et finalement, comment faire mieux que “Time To Do Better” qui a été bien accueilli ?

Il a bien été accueilli mais il y avait quand même un petit manque de promo de la part du label qui nous a un peu déçus (NdStruck : M&O) parce que tous les retours qu’on a eu étaient ultra-positifs ! C’est dommage mais ce n’est pas grave en soi parce que l’album est toujours disponible et les gens peuvent toujours l’écouter en streaming
Mais comment faire mieux ? Je n’en sais rien… Je peux te répondre sur la méthode de composition où au fur et à mesure, je me suis presque forcé à travailler sur l’harmonie, sur des gammes et organisé un certain nombre de choses dans les morceaux et peut-être plus formater les compositions, ce que j’assume tout à fait : les morceaux tournent autour de trois minutes… sachant que c’est ce qui me plaît en tant qu’auditeur ! Et puis, nous ne sommes pas tous Dream Theater… Sachant qu’en tant qu’auditeur, quand ça dépasse cinq ou six minutes, il faut vraiment avoir quelque chose de très intéressant à dire pour tenir l’attention…


Ça me fait penser à la discussion que nous avons eu avec Steven Wilson à qui tu ressembles qui avouait qu’une des difficultés dans la composition était de savoir s’arrêter…

(Rires) Oui, oui, pour le coup, quand je regarde les photos, c’est vrai que je lui ressemble beaucoup (Rires) !


Vous avez sorti un titre ‘Void Factory’. Est-ce que vous avez ressenti l’attente après dix années et c’est pour cela que vous avez sorti un single en guise de teaser annonçant votre grand retour ?

Effectivement. Il y avait deux messages, le premier est de montrer que nous étions de retour avec une grosse production des studios Fredman, on revient avec un single qui n’excède pas les trois minutes et qui est sûrement le plus catchy de l’album : c’est un vrai choix assumé.
Le deuxième message est de montrer qu’on revient certes, mais avec des nouveautés : l’accordage de la guitare est plus bas et du chant clair hyper assumé puisque c’est un des morceaux très récents…


Tu l’as dit, cet album a un gros son. Est-ce que c’est dans c’est pour cela que vous avez choisi de travailler avec Fredrik Nordström et surtout a-t-il répondu à vos attentes ?

Je vais te faire une réponse de fan parce que j’adore tout ce que fait ce mec…


Raison de plus pour être potentiellement déçu…

Oui, oui mais non, heureusement que non (Rires) ! Non seulement, j’adore ce qu’il a fait sur notre mix en assez peu de temps -c’était un créneau de six jours- et comme je te disais, j’adore ce que fait Fredrik Nordström depuis des années, depuis les meilleurs albums d’In Flames, de Dark Tranquillity, At the Gates… dans le registre death suédois…
Donc non, aucune déception au contraire, je pense que ça peut clairement nous faire passer un cap parce que ça rend bien aussi bien sur CD qu’en streaming… Il sait tellement ce qu’il fait qu’il n’y avait aucun souci !
Mais ça faisait longtemps que je voulais travailler avec lui et les changements de line-up nous ont réellement ralenti parce que nos premiers contacts datent de 2013 -c’est-à-dire après le deuxième album- et même si je m’entends très bien avec El Mobo, je pensais à peut-être changer…


Je ne me voyais pas mettre Lokurah en pause




Ça fait plusieurs fois que tu évoques ces changements de line-up, ajoute à cela la déception de la promotion de "Time to Do Better"… as-tu envisagé de tout laisser tomber ?

J’ai peut-être eu des périodes pas vraiment de découragement mais où tu y crois un peu moins… Je ne me voyais pas mettre Lokurah en pause comme certains groupes le font aujourd’hui parce qu’il n’y avait pas de raison particulière : je continuais à composer des morceaux, il y a toujours eu une connexion avec le groupe que je n’ai jamais cessé de faire évoluer…
Et je n’ai pas envisagé de jeter l’éponge dans le sens où j’ai aussi une occupation secondaire qui consiste à faire des sons de guitare avec une machine qui s’appelle le Kemper, un truc de geek de guitariste (Sourire)…


Mais tu aurais pu abandonner Lokurah pour te concentrer sur ces occupations axées guitares sachant que tu es endorsé par Ibanez…

Je trouve que ça fait un sens de faire de la musique dans un groupe. Je ne suis pas guitariste instrumental, j’adore plein de guitaristes instrumentaux mais ce n’est pas mon rayon : je fais des gros riffs et des solos…
J’ai donc eu cette occupation de développer ma "marque" de profil, de sons de guitare que tu peux télécharger sur PJ666 Kemper Profiles… Ça m’a pas mal occupé et ça m’a permis de continuer à faire des riffs, des démos, des vidéos… Et il y a même un morceau qui a donné une composition sur le dernier Lokurah sachant que le chanteur l’a trouvé bien… J’avais fait une démo vraiment metalcore et il a voulu partir sur un morceau sur la base de cette démo même si j’ai dû adapter l’accordage…
Finalement, tout ça m’a gardé actif et à aucun moment, je n’ai ni voulu arrêter le groupe, ni changer de nom comme certains le font…


La direction n’a pas vraiment changé, elle a juste évolué !




Ce qui aurait dommage au regard du travail de promotion fait autour du nom de Lokurah sur les deux premiers albums sauf si le groupe change radicalement de style, ce qui n’est pas votre cas…

C’est ça et effectivement, ce n’est pas le cas, la direction n’a pas vraiment changé, elle a juste évolué ! Donc, il y a eu des périodes de moins bien -mais comme tout le monde finalement- mais aucune volonté de laisser tomber le groupe !


Sur le livret, il y a trois membres du groupe où est passé le quatrième pourtant crédité sur le livret ?

(Rires) C’est Aurélien Ouzoulias qui est plutôt batteur de session et il s’est éloigné de la région parisienne depuis quelques années et du coup, il est beaucoup moins disponible pour ce genre de choses… C’était compliqué, j’ai donc pris la décision de faire la session photo à trois parce qu’on pouvait le faire rapidement à trois à Paris…
C’est une question pratique, il nous fallait des photos : s’il avait pu être sur la photo, ça aurait été super mais ça n’a pas été le cas…


La pochette de ce nouvel album "Distorted Truth" présente un personnage seul sur un banc, au sommet d’une vague gelée, dans un monde dévasté plein de crânes, pourquoi ce visuel ? Faut-il y voir une analogie avec ce qu’a traversé Lokurah ?

Pas du tout (Rires) ! Je te remercie pour l’interprétation mais ce n’est pas du tout le cas… C’est notre chanteur qui avait ce concept en tête au départ et comme il dessine un peu, il a pu faire quelques croquis et Stan Decker avec qui on travaille depuis le début s’en est inspiré…
Il y avait une première idée qui était le développement de l’idée finale c’est-à-dire quelqu’un sur un banc qui regarde son portable et qui est un peu aspiré par la lumière de son portable avec son cerveau qui se dématérialise en pixels : ça fait notamment le lien avec le morceau ‘Void Factory’ qui parle de l’addiction aux réseaux sociaux, aux portables que nous connaissons tous…


Est-ce que pour voir cette vérité (distordue) qui donne son nom au disque, il faut s’élever comme le personnage de la pochette ?

C’est une bonne question et je te remercie encore une fois pour ton interprétation de cette pochette : c’est intéressant d’avoir des interprétations auxquelles nous n’aurions pas pensé…
C’est plutôt le fait qu’on peut être obnubilé par des images qui circulent et qu’on oublie ce qui se passe autour de nous, notamment l’environnement autour de nous qui se dégrade… sans avoir un discours écologique : il y a juste un morceau ‘In Vain’ qui parle de ça… Cette pochette fait la conjonction entre plusieurs thèmes…


Sans transition, n’est-ce pas caricatural ou très classique cette référence au nombre 666 dans ‘Copyrighted 666’ comme pour dire “je fais du metal, je suis méchant” ?

(Rires) Tout à fait ! J’ai écrit les paroles de ce titre et je suis obligé de l’assumer à 100%. C’est un titre totalement fictif sur un gars ultra-méchant qui s’attaque gratuitement aux gens, à des proies faciles… C’est complétement fictionnel et il n’y a pas de morale dans ce morceau.
C’est intéressant que tu cites ce morceau parce que je ne l’avais pas composé pour Lokurah mais pour un groupe de death metal dont j’ai fait partie assez brièvement qui s’appelait guSAh avec Chuck D. l’ancien chanteur de No Return, et qui était un projet intéressant dans une veine death suédois mais finalement, la direction que ça prenait ne me convenait pas et j’avais commencé à proposer le titre ‘Copyrighted 666’ avec un peu ces paroles et ce refrain… et quand je l’ai repris pour Lokurah, j’ai changé les riffs mais pour faire la jonction, il y a toujours, ces sons de guitares typiques du death suédois sur l’intro mais que j’ai vraiment retravaillé pour que ça soit adapté à Lokurah…
Tu as l’impression que c’est un titre un peu déconne, très cliché, mais bizarrement j’ai de super retours des personnes qui l’ont écouté (Rires) !


On retrouve un aspect révolté dans les paroles notamment de ‘Copyrighted 666’ ou ‘Think Twice - Murder One’. Est-ce que ces paroles sont un constat désabusé des dix années passées ?

Non, pas tellement sur ces morceaux. On a déjà parlé de ‘Copyrighted 666’ qui est fictionnel quant à ‘Think Twice - Murder One’, c’est Alexandre, notre chanteur, qui a écrit les paroles qui parlent d’une personne qu’il connaît et qui souffre de troubles schizophréniques. Ce morceau est rattaché à une vraie réalité même si elle est forcément un peu romancée, un peu extrapolé pour que ça colle au morceau. Ce n’est donc pas un constat universel : c’est vraiment par rapport à une maladie mentale….


Ce n’était peut-être pas le cas sur ces deux morceaux mais il semblerait que ce soit le cas sur d’autres ?

Oui, peut-être sur ‘In Vain’ qui parle un peu d’environnement mais aussi ‘Faith Versus Reason’ qui évoque la religion qui est pour moi un cancer absolu… mais tout ça ne date pas d’il y a dix ans (Rires) !


Il y a des paroles fortes “Blood Doesn’t Define, How I Should Live, Fight or Die”. Est-ce que cela a demandé un gros travail pour avoir des mots percutants qui sortent du lot ?

Ce sont des paroles assez personnelles voire les plus personnelles d’Alexandre, notre chanteur, qui parle de relations familiales très proches… Pour ces raisons, il est très attaché à ces paroles et à ce morceau. Je pense qu’il n’a pas eu tellement de mal à trouver des mots percutants parce qu’il était très motivé sur ces paroles. Je ne me rappelle pas qu’on ait eu tellement de réarrangements, tout y était dès le début…


Sur ‘With The Eyes Of Reality’, il y a de belles guitares harmonisées...

C’est gentil (Sourire) !


… Est-ce que c’est un moyen de se faire plaisir, d'apporter une certaine douceur et d’abandonner un temps l’urgence, bref d’apporter de la variété ?

Oui et je te remercie de l’avoir remarqué parce que ce sont des petites choses de "production" qu’on rajoute…
Je suis le seul guitariste du groupe, on ne va donc pas faire des harmonisations à la Judas Priest en concert : ce n’est pas possible ! Ce sont des choses qu’on samplera en concerts pour avoir le même rendu sur l’album…
Mais oui, je me suis fait plaisir sur ces choses mais justement, je n’en ai pas trop mis -j’en ai placé à des endroits bien précis pour que ça soit sympa- pour que ce soit quelque chose qu’on puisse recréer en live sans qu’on se dise qu’on joue à moitié sur des bandes…


J’ai presque l’impression de sortir quelque part un premier album




"Distorted Truth" sort donc dix ans après "Time to Do Better" avec le risque que ceux qui vous suivaient à l’époque vous aient oublié… Dans ces conditions, qu’attends-tu de ce nouvel album avec lequel tu pars un peu dans l’inconnu comme si vous repartiez de zéro ?

Je suis d’accord avec toi. J’ai presque l’impression de sortir quelque part un premier album avec toute l’expérience qu’on a eu avant… Je m’en suis rendu compte depuis quelques mois mais c’est impressionnant la déperdition qu’il peut y avoir notamment dans la communication sur Internet. On se dit qu’on va toucher directement les personnes mais non, il faut beaucoup insister : rappeler à tout le monde qu’on existe toujours, qu’on fait tel ou tel truc…
Pour le groupe, on a besoin de réactiver tout ça : raison pour laquelle on a fait beaucoup plus de vidéos qu’avant -pour le deuxième album, on avait fait une vidéo…


On met toutes les chances de notre côté !



Mais la situation a aussi changé à ce niveau depuis dix ans, un groupe qui sort un album doit impérativement avoir un voire plusieurs supports vidéo…

Tout à fait, ça a complétement changé, je suis d’accord avec toi. On a donc tourné deux clips le même jour ‘Void Factory’ qui est le premier sorti, réalisé par Danny Louzon d’Anubis Production, c’est un jeune réalisateur hyper bon et hyper motivé qui chante également dans un groupe de deathcore, il sait donc ce qu’on veut…
On a fait une lyrics vidéo et une vidéo playthrough basse/ guitare pour le troisième single.
Et le quatrième single ‘In These Grey Times » qui devrait sortir le 28 octobre est un clip un peu plus live où on nous voit jouer avec les paroles incrustées…
On a donc fait quatre vidéos en tout ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire du groupe : on met toutes les chances de notre côté !


Vous vous êtes donc donné toutes les chances en frappant un grand coup au moment de la sortie de "Distorted Truth" mais comment entretenir cette flamme que vous allez réactiver d’ici six mois sachant que je suppose que ton ambition n’est pas de revenir en 2032 ?

Oui tout à fait (Rires) ! Ce sont les concerts d’abord : il y a un décalage entre le moment où on rappelle à tout le monde qu’on joue et qu’on est disponible et les dates…
La première chose, ce sont les concerts mais on envisage aussi de travailler sur le digital avec le label en développant les écoutes sur Spotify etc… Ensuite, dans quelques mois, on va sortir une reprise d’un groupe de hardcore mélodique -aujourd’hui uniquement disponible pour les gens qui nous commandent directement l’album sur Bandcamp…
Je fais aussi quelques petites choses à côté qu’on a appelé Loku-riffs où je détaille des riffs, des solos, des parties mélodiques de l’album… Je trouve ça important pour faire de la promotion parce que de façon générale et même pour les gros groupes, je trouve qu’on a une info au moment de la sortie de l’album mais après ce teasing, il n’y a plus de travail derrière… Ces Loku-riffs sont donc là pour continuer à faire vivre l’album et dire aux gens d’aller écouter tel titre…


Nous avons mis beaucoup de temps à faire [cet album] mais ça nous a permis d’affiner notre style




Le but est donc de toujours avoir une actualité et non pas seulement donner signe de vie au moment de la sortie d’un album c’est-à-dire tous les trois ou quatre ans ?

Pour répondre à la question d’un nouvel album ? Je ne sais pas si nous serions capables de livrer un nouvel album rapidement. Nous avons mis beaucoup de temps à faire celui-ci mais ça nous a permis d’affiner notre style et aujourd’hui, nous savons où nous diriger directement.
Il faudra discuter entre nous savoir s’il n’est pas préférable de faire un EP de cinq titres avec des vidéos afin de réactiver tout ça… parce que c’est que dans le metal, on est un peu coincé entre deux chaises entre avoir une actualité au vu du fonctionnement des plateformes de streaming et donc de rester actif : il faut quand même livrer un format album parce que sans ce format, on n’est pas pris au sérieux…


… sachant que la communauté metal est l’une des rares dernières attachées au support physique…

C’est ça ! Malheureusement, aujourd’hui, il n’y a pas de recette miracle… Chacun doit trouver sa voie et en fonction du temps, de sa disponibilité, de ses envies… il ne faut peut-être pas se forcer à faire un album en entier et encore moins sortir un album qui finalement s’avèrerait un gros EP, comme certains le font aujourd’hui…


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

"Est-ce que ça ne t’ennuie pas d’être devenu millionnaire grâce au metal en France ?" (Rires)


On va garder contact et tout le malheur que je te souhaite, c’est de me rappeler en me demandant de te poser cette question…

(Rires) Non, ce n’est pas l’idée mais c’était histoire de dire quelque chose de rigolo sachant que je ne peux pas faire de réponse vraiment trop sérieuse…


Tu disais à un moment de l’interview avoir passé un cap en termes de production avec cet album, penses-tu que tu vas passer un cap également au niveau de la scène et as-tu des dates à nous annoncer ?

Nous sommes en discussion sur quelques dates mais pour l’instant, on n’a rien d’arrêté… Mais avec ce nouveau line-up et ce nouveau batteur Jordan hyper talentueux qui a remplacé Aurélien sur une date, sans paraître prétentieux, nous avons un très bon son !


Donc objectif plein de dates en 2023…

Vu que nous travaillons tous, l’objectif est d’avoir des dates isolées, de bonnes premières parties… ce qu’on a déjà fait pour le deuxième album. Nous ne sommes pas intermittents du spectacle, je ne sais pas si nous allons tourner parce qu’on ne peut pas se permettre de partir trois semaines…


… et quelques festivals l’été prochain notamment…

Ça serait bien ! Si on arrivait à faire le Hellfest, franchement, ça serait vraiment très bien et c’est possible : on ne se met pas de barrière !





Rendez-vous en 2023 au Hellfest donc…

Ça serait très bien si on y joue parce que j’ai zappé le fait d’acheter un pass (Rires) ! Donc si Ben Barbaud veut nous voir, ça sera en jouant (Sourire) mais ça serait chouette…


C’est tout le mal que je te souhaite, merci !

Je te remercie…


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/lokurahmusic/
 
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