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TITRE:

OPAL INSIGHT (31 MAI 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



Nouveau groupe de death mélodique nantais, Opal Insight nous présente le premier opus qui lance sa carrière !
DARIALYS - 20.07.2022 -
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Ils ne sont à ce jour qu'un groupe émergent tout fraîchement sorti du chapeau. Pourtant, la qualité de leur musique, la précision de leur maîtrise et la magnificence de leurs visuels pourraient bien faire d'eux l'un des projets de death mélodique français de demain... Opal Insight sortait dernièrement son premier album "Heir To Anger'". L'occasion pour Music Waves d'aller à la rencontre de ce projet mystérieux avec Thomas Guédon, l'homme fort de cette nouvelle formation.

Salut Thomas ! Tu es l’instigateur de ce nouveau projet de death mélodique qu’est Opal Insight. Vous êtes tous musiciens dans un certain nombre de groupes de metal de la région nantaise (Nothing But Echoes et Aro Ora notamment que nous avons chroniqués chez Music Waves). Comment t’est venue l’idée de démarrer un nouveau projet ?

Thomas Guédon : Salut et merci de cet entretien. Ce projet m’est venu naturellement. J’ai perdu ma femme en 2013. Et au fil des ans, j’avais cette tristesse, cette colère en moi qu’il fallait évacuer. Écrire te permet de dire ce que tu ne peux exprimer facilement. Et la musique met des images sur la noirceur de ton âme. Quand j’ai commencé à écrire, tout est allé très vite et facilement. Dans ma tête, j’étais prêt.



Side-project ne veut pas dire travail bâclé.



 

La question qui nous vient naturellement et qui découle de ta réponse est la suivante : étant donné que vous êtes tous plutôt bien occupés avec vos projets respectifs, quelle est la place qu’Opal Insight va occuper à l’avenir dans votre emploi du temps ? Un side project qui vous permettra de sortir de temps à autre du contenu, sans pression, pour s’octroyer une petite pause, ou un véritable projet prioritaire ou tout du moins aussi important que les autres groupes dans lesquels vous officiez déjà par ailleurs ?

Thomas : Sans pression, c’est le mot. Les mecs qui m’entourent sont des crèmes. C’est presque récréatif quand on joue ensemble ! Mais on est tous assez perfectionnistes, donc on essaie de faire du mieux possible. Tant sur le visuel que sur la musique. Donc ce projet est très important pour moi car j’y mets tout mon cœur. Side-project ne veut pas dire travail bâclé. Au contraire, j’y suis beaucoup plus exposé. Opal Insight représente ce que je suis réellement, sans contraintes ni consignes extérieures.

Après, Julien (basse) et moi sommes dans Nothing But Echoes, donc on ne peut pas "planter" notre projet initial qu’est NBE. Nous ne sommes pas dans le même style, donc il n’est pas question de concurrence. Au contraire les copains de NBE nous soutiennent à fond, c’est vraiment confortable et rassurant pour nous. Tibo, notre guitariste-chanteur, tient la guitare dans Lux Incerta, excellent groupe de doom death nantais qui vient de sortir son nouvel album. Et Quentin notre batteur est assez pris par ses différents projets en tant que batteur de session notamment. Il faut jongler avec tous ces paramètres mais on le savait dès le départ. On prend le plaisir là où il est, c’est le principal.

 

Ce premier album, "Heir To Anger", est sorti au mois d’avril, dans un contexte local un peu particulier puisque vous avez assuré votre release party le jour de sa sortie, au Michelet, scène locale créée en 2007 à Nantes, ayant fermé ses portes une semaine après votre concert là-bas avec Nothing But Echoes et Altesia, tous deux bien connus de la rédaction. On imagine que c’est une salle que vous connaissez par cœur et dans laquelle vous avez beaucoup joué avec vos projets respectifs. Qu’est-ce que cette fermeture vous évoque ?

Thomas : Effectivement, nous y avons souvent joué, même fait des résidences. C’est une grande perte pour la scène rock/metal nantaise. Une jauge de 150 personnes donne l’accès à des groupes qui débutent comme à des expérimentés. Ce mélange était une aubaine pour se faire connaitre. L’équipe du Michelet était constituée de gens passionnés qui connaissait son taf et savait accueillir les groupes. On leur doit beaucoup. On peut comprendre aussi qu’après toutes ces années, ce rythme de deux cents concerts par an peut être usant. On espère que les repreneurs conserveront l’esprit initial.

 

La première chose qui nous a frappés sur votre album, c’est l’esthétique, et notamment la classe et le professionnalisme qui en ressortent. L’identité visuelle y est pour beaucoup. Peux-tu nous parler un peu de la pochette et du choix de l’artwork ?

Thomas : On doit l’artwork à Came Roy de Rat. Il avait déjà travaillé pour NBE et nous étions très satisfaits du résultat. De plus, il vient du black et a cette culture de l’obscur. Quand je lui ai parlé de mon projet, il a de suite été partant, impliqué. Une liste de mots-clés, et il m’a proposé la cover de l’album. Je me rappelle de cette sensation de complétude. Il avait su saisir la désolation. L’artwork intérieur est tout aussi réussi. Une fresque que j’aimerais avoir en grand dans mon salon ! De même que Mathieu Ezan a su retranscrire l’ambiance souhaitée dans notre premier vidéoclip 'A Ghost In My Arms'. Tous ont respecté le projet tel qu’il est né. Ils mettent leur talent au service du groupe, et n’essaient pas d’imposer leur vision.

 

 

On a cru comprendre que tu avais écrit les morceaux en solo. Comment s’est effectuée la phase de "recrutement" des autres musiciens ? Connaissais-tu déjà tes collègues, et comment as-tu fait ton choix ?

Thomas : Comme j’avais déjà tout composé, il me fallait des musiciens qui "adhèrent"au projet Opal Insight dans sa globalité. Julien, que je connais depuis des années dans NBE, m’a très vite soutenu. Il est très efficace, multi-outils, c’est l’ingénieur du groupe ! Pout Tibo, c’était pas compliqué de le convaincre. Entre fans d’Opeth, on s’est très vite compris ! J’avais adoré sa voix claire et growlée dans son groupe Aesteroth. Il faisait une pause musicale à ce moment-là. Je lui ai proposé ce projet "clé en main". Il s’est de suite senti comme chez lui. Pour le batteur, ça a été plus compliqué. Il me fallait un batteur technique, dispo, avec une culture du metal extreme. La perle rare, quoi ! Je connaissais Quentin pour son travail dans Dysmorphic. Il m’a prévenu que ses dispos étaient limitées. Il a tellement contribué au son de l’album... j’ai adoré travaillé avec lui. Donc je suis très fier de toute cette équipe. Des gens humbles et talentueux, je ne pouvais espérer mieux !

 

Musicalement, on est sur du death metal lourd, assez lent et mélodique, avec un chant guttural et clean. Une production musclée et très moderne, et des influences qui peuvent faire penser à du Swallow The Sun ou du Opeth des années 2000 avec un côté très sombre et grave dans l’esthétique. D’où provient cette orientation de style, vous qui évoluez dans des projets plutôt différents de ce genre ? Il y avait justement la volonté de prendre le contrepied de tout cela et de s’aventurer dans des univers nouveaux pour vous ?

Thomas : C’est plutôt l’inverse. Je viens du metal extrême à la base ! C’est NBE qui m’a perverti ! Pour l’anecdote, je suis rentré dans NBE en 2017 en tant que claviériste. J’ai été blessé à un doigt, ce qui m’a empêché de jouer de la guitare pendant 2 ans. Je me suis donc intéressé à ce moment-là aux arrangements. Dès que j’ai pû rejouer de la guitare, j’ai attaqué la composition des titres d’Opal Insight. Chassez le naturel, il revient au galop : mes riffs ont de suite lorgné vers le doom death. ! J’ai été bercé par des groupes comme Paradise Lost, Moonspell dans les années 90, puis Swallow The Sun, Opeth, Katatonia dans la décennie suivante.

On doit le son de l’album à Fabien Devaux. C’était très intéressant car il a une maîtrise du gros son, avec un soin particulier sur comment doit sonner la batterie, mais n’avait jamais travaillé dans ce style. Une fois qu’on a défini ensemble la couleur de l’album, la recette a bien fonctionné pour tous les titres. Pour preuve, il a enchaîné avec l’enregistrement de Lux Incerta, dans un style presque similaire et dont la prod est énorme.




J’ai moi–même été surpris de ce besoin naturel d’accoucher de ces titres. Comme s’ils étaient enfermés dans mon esprit depuis des années.



 

Votre musique est riche en contrastes, à l’instar du single ‘A Ghost In My Arms’ où l’on retrouve plusieurs passages de piano très mélancoliques ou de l’outro ‘Delivrance’, et des durées souvent assez longues (‘Veil Of Anguish’) comme le font également Swallow The Sun et Opeth que nous nommions précédemment. Finalement, dès le premier album, il semblerait que l’identité et la vision du projet aient été mûrement réfléchies et qu’il y ait une vraie cohérence transversale sur tout le projet. Comment êtes-vous parvenus à un tel résultat ?

Thomas : Effectivement, j’ai moi–même été surpris de ce besoin naturel d’accoucher de ces titres. Comme s’ils étaient enfermés dans mon esprit depuis des années. Je suis profondément attaché à chacun d’entre eux. L’album est une entité, et représente chaque sentiment que j’ai pû ressentir à la disparition de l’être aimé. Les blessures sont parfois longues à guérir et l’écriture de cet album m’a permis d’exprimer toute ma douleur, en variant sur les émotions, parfois violentes, colériques ou mélancoliques. Le nom d’Opal Insight vient de ces nuances, ta vie peut briller un jour et s’assombrir le lendemain.
 

 

Vous flirtez même du côté du prog avec ‘Whispers From The Flames’ et ses dix minutes au compteur, où les changements d’ambiances et de tonalités sont légion. Est-ce que cela a été une approche de composition particulière pour toi ?

Thomas : J’aime quand les groupes m’embarquent dans leur musique, sans brides. Tout comme je suis attaché au format album pour comprendre là où les artistes veulent nous emmener, et pas uniquement avec un single au format YouTube. La musique peut raconter une histoire, tel un livre avec des chapitres.

 

Sur ce titre, on entend d’ailleurs un featuring avec du chant féminin en milieu de morceau. Pourquoi ce choix-là, et est-ce une piste que vous pourriez creuser à l’avenir ?

Thomas : J’aime le chant féminin pour la fragilité, le relief qu’il apporte. Je voulais une touche féminine sur l’album, de plus par quelqu’un qui m’est proche. Louise apporte cette brèche, à la fois vulnérable et lumineuse.

 

On note également un certain travail en termes d’arrangements, de claviers et de nappes. Pour autant, sur scène, vous jouez sur des samples. Pourquoi ce choix-là ?

Thomas : Pour la simple raison que ce ne sont que des travaux d’arrangements, donc qui agrémentent le propos. Le clavier est en soutien et apporte une ambiance à l’album par du piano, des cordes, ou des sons analogiques. Mais il est trop peu représentatif pour nécessiter une présence sur scène.



Je pense que tous les groupes ont faim de prendre leur revanche sur l’ère covid


 

A peine un mois après la sortie de "Heir To Anger", vous figurez déjà sur l’affiche du Amarok Metal Fest, très réputé dans la région (Hypno5e, Gorod, The Great Old Ones et bien d’autres seront à l’affiche cette année). De quoi propulser officiellement le groupe ?

Thomas : Clément fait un super travail pour ce Fest. Nous sommes très honorés d’y jouer. La cerise est que je rêvais de partager la scène avec Toward The Throne, j’adore ce groupe ! Merci Clément pour ce cadeau ! Effectivement, c’est une bonne vitrine pour nous. Et je pense que tous les groupes ont faim de prendre leur revanche sur l’ère Covid. On y sera, le couteau entre les dents !

 

 

Par la suite, y a-t-il d’ailleurs des projets de concerts ou de tournées pour diffuser le nom Opal Insight et vous montrer hors de votre région ?

Thomas : Oui, on a d’autres propositions qui restent à finaliser. Nous jouerons notamment à Brest le 22 octobre 2022 en compagnie de Teska et Asylum Pyre. Le Michelet en avril était la première date pour Opal Insight. On s’est réellement amusé. Les titres sont cool à jouer en live. On a hâte de remettre ça !

 

On connaît la difficulté d’avoir de la visibilité dans le monde metal indépendant dès lors que l’on lance un projet. Quelles sont vos attentes liées à cet album ?

Thomas : On est en pourparler avec un label. Donc c’est cool, les gens s’intéressent à nous. Lancer un nouveau groupe est à la fois facile et difficile. Les nouvelles technologies facilitent la créativité. Mais la communication et le booking restent compliqués. C’est une période difficile pour tous, mais on garde espoir. Faut se faire une place. Y'a tellement de groupes de qualité. Si un booker ou une asso passe par là, qu’il nous contacte sans attendre !

 

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Merci de votre soutien. Continuez de participer aux concerts dans votre région. On sera très heureux de vous y voir !

 


Merci à Thomas et à Opal Insight, bon vent à eux dans le cadre de cette nouvelle aventure !



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/opalinsight
 
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