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TITRE:

MICHAEL JONES (04 FEVRIER 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



A l'occasion de la sortie de "L'héritage Goldman", nous avons rencontré son compère de toujours Michael Jones qui se livre sur Music Waves...
STRUCK - 11.02.2022 -
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Une interview où il sera inévitablement question de son ami Jean-Jacques Goldman, le lien qui les liens et l'arrêt brutal de sa carrière mais également et surtout de cet album hommage aux couleurs gospel écrit et arrangé par Erick Benzi et la suite celte à venir... Une belle rencontre avec une belle personne à lire sur Music Waves!


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée et à laquelle tu aurais potentiellement marre de répondre ?

Michael Jones : "Il va comment Jean-Jacques ?" (Rires) ! C’est vraiment celle-ci…





Et on ne te la posera pas…

(Soulagé) Ah (Sourire) !


Ton actualité est la sortie de "L’héritage Goldman Volume 1" dont l'édition vinyle est prévue le 25 février. Comme le suggère le titre, tu considères-tu comme le dépositaire, l’héritier de l'œuvre de Jean-Jacques Goldman, comme Roger Waters avec Pink Floyd ?

Non ! Pour moi, les héritiers sont les jeunes artistes qui sont sur l’album, je ne suis que le vintage (Rires) !


Mais si le vintage comme il le dit n’avait pas été là…

… Je pense que le fait d’être présent les rassure : c’est mon rôle !
Le plus important dans cet album sont les chansons. Mais les artistes qui sont sur cet album ont fait un super boulot : c’est chanté avec le cœur, il n’y a pas d’auto-tune… c’est vraiment du ressenti !
J’ai eu l’occasion de jouer en live hier avec les artistes (NdStruck : dans l’émission "Le Grand Studio" sur RTL) et c’était un super bon moment !


Erick Benzi et moi-même sommes un peu les garants mais les vrais héritiers sont les jeunes artistes




Mais pour les fans, sans la présence de personnes comme toi penses-tu que cet album aurait eu une légitimité ?

J’étais plutôt le partenaire de parcours et effectivement, Erick Benzi et moi-même sommes un peu les garants mais les vrais héritiers sont les jeunes artistes comme je suis un héritier des Beatles et que les Beatles étaient eux-mêmes les héritiers du rock d’Elvis Presley, de Little Richard, de Chuck Berry, Buddy Holly et les Everly Brothers, surtout les Everly Brothers pour les voix…


De quelle manière as-tu travaillé ses chansons ? Comment as-tu ajouté l’univers Michael à celui de Jean-Jacques ?

C’est vraiment Erick qui a fait les arrangements. J’ai découvert ‘Je te donne’ quand ils m’ont envoyé les parties que j’ai chanté dans mon studio. Et j’ai découvert les autres hier parce qu’on nous a donné le disque hier (Rires) !
J’avais quand même téléchargé légalement et acheté je précise -je suis contre le téléchargement illégal- les titres avant et honnêtement, les jeunes artistes m’ont bluffé !
Et hier, il y avait une telle émotion : il y avait Tomislav (NdStruck : Tomislav Matosin), Lilian Renaud, Marina (NdStruck : Marina Kaye) et Mary Cooper… c’était juste bluffant hier et plein d’émotions !


Je suppose que l’expérience d’hier que tu cites doit encore plus te motiver pour la tournée à venir qui passera notamment par l’Olympia le 25 septembre ?

Oui, oui, c’est certain et en plus, il va y avoir un véritable show : les chansons seront mises en avant avec des effets spéciaux, des images… qui vont illustrer les chansons !
Et pour l’Olympia, ils ont déjà rempli la moitié de la salle en quelques jours ce qui n’arrive jamais !


Malgré tout, même si tu nous as confié que c’est principalement Erick Benzi qui a travaillé sur les arrangements, on se demande malgré tout pourquoi ne pas avoir ajouté ton énergie rock dans ces chansons ?

Il n’y a quasiment pas de guitare sur ce premier album… mais il y en aura en live ! On va faire des clins d’œil, tous les anciens musiciens -en tous cas, ceux qui restent- seront présents sur cette tournée. On va encore adapter les chansons pour les jouer encore différemment.


Mais malgré tout, pourquoi avoir préféré des versions douces, presque intimistes ?

Parce que l’idée de base était de jouer avec le chœur gospel et donc de faire des versions gospel qui étaient le point commun entre Carole (NdStruck : Carole Fredericks), Jean-Jacques et moi : c’était notre truc !
On rend également un peu hommage à Carole en même temps avec ces chœurs gospel qui sont fabuleux. Il y en a même une qui chante ‘Là-bas’ (NdStruck : Anne-Sophie Seba) avec Nérac… Toutes les versions se marient bien !
Mais sur la tournée, on va jouer des versions hybrides…


Si [Jean-Jacques Goldman] a écrit un mot, c’est que ça lui a plu !




Tu évoquais le sentiment que tu as eu en jouant ces morceaux, ton avis sur les versions gospel de ces titres… c’est inévitable mais quel est l’avis de Jean-Jacques Goldman et surtout a-t-il un droit de regard sur ces versions ?

Il ne veut pas de droit de regard. Une fois que les chansons sont sorties dans le public, Jean-Jacques trouve normal qu’elles vivent d’elles-mêmes, si bien que si des gens ont envie de faire d’autres versions, ils sont libres de le faire. Mais comme c’est Erick qui l’a fait et qu’il voit souvent Jean-Jacques, il l’a quand même tenu au courant et lui a fait écouter.
Et la réponse de ce que Jean-Jacques en a pensé ? C’est écrit sur le livret du disque (Sourire) (NdStruck : "D’abord on les rêve, et puis on les conçoit, on les met au monde, puis on les nourrit, on les façonne, on les habille, et puis on les accompagne… jusqu’au jour où elles prennent leur envol, vers d’autres voix, d’autres regards…
Nos chansons sont un peu nos enfants. Alors forcément, quand c’est un vieux complice que l’on sait respectueux, talentueux, inventif, qui les accueille, elles sont entre de bonnes mains" Jean-Jacques Goldman).
En fait, je suis surpris que Jean-Jacques ait écrit un mot sur le disque comme je l’ai été quand il a fait la préface de mon livre. Quand je lui ai demandé, il répond favorablement mais je m’attendais à un "Non!"» catégorique ou "J’ai piscine !" (Rires) !
J’étais déjà très étonné mais s’il a écrit un mot, c’est que ça lui a plu !


Le choix des chansons se portent sur des titres très connus et d’autres moins comme ‘Il y a’, pourquoi ces choix opposés ?

‘Il y a’ est une chanson qui a fait partie de notre parcours parce que sur scène, on la chantait en duo. C’est une chanson que nous avons beaucoup jouée et qui était très populaire. Elle raconte également un peu notre histoire comme ‘Je te donne’.
Dans cet album, la version est émouvante et je l’aime beaucoup. D’ailleurs, j’ai dit hier soir que l’interprète -Lilian Renaud- (NdStruck : lauréat de l’édition 2015 de "The Voice") est un peu énervant parce qu’il la chante mieux que moi, il joue super bien de la guitare et en plus, il est beau gosse (Rires) !


Le prochain volume [...] sera la version celte




Vu qu’il est mentionné "Volume 1" sur cet album de L’héritage Goldman, est-ce que le volume 2 à venir sera l’occasion de revisiter des chansons moins connues, comme Genesis l’a fait avec "The Way We Walk" ?

Il y en aura forcément ! Mais par exemple, si dans cet premier volume figure ‘Pas toi’, c’est que c’est un souhait de Marina (NdStruck : Marina Kaye) mais au début, cette chanson n’était pas prévue… C’est aussi le choix des jeunes artistes !
Mais sur le prochain volume qui sera la version celte, il y a une chanson très peu connue ‘Les filles faciles’ : personne ne connaît cette chanson. Une autre chanson sera facile à faire en celte -si toutefois on la fait - c’est ‘Et l’on n’y peut rien’ parce qu’elle l’est déjà… Pleins de chansons marcheront bien en celte mais par exemple, ‘Je te donne’, c’est impossible : j’ai essayé (Sourire) !


Tu as évoqué Carole Fredericks, comment s’est porté votre choix pour remplacer les voix de Carole Fredericks sur ‘Juste Après’ et de Sirima sur ‘Là-bas’ sans compter de la pression qu’ont dû ressentir les interprètes que vous avez choisies ?

C’est Erick qui a choisi les artistes aidé de Michel Boulanger et Cyril Prieur (NdStruck : respectivement directeur artistique et producteur exécutif de l’album) qui ont contacté les artistes avec lesquels ils voulaient travailler.
Erick a fait tout le projet musical mais Michel Boulanger en tant que directeur artistique a l’habitude de trouver les artistes qu’il faut pour telle ou telle version de chansons.
Le problème s’est effectivement posé pour ‘Là-bas’ et on a choisi une des filles de la chorale qui a un univers musical -plutôt r’n’b- totalement différent de Sirima et elle a tout fait dans la retenue même si elle se lâche un peu sur la fin. C’est une idée d’Erick et effectivement tous les membres de la chorale sont des chanteurs fabuleux (Sourire) !


Le gospel, le blues, le rythm and blues était la base de rencontre !




Est-ce que c'est ton univers qui se révèle sur “Prologue du Signe” ? Pourquoi ce prologue, est-ce que c’est une introduction comme sur un album concept ou un album de rock progressif ?

C’est un album concept ! Donc, ça nous ramène un peu à Thaï Phong qui faisait de la musique concept.
Mais encore une fois, le gospel, le blues, le rythm and blues était la base de rencontre ! Que ce soit Carole, Jean-Jacques ou moi, nous étions tous dingues d’Aretha Franklin. Carole était née dedans parce qu’elle était d’une famille de musiciens dont le frère n’est autre que Taj Mahal, le grand bluesman. Moi, je suis né dans les chorales galloises, d’ailleurs quand nous avons fait ‘Rouge’ avec les Russes, ça m’a rappelé ma jeunesse. Jean-Jacques a commencé dans les Red Mountain Gospellers qui était un groupe de gospel à l’église de Montrouge… Voilà, la boucle est bouclée (Sourire) !


On a évoqué le progressif, tu as repris ‘Wish You Where Here’ avec Didier Bourdon. Est-ce que “Confiture (Jam)” est une manière de te faire plaisir, de rendre hommage à des artistes ou de mettre des talents en lumière ?

La rencontre avec Didier s’est faite aux Enfoirés et j’ai découvert un musicien fabuleux qui a une culture énorme ! Et quand le confinement est arrivé et qu’on ne pouvait plus faire de scène, les gens nous ont commandé des concerts vidéos. C’est difficile à faire sans public mais ça a bien marché. On les enregistrait dans mon studio et comme on a une cuisine dans mon studio, on nous a suggéré de faire une émission pendant le confinement pour réunir et trouver des points communs entre la musique et la gastronomie parce qu’il y en a beaucoup…
La première émission a été faite avec Magali Ripoll (NdStruck : choriste de l’émission "N’oubliez pas les paroles" sur France 2). Ensuite, Didier est venu et ça a été l’explosion. Suite à ça, on a pu avoir Thomas Dutronc et Marc Veyrat…
On a vu qu’on progressait tellement au fur et à mesure qu’on avait envie de continuer. Mais aujourd’hui, le problème est que tout le monde rebosse, c’est difficile de trouver un moment où les invités peuvent venir à Lyon pour enregistrer l’émission dans mon studio. Mais on a quand même prévu de faire des tournages. Hier, j’ai fait la rencontre avec deux artistes merveilleuses, les sœurs Camille et Julie Berthollet qui habitent à Annecy -ce sont presque des voisines- qui sont des stars de la musique classique. Avec un peu de chance, elles devraient nous accompagner sur la tournée et j’ai envie de mélanger leur univers avec le mien dans un "Confiture" : ça va être super ! Et la prochaine invitée est une surprise mais c’est encore une personne qu’on n’attend pas du tout…





‘Puisque tu pars’ clôt le disque, comme il terminait les concerts de Jean-Jacques Goldman. Est-ce que c’est une manière de remercier le public, d’envoyer un message à Jean-Jacques, comme si la phrase “Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile” lui était adressée ?

En fait, cette chanson est la plus belle façon de terminer un concert, même moi, je le fais… Il n’y a rien de mieux ! C’est une chanson qui fait une espèce de communion, cette chanson a tellement touché les gens -il se trouve que c’est la chanson la plus jouée aux enterrements aussi (Sourire)- mais c’est une superbe chanson pour terminer un disque ou un concert…


Jean-Jacques n’a jamais dit qu’il arrêtait, il a juste dit : "J’arrête pour le moment…" … mais ça fait un long moment !



Et cette chanson, quand tu l’as jouée pour la dernière fois avec Jean-Jacques Goldman, savais-tu que ça serait la dernière fois que tu la jouerais avec lui ?

Non ! La décision est venue longtemps après, quand on a joué aux Francofolies.
Mais je pense que la dernière tournée n’était pas comme les autres. C’était une espèce de marathon : on a fait énormément de concerts avec très peu de repos et sans aller dans les îles -comme on le faisait d’habitude- on n’est allés qu’à la Réunion, on n’est pas allé en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane…
Donc, on sentait que c’était différent mais on ne savait pas que ça allait être la dernière : on ne l’a su qu’aux Francofolies ! Mais Jean-Jacques n’a jamais dit qu’il arrêtait, il a juste dit : "J’arrête pour le moment…" … mais ça fait un long moment (Rires) !


Ce n’est pas faute de lui demander mais il n’y a rien à faire !


Mais quel est ton avis sur cette décision et la peine que ça provoque aux fans depuis toutes ces années ?

C’est dommage ! Mais avec tous les autres musiciens, ce n’est pas faute de lui demander mais il n’y a rien à faire !


Est-ce que le welsh boy Michael imaginait en être là quand il a rejoint Thaï Phong ou quand il montait ses premiers groupes de rock ?

Pas du tout, c’est un accident total ! Je le raconte dans mon livre (NdStruck : "Mes plus belles chances"), je pensais venir pour un an et ça fait cinquante ans maintenant !


Et le public français te remercie d'être encore parmi nous…

Je les remercie aussi (Sourire)…





On a commencé par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

On me l’a déjà posée… Un jour, on m’a demandé si j’avais des regrets. En fait, je regrette d’avoir vendu mon Vox AC30 que j’avais vendu à l’époque où je jouais avec Weekend Millionnaire parce qu’ils voulaient impérativement que j’ai un Mesa Boogie. Mais à l’époque, le Mesa Boogie n’était absolument pas dans mes moyens et j’ai donc vendu mon AC30 qui appartenait à Rory Gallagher quand même et qui avait un son de fou et que je ne peux plus utiliser aujourd’hui parce que c’est trop puissant !
Il se trouve que le gars à qui je l’avais vendu avait lu l’article. Il m’envoyé un mail en me disant que "Je suis celui qui a acheté ton ampli, je l’ai toujours. Si tu veux le reprendre, c’est quand tu veux : je ne m’en sers pas !".
Je l’ai récupéré dans l’état dans lequel je l’avais vendu sauf que je l’avais vendu 2.500 francs et que je l’ai racheté 2.500… euros (Rires) !


Merci beaucoup

Merci à toi...


Merci à Thibautk pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.michael-jones.net/
 
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