MW / Accueil / Articles / COMPTE-RENDUS DE CONCERT - ALCATRAZ FESTIVAL 2022 - COURTRAI - JOUR 3 - 14 AOUT 2022
TITRE:

ALCATRAZ FESTIVAL 2022 - COURTRAI - JOUR 3 - 14 AOUT 2022


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

DEATH METAL



Pour sa dernière journée, l'Alcatraz propose une nouvelle superbe affiche avec une belle place faite au death metal.
NOISE - 12.10.2022 -
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Le marathon touche à sa fin : après deux journées bien remplies l’Alcatraz entame sa dernière ligne droite. Comme pour ses deux premières journées, le festival propose un éventail varié apte à satisfaire n’importe quel festivalier. La météo est au beau fixe, tout est en place pour une nouvelle réussite.



Tout débute en fin de matinée sur la Prison avec les Anglais de The Raven Age. Bien aidé par la présence de George Harris, fils de Steve Harris d’Iron Maiden, le groupe a tourné ces dernières années avec des groupes prestigieux. Mais au-delà du coup de main il a du prouver ses qualités. Avec déjà deux albums taillés dans un metal moderne teinté d'alternatif, il a su montrer qu’il n’était pas qu’un feu de paille. Devant un public fourni le groupe va mettre à profit son temps de jeu. D’entrée il envoie la sauce, le chant éraillé voilé de Matt James est sympathique, pas loin de Myles Kennedy. La musique est accrocheuse avec ce qu’il faut de puissance, tout cela est très calibré radio mais propre et efficace et doté d’un charme certain. L’ambiance est bonne, le groupe content d’être là comme le montre Matt au travers d’un speech sympa. Le ton va par la suite se faire plus heavy pour le plus grand bonheur de la foule. Le groupe sait se faire puissant avec de bons soli et une belle puissance de frappe. Cela se mixe au chant mélodique de Matt avec efficacité et le succès se confirme. Sans être follement original The Raven Age a proposé un concert séduisant et semble avoir les armes pour être autre chose que le groupe d’un rejeton de célébrité métallique.



Dans la Swamp le programme commence avec Thanatos. Porté par le vétéran Stephan Gebedi, le groupe néerlandais a connu deux vies, une au milieu des années 80 et une autre depuis la fin des années 90. A l’image d’un Master le groupe n’a jamais percé et reste ancré dans un underground qui lui va bien. Comme le groupe américain il propose un death thrash old school également inspiré par ses compatriotes de Pestilence. La tente n’affiche pas remplie mais les fans sont là et d’entrée le groupe envoie un bon vieux death thrash porté par la voix éraillée de Stéphan. Tout cela déboîte bien, le  groupe n’a rien d’un vétéran et carbure méchamment. Cette boucherie réveille la Swamp et remue un public moins timide. La suite va être encore plus percutante, le groupe met en avant un côté écrasant de force bien death avec un chant quasi grind. Il y a du Immolation pour le côté lourd et sauvage et cela ravit la foule. Thanatos a parfaitement profité de son temps de jeu. Il a montré qu’il demeurait un sacré client et qu’il mériterait un peu plus de reconnaissance.



Dehors on retrouve avec Bloodywood, un groupe qui fait pas mal parler de lui. D’abord parodique, la formation indienne a fait un carton en mixant néo metal et sonorités traditionnelles. Depuis 2019 le groupe enflamme les scènes. La foule est dense pour découvrir la sensation du moment. L’intro indienne amène une âme forte. Le tambourin est de sortie et le début bien tribal. Derrière avec ‘Gaddaar’ le groupe envoie la sauce dans l’esprit de Korn avec un chant typique. Ce bon début remue le public puis le groupe appuie sur l’accélérateur. Avec ‘BSDK.exe’ puis ‘Aaj’ il se fait barge à la Slipknot. Porté par ses deux chanteurs bien chauds, un pour le chant guttural et un pour le chant rappé il colle une grosse claque. Il y a un aspect Linkin Park qui fait son effet. Le côté indien, par le chant de Jayant et avec la flûte permettent au groupe de sortir du lot. La motivation du groupe fait plaisir, ses chanteurs sont bavards dans un pur esprit rap. Avec ‘Dana Dan’ ou ‘Machi Bhasad’ ils enfoncent le clou avec le plaisir d’être sur scène. Le final avec ‘Ari Ari’ est est un joli mélange entre sons indiens et néo métal. Fier de sa culture et de ses origines, Bloodywood a proposé une belle prestation et a été une découverte pour pas mal de monde.



Dans la Swamp il va aussi être question d’origines avec la venue de 1914. La formation arrive d’Ukraine et subit les misères de la guerre depuis plusieurs mois. Grâce au support des autorités de son pays elle a pu partir en tournée afin de défendre la cause de son pays. Le groupe s’intéresse à la première guerre mondiale au travers d’un black death hargneux. Le concert a un côté événementiel et la foule est dense. Après ‘War In’, intro tirée d’une mélodie traditionnelle, le groupe lance les hostilités avec énergie. Avec ‘FN .380 ACP#19074’ il livre un ton intense avec un rythme dans un pur esprit black death. Dmytro éructe avec hargne et porte haut le drapeau de l’Ukraine. Le titre possède une grande force symbolique en évoquant la guerre en pleine période de combat. Écrasant de puissance il met le feu à une tente bien chaude. La suite avec ‘Vimy Ridge’, ‘Mit Gott für König und Vaterland’ et ‘Corps d'auto-canon-mitrailleuses’ est de la même force. Il se dégage de la hargne mais aussi une majesté avec un côté écrasant de force plongeant au milieu des tranchées. Porté par leurs vies actuelles les musiciens jouent avec une énergie incroyable dans la rage et l’émotion. Au détour d’un speech la guerre est évoquée de façon marquante. Le final avec ‘Arrival. The Meuse Argonne’ et ‘Passchendell’ est guerrier et intense avec un air de tragédie qui ressort. 1914 a donné un concert prenant, a évoqué la guerre sans rien cacher de ses horreurs et assène en même temps un message politique très fort en parfait ambassadeur de son pays.



Avec la venue de Praying Mantis, qui remplace en dernière minute Loudness, le ton se fait plus léger et remet dans le sens de la fête. La légende de la NWOBHM affiche 45 ans de carrière avec à sa tête les frères Troy. Le groupe n’a pas connu le succès d’un Iron Maiden mais mène  une belle nouvelle carrière avec un ton plus mélodique. D’entrée le groupe balance deux titres de son iconique premier album, Time Tells No Lies. ‘Praying Mantis’ et ‘Panic In The Street’ ravissent la foule avec un ton heavy 80’s, des mélodies efficaces portées par d’excellents riffs, des soli rapides et des bons refrains emmenés par le chant éraillé de John Cuijpers. Puis le groupe propose des titres récents. ‘Highway’ est FM et accrocheur et fait son effet avec un excellent refrain. Après un speech sympa ‘Keep It Alive’ se fait plus heavy avec un solo rapide en forme de plongeon dans les années 80. Issu du nouvel album ‘Cry For The Nations’ est un tube doté d’un riff fabuleux et d’un refrain énorme facilement assimilable. Le groupe balance aussi ses classiques : ‘Dream On’ est une ballade crapuleuse et mélancolique qui fait chavirer le public ; ‘Time Sleeping Away’ et ‘Children Of The Earth’ sont deux moments de heavy à l’ancienne dotés de mélodies accrocheuses. ‘Captured City’ nous plonge aux débuts du groupe à la fin des années 70 avec un côté speed savoureux. Entre présent et passé Praying Mantis a été à la hauteur de sa réputation ; bien plus qu’un simple remplaçant, il a emmené le public avec classe dans la grande époque du heavy metal.



Dans la Swamp la guerre et la violence sont à l’honneur avec Panzerfaust. Depuis 2005 les Canadiens proposent un black metal guerrier et haineux dans l’esprit de Mgla et Marduk. Sur scène les drapeaux sont de sortie et après une intro en guise de préparation à la tempête, à la fois glauque et sombre le groupe colle la raclée. ‘The Day After Trinity’ est une bombe black metal écrasante et sans pitié. Le chant de Goliath est plein de haine . Le groupe n’est pas là pour amuser la galerie et se fait brut sans mélodie ni artifice, emportant tout sur son passage en assommant le public. La suite avec ‘Stalingrad, Massengrab’ est encore plus bestiale. En matière de black nerveux et violent le groupe est impressionnant et il faut être solide pour encaisser une telle charge de violence, le public de passionnés appréciant la leçon . La suite va être aussi bourrin, la dentelle n’est pas le truc d’un groupe qui aime coller un impact énorme. Il réussit même l’exploit de paraître plus bourrin de titre en titre. Avec cette prestation Panzerfaust a plongé la Swamp au tréfonds des abysses de l’âme humaine.  Il a fait honneur à son statut avec un concert intense taillé dans le meilleur d’un black pur et dur majestueux.



Dehors on retrouve avec Diamond Head un autre grand nom de la NWOBHM. Pionnier de la scène, la formation a connu un début de carrière fulgurant avec un premier album légendaire. Il doit sa renommée à Metallica qui a repris plusieurs de ses titres. Après une longue période de disette, Brian Tatler et sa petite équipe sont revenus en forme avec deux excellents albums. La formation est attendue et après une intro épique il frappe avec ‘The Prince’, un classique qui fait son effet avec un super riff et un rythme soutenu taillé dans le meilleur d’un heavy mélodique classieux. L’accueil est royal et on sent le groupe ravi d’être si apprécié. Avec ‘The Messenger’ on retrouve un extrait du nouvel album. Superbe titre de heavy mélodique il confirme la forme artistique actuelle du groupe. Avec ‘Bones’ le présent reste à l’honneur et apparaît comme une claque délicieusement heavy. L’ambiance est excellente, au détour d’un speech sympa on sent la joie des musiciens d’être devant une si belle audience. Avec ‘In The Heat Of The Night’ le groupe propose une ballade typique de l’esprit des années 80 portée par un refrain énorme et une splendide mélodie. Le final du concert va être remarquable . Autre nouveauté ‘Belly Of The Beast’ est une claque taillée dans un heavy metal galopant. Enfin on retrouve les classiques avec ‘It’s Electric’ et ‘Am I Evil?’. Ils font un carton avec des refrains énormes et une hargne certaine portés par un Rasmus Bom Andersen à l’aise dans ce registre heavy aux frontières du thrash. Diamond Head a montré qu’il n’était pas qu’un simple groupe nostalgique. Il a aussi un présent et celui-ci se mixe parfaitement avec son glorieux passé.



Dans la Swamp le ton est plus brutal avec Misery Index. Légende du death grind, le groupe n’a jamais ralenti le tempo depuis ses débuts et tabasse avec une rage et une méchanceté énorme. D’entrée les Américains ne font pas dans la dentelle. Avec ‘Infiltrators’ ils dégainent une sacrée cartouche. Le chant de damné de Jason Netherton est féroce avec un côté grave énorme, le rythme est intense et on sent que le groupe n’est pas là pour s’amuser. Avec ‘New Salem’ et ‘Manufacturing Greed’ il balance deux tartes qui assomment la foule. Les riffs et soli sont rapides et maîtrisés, l’aisance technique de la bande est bluffante. Porté par la force de ce grind death la foule est en transe et la chaleur forte. La leçon de férocité est totale et l’intensité ne va jamais retomber. ‘Ruling Class Cancelled’, ‘Exception To The Ruled’ et ‘Rites Of Cruelty’ tabassent avec violence et une méchanceté jouissive. L’aspect machine de guerre se confirme dans la seconde partie : ‘The Carrion Call’ et ‘The Choir Invisible’ sont du même acabit féroce avec un chant enragé et des riffs qui donnent le tournis. Le final est prenant, le groupe achève le public avec ‘The Great Depression’ ou ‘Traitors’ - ces courts brûlots étant de la même intensité, achevant en beauté une foule bouillante. Misery Index a proposé un concert en forme de total carnage qui ne laisse pas indemne. Il a confirmé sa place dans les meilleurs formations death grind.



Dehors avec Lacuna Coil le festival accueille un grand nom du metal gothique teinté néo et alternatif. La foule est là pour accueillir les fidèles leaders Cristina Scabbia et Andrea Ferro . La mise en scène est soignée, les membres du groupe sont maquillés dans un esprit néo metal et d’entrée avec ‘Blood’, ‘Red Dust’ la sauce est envoyée. Le duo marche parfaitement, Andrea hurle avec énergie tandis que Cristina impressionne avec un ton puissant montant bien haut. L’emballage metal gothique percute et embrase la foule. ‘Reckless’ confirme la forme du groupe, facette alternative et gothique se mixent bien avec les deux chants en communion. Le concert est bien lancé, le public est à fond et avec ‘Trip The Darkness’ et ‘Apocalypse’ le groupe enfonce le clou. Le côté accrocheur marque, avec des mélodies et refrains tranchants et des chants top avec un Andrea à fleur de peau, plus chanteur que hurleur. ‘Layers Of Time’ se fait plus féroce avec un growl intense et juste la touche angélique d’une Cristina au sommet de son art. ‘Heaven’s A Lie’ la voit aller chanter directement dans la fosse au contact du public. Doté d’un refrain mémorable, le titre demeure un tube de metal gothique. ‘Toght Rope XX’ enchaîne et permet au groupe de présenter ce classique de "Comalies" dans une version actualisée moderne et vitaminée. ‘Sword Of Anger’ et ‘Veneficium’ sont très efficaces avec un côté puissant et accrocheur. Le final est explosif, véritable tube ‘Our Truth’ charme par sa mélodie et par le chant une fois de plus remarquable. Dans une veine moderne ‘Nothing Stands In Our Way’ finit le concert avec une facette néo en avant pour un résultat énergique. Lacuna Coil a donné une solide prestation, le groupe a charmé la foule et rappelé qu’il demeurait un gros nom de la scène métallique.



Avec Benediction la Swamp met à l’honneur un vieux soldat du death. La formation britannique fait partie de pionniers du genre au même titre que Bolt Thrower, Grave ou Massacre. Très discrète ces dernières années, elle a effectué un retour sympathique en 2020 avec "Scriptures". Elle n’a jamais connu la notoriété que ses confrères mais garde une aura certaine et la foule est bien présente pour l’accueillir.  Après une intro épique incantatoire le groupe balance un énorme ‘Iterations Of I’. Très rapide il est une tartine de death old school porté par un son puissant. Revenu en 2019 Dave Ingram en impose avec un growl ténébreux et un charisme certain. L’accueil est royal et au détour d’un speech enragé Dave se met le public dans la poche. ‘Scriptures In Scarlet’ et ‘Nightfear’ sont des modèles de death. Portés par un chant gras droit sorti des enfers ils sont de pures claques, courtes et méchantes. Avec sa voix grave élevée au bourbon, Dave impressionne sur les speechs. Puis les missiles s’enchaînent avec férocité. ‘Progenitors Of A New Paradigm’, ‘Unfound Mortality’ et ‘The Dreams You Dread’ ravissent les amateurs d’un son death à l’ancienne, inusable. Le final avec ‘Stormcrow’ et ‘Magnificat’ est tout aussi brûlant et achève une foule en sueur qui n’a pas ménagé ses efforts. Benediction a donné la leçon, il effectue un joli retour en forme et montré qu’il n’avait rien perdu de sa rage.



Dehors le ton s'accalmit avec Gotthard. Depuis l’arrivée de Nick Mader la formation suisse vire plus rock mélodique mais garde un charme certain et une grande pêche en live. La foule est dense pour l’accueillir, et d’entrée avec ‘Every Time I Die’ on reçoit un parfait titre de hard rock. Nick est en forme, son chant voilé puissant déménage bien, notamment sur un excellent refrain. Après ce début canon, le groupe dégaine sa reprise du célèbre ‘Hush’. Ce classique entraîne la foule avec un refrain légendaire très rock et une belle énergie. Avec ‘Top Of The World’ il balance un bon titre de hard rock avec un Nick en grande forme. Le début de concert est correct et le groupe heureux de l’accueil, Nick s’amusant même avec le public. Avec ‘Feel What I Feel’ le groupe dégaine une première power ballade  accrocheuse avec un super refrain. ‘What You Get’ se fait simple et efficace avec une jolie mélodie et un côté hard rock. Avec ‘Master Of Illusion’ le groupe balance un classique de l’ère Steve Lee porté par un riff simple et direct et une superbe mélodie. La mémoire de Steve est  évoquée avec ‘One Life, One Soui’ en version acoustique. Le chant plein de chaleur de Nick donne le frisson et cette splendide ballade colle le frisson. Le frisson est encore là avec ‘Remember It’s Me’. Toujours en acoustique la ballade est un hommage splendide au regretté chanteur. Le retour au hard rock se fait avec l’excellent ‘Starlight’ qui ravit la foule par son refrain accrocheur. Le final avec ‘Lift U Up’ et ‘Anytime Anywhere’ est plaisant avec un côté rock entraînant et fun plaisant. Cela achève la fête en beauté, Gotthard a proposé un excellent concert, sachant se faire accrocheur et puissant et a ravi le public avec son côté bête de scène.



Dans la Swamp le death reste à l’honneur avec Suffocation. Depuis la fin des années 80 la formation américaine propose un brutal death metal technique d’une intensité qui colle au mur. Après une intro aérienne en forme de calme avant la tempête le groupe déboule avec ‘Liege Of Inveracity’. Gras, méchant et speed le titre est un monstre qui détruit tout, porté par un chant de damné semblant sorti des abysses. La férocité est énorme, niveau violence le groupe ne plaisante pas. La suite avec ‘Effigy Of The Forgotten’ est  impitoyable. Le public encaisse une intensité folle de la part d’un groupe en total contrôle, impossible à stopper. Il y a juste une petite pause par un speech chauffant la foule et derrière la leçon reprend. ‘Catatonia’ et ‘Thrones Of Blood’ sont deux purs concentrés de violence portés par un Ricky Myers à l’aise remplaçant parfaitement Frank Mullen. Il dégage une rage énorme qui fait presque peur. Le groupe ne lâche pas sa proie et va enchaîner les morceaux de bravoure. ‘Pierced From Within’, ‘Clarity Through Deprivation’ ou ‘Bind Torture Kill’ étant d’intenses moments taillés dans un death brutal et technique. ‘Infecting The Crypts’ achève le concert de la meilleur des manières avec une violence jouissive avec un côté old school bien gras. Suffocation a fait honneur à sa réputation, il a proposé une incroyable démonstration de forc,e assommant le public sans pitié.



Dehors après cette nouvelle tempête death le ton va se faire dansant avec Electric Callboy. Entre metalcore, dance et électro, la formation allemande fait souffler un vent remuant. La foule est au rendez-vous pour une fête qui s’annonce agitée. Avec ‘Pump It’ le groupe lance une techno-party avec guitares. Le titre est remuant avec un rythme fou porté par ses deux chanteurs qui alternent entre chant clair et growl. Dans un pur esprit dance metal le groupe met le feu au public avec une énergie folle, l’accueil est énorme et la fête lancée. ‘My Own Summer’ est tout aussi délirant, on pense à Amaranthe mais avec un côté plus dance music. Le plongeon dans les années 90 et faitégalement  penser à Aqua et ses hits radio. La foule est en fusion et le sentiment d’être en boîte de nuit est total. Avec ‘Hate/Love’ ou ‘Fuckboi’ le groupe confirme sa force festive avec éclat. Il y a de l’amour, de la bonne humeur et au détour d’un speech cet amour est évoqué. La suite est du même acabit : ‘Best Day’, ‘Hypa Hypa’ ou ‘MC Thunder’ mettent le feu à un public remuant à l’écoute de ce son mixant dance et metalcore. Le final avec ‘We Got The Moves’ est barge avec un rythme énorme, un refrain costaud avec du growl et du chant clair euro dance. Electric Callboy casse les codes et a fait grincer quelques dents chez les métalleux purs et durs. Mais ce concert a été un fabuleux moment de fête et de partage avec du fun et de la bonne humeur qui ont fait du bien.



Dans la Swamp l’anthologie death metal se poursuit avec Aborted. La légende du death grind belge joue à domicile et est attendue par une foule dense. Le décor met en avant le côté comic zombie cher à Sven et sa bande. L’intro cinématographique renforce cette idée zombie avec un côté old school. Avec ‘Global Flatine’ le groupe ouvre les hostilités sans prendre de gants. Le titre est une boucherie death grind furieuse. Le chant de Sven fait penser au cochon en rut et tout cela met le feu à un public en délire. L’impression de violence dégagée est impressionnante avec un côté jouissif. Le groupe enfonce le clou avec ‘Deep Red’ et ‘Cadaverous Banquet’, dégageant un impact énorme, une sauvagerie totale notamment avec le growl d’un Sven déchaîné. Death et grind sont en osmose avec un côté machine de guerre impalpable. Le groupe va enchaîner sans temps mort et confirme sa puissance avec ‘Impetus Oli’ ou ‘Necrotic Manifesto’ et ‘Hecatomb’. La qualité technique est impressionnante avec une rapidité stupéfiante. ‘Drag Me To Hell’ ou ‘The Holocaust Incarnate’ s’avèrent aussi féroces et mettent le feu à la foule. Enfin le medley formé de ‘Threading On Vermillon Deception’ et ‘The Saw And The Carnage Done’ imposent la puissance avec un rythme intense. Aborted a montré qu’il restait un des boss du genre. Il a proposé un concert sauvage et a impressionné un public en forme et pas fatigué malgré les enchaînements sous la Swamp.



Dehors avec Tesseract la Prison met le djent à l’honneur. Précurseur du genre, la formation britannique s’est bâti une jolie carrière et les changements de line-up ne l’ont pas ralentie. Le genre est exigeant et peut rebuter les amateurs de simplicité mais le groupe n’est pas si fréquent en live et la foule est bien présente. D’entrée le groupe ne fait pas dans la facilité en proposant les trois premiers titres de son premier EP sorti en 2010, "Conjuring Fate". La première partie, ‘Acceptance’, est un tourbillon technique, avec un son progressif teinté djent affichant une maîtrise hors normes. Au chant Daniel Tompkins alterne entre ton émo et ton costaud avec aisance. Le résultat est bluffant, jamais rébarbatif et porté par des musiciens écœurants de facilité. Un premier speech sympa de Daniel permet de remuer la foule, puis ‘Deception’ assomme son monde. Le ton reste toujours technique avec le chant émo qui amène une touche de mélancolie. Les changements de rythme par des breaks intenses donnent le tournis. ‘The Impossible’ enchaîne avec un ton plus léger sur son début porté par le chant pur de Daniel avant de tout dévaster avec la même classe technique. Ce début fou, - il faut du culot pour lancer un concert de la sorte loin de toute convention commerciale- a été parfait en forme de superbe tourbillon émotionnel.



Par la suite Tesseract ne fait toujours pas dans la facilité et envoie une nouvelle chanson, ‘Natural Disaster’. Le ton est dans un djent teinté émo avec la même aisance technique. A côté de la virtuosité on apprécie une belle force mélodique. La dernière partie va voir le groupe visiter sa carrière. Avec ‘Dystopia’ on retrouve un titre barré dans l’esprit d’un Pain Of Salvation avec une technique hors normes et un chant si pur, prenant. ‘Of Mind – Nocturne’ voit le groupe assommer son monde avec un côté djent prononcé. ‘King’ démarre dans la même veine puis se fait accrocheur et séduisant avec un Daniel au chant à fleur de peau dégageant une belle fragilité. La prestation s’achève avec ‘Juno’ qui mixe facette progressive de haute volée et facette mélodique et mélancolique portée par un Daniel qui porte le groupe avec une aisance folle. Ceci achève un joli tourbillon, Tesseract a été à part dans cette journée. Sa musique n’est pas facile d’accès mais il a montré un talent énorme pour la rendre accessible. Il a fasciné avec un concert en forme de voyage hors du temps et des modes fugaces.



Dans la Swamp on passe au black metal avec Abbath. En 2017 l’ancien hurleur d'Immortal avait fait impression et le retrouver est un plaisir. Depuis, le ténébreux chanteur a sorti deux albums et conserve un côté fascinant malgré une qualité artistique pas toujours top. La foule est au rendez-vous et blinde la tente. Après une intro grandiloquente, Abbath et ses hommes démarrent fort avec ‘Winterbane’. Le public encaisse un jus black’n’roll hargneux, gras et méchant porté par la voix éraillée d’un Abbath en forme. Le break glacial est saisissant et plonge la salle dans le grand nord. La suite est aussi brutale et féroce, Abbath hurle comme un damnée et la foule explose. Aux côtés d’Abbath les musiciens tissent un ensemble black metal majestueux et les titres s’enchaînent sans temps mort. Issus du nouvel album ‘Acid Haze’ et ‘Dream Cull’ impriment un côté sale et rock’n’roll sympathique. Ce qui frappe c’est le côté froid avec l’impression d’assister à une cérémonie occulte. Dans la suite Abbath revient sur son passé. Avec Warriors il propose un extrait de l’unique album sorti avec I. Plus heavy et mélodique, le titre est une claque qui ravit le public. Puis on retrouve Immortal pour un final bouillant. Avec ‘Beyond The North Waves’ ou ‘Withstand The Fall Of Time’ c'est un carton. Ces longues pièces impressionnent par leur côté froid, leur brutalité intense et le côté fascinant porté par la voix d’un Abbath en maître de cérémonie. Dans un bon jour Abbath a proposé un concert remarquable. Il a écrasé la Swanp avec classe et porté  l’esprit black metal.



Dehors la foule est dense pour accueillir Korpiklaani et faire la fête dans un esprit folk metal. Les Finlandais ont un don énorme pour le fun tout en gardant un côté traditionnel. D’entrée avec ‘Verikoira’ le ton est donné : un folk metal rapide et mélodique porté par la voix éraillée de Jonne. La mélodie est palisante et le côté folklorique bien amené par le violon et l’accordéon. Après ce bon départ ‘Niemi’ et ‘Journey Man’ ravissent. Le côté speed est décoiffant et remue le public. L’aspect accrocheur des refrains et des mélodies a du charme. Tout cela entraîne dans une fête pleine d’âme furieusement dansante. Avec ‘Jägermister’ le groupe dégaine un premier titre à boire, folk et fun il fait un carton auprès d’une foule remuante. Après ce délire alcoolisé ‘Pilli On Pajusta Tehty’ et ‘Sanaton Maa’ se montrent dansantes et intenses. Les mélodies sont accrocheuses avec des instruments classiques mis en avant. En parallèle le côté metal secoue tout le monde et le succès est total.



La première partie a été dantesque, pour démarrer la suite Korpiklaani propose un air traditionnel avec ‘Levan Polkka’. Véritable hymne folk, le titre est d’une grande force d’âme. Puis la fête reprend avec ‘Leväluhta’ et ‘Kiuru’. Mixant passages folk portés par un Jonne en mode conteur d’histoire et passages speed, les titres mettent le feu et font danser la foule. Avec ‘Ennen’ le groupe revisite le ‘Got The Time’ de Joe Jackson à la sauce folk, avec un côté festif irrésistible. Avec ‘Mylly’ le folk est mis en avant et plonge le public au cœur des légendes finlandaises. ‘A Man With A Plan’ est festive et rapide et prépare pour le grand final. Celui-ci va être alcoolisé avec les hymnes festifs. ‘Tequila’ et son solo de batterie met le feu. ‘Beer Beer’ et ‘Vodka’ remuent la foule avec des refrains imparables, simples et fédérateurs, des mélodies énormes et un coté dansant et remuant. Korpiklaani a fait honneur à sa belle place sur l’affiche en proposant un concert enjoué tout en mettant à l’honneur la culture de son pays et de ses ancêtres.



Dans la Swamp un seul groupe pouvait clôturer la grosse programmation death de la journée. Cannbal Corpse est très attendu dans une tente blindée et brûlante. La légende américaine est toujours aussi brutale, le poids des ans ne semblant jamais devoir l’atteindre. D’entrée la sauvagerie est totale avec ‘Scourge Of Iron’. Corpsgrinder en impose avec ses mouvements de cou incroyables et par sa voix sortie droit du plus profond des Enfers. L’intensité dégagée est énorme avec un côté death pur et dur d’une force incroyable. Le boss a commencé la leçon et il va la continuer de plus belle avec ‘Inhumane Harvest’ et’Evisceration Plague’. Denses et sauvages les titres font mal et mettent la foule en fusion. Le chant de Corpsegrinder colle sur place avec un impact rare. La qualité technique est bluffante avec des soli ultra rapides maîtrisés.



La tarte fait déjà mal et le groupe ne va pas relâcher la pression. ‘Death Walking Terror’ et ‘Neucrogenic Resurrection’ sont intenses en forme de courts brûlots death. La purge s’intensifie dans une seconde partie de concert sauvage. Cannibal Corpse dégaine ses classiques. ‘Fucked With A Knife’, ‘Kill Or Become’ ou ‘I Cum Blood’ sont de superbes petites douceurs qui ne font pas dans la dentelle. Au détour d’un long speech Corpsegrinder salue la foule de sa voix ultra grave et la remue efficacement. Dans les premiers rangs on se remue et le sprint final va accentuer les mouvements sauvages. Avec ‘Devoured By Vermine’, ‘Stripped, Raped and Strangled’ ainsi que ‘Hammer Smashed Face’ il achève la foule avec une classe folle. Ces titres légendaires restent des monstres que l’on savoure en admirant Georges Corpsegrinder hurler comme un sauvage et en étant scotché par le niveau technique. A l’image du titre de son dernier album, Cannibal Corpse a été d’une violence inimaginable. Il a donné un concert d’une intensité folle qui a assommé une foule heureuse de la leçon reçue.



Dehors il reste un groupe pour achever un week-end dantesque. Avec Arch Enemy le festival accueille un des leaders incontestés de la scène death mélodique. D’album en album la formation suédoise confirme sa position et gagne en popularité. La foule des grands jours est au rendez-vous devant la Prison. Après une intro mélodique, le groupe envoie un excellent ‘The World Is Yours’. Doté d’un riff mélodique et d’un refrain énorme le titre fait un carton avec une Alyssa en grande forme hurlant avec hargne. Le nouveau ‘Deceiver, Deceiver’ est remarquable de force avec une orgie de guitares, Amott et Loomis se faisant plaisir avec des soli et riffs ébouriffants. Alyssa est au top et avec ‘Ravenous’ elle brille sur un classique de l’ère Gossow, plaisant à retrouver avec un refrain intense. Pour ‘War Eternal’ la pyrotechnie est de sortie et allume une foule remuante. Le titre carbure avec un chant aiguisé et un rythme costaud. Arrivent ensuite deux autres nouveaux titres, ‘In The Eye Of The Storm’ et ‘House Of Mirrors’. Dans un pur esprit death mélodique ils sont plaisants à savourer avec de sacrés moments de bravoure aux guitares.



La première partie a été royale, Arch Enemy est en forme, le spectacle est superbe avec la pyrotechnie, des lumières splendides qui éclairement un très beau décor. Alyssa salue le public et montre une franche sympathie et une joie certaine d’être sur scène. ‘My Apocalypse’ nous renvoie au passé et ce titre bien death fait son effet avec des soli plein de maîtrise. Plus mélodique et porté par un excellent refrain ‘The Eagle Flies Alone’ est une claque confirmant la puissance de la voix d’Alyssa. Sur ‘Handshake With Hell’ elle va mêler growl et chant clair teinté heavy classique avec une aisance bluffante. Le titre a tout d’un classique en puissance avec sa mélodie imparable, il est aussi l’occasion pour les guitaristes de se livrer à un joli duel virtuose. Avec ‘Dead Eyes See No Future’ le groupe retrouve l’ère Gossow, le titre gardant toute sa force avec un côté death affirmé. ‘The Watcher’, issu du nouvel album, est dans la même veine death metal pur et dur et fait son effet avec un chant tranchant et un rythme costaud.




Le final approche, le public est toujours chaud et la tension ne retombe pas. Dans une belle pénombre et sous des températures clémentes Arch Enemy balance un puissant ‘First Day In Hell’ qui ne fait pas de quartier. Après une courte intro ‘As The Pages Burn’ fait mal aux gencives, Alyssa est déchaînée et hurle comme une damnée et les soli brillants marquent les esprits. Pour finir le groupe repart vers le passé avec ‘No Gods, No Masters’ et ‘We Will Rise’. Toujours aussi puissants et incisifs ils demeurent des classiques de death mélodique. Après un court moment les rappels s’engagent avec ‘Snow Bound’. Ce court instrumental permet à Amott de briller avec un joli sens mélodique aérien et une technique remarquable. ‘Nemesis’ met encore à l’honneur l’époque d’Angela Gossow. Véritable tube de death mélodique, le titre est un parfait final pour le concert avec une mélodie imparable, un refrain en béton et un nouveau solo virtuose. ‘Fields Of Desolation’ retentit et sonne la fin des hostilités. Le public repart aux sons des outros, Arch Enemy a été brillant avec une prestation de haute volée. Il a montré qu’il avait l’étoffe d’une grande tête d’affiche. Il a séduit par sa capacité à mixer puissance et mélodie avec classe.



Cela achève une splendide journée qui conclut un festival réussi sur tout les points. L’Alcatraz continue de grandir à son rythme et petit à petit se hisse au niveau des grands festivals européens. Nous remercions les organisateurs pour leur accueil et leur donnons rendez-vous rapidement sur d’autres évènements et sur le festival pour l’accompagner dans sa montée en puissance.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/archenemyofficial
 
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