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TITRE:

AYRON JONES (26 NOVEMBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Ouvrez vos chakras avec Ayron Jones est revenu présenter son troisième album, "Child Of The State" qui sort en vinyle !
DARIALYS - 18.02.2022 -
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Avant de passer sur la scène de Taratata (diffusion le 25 février) qui concrétise la sortie de "Child of the State" en format vinyle, Ayron Jones en aura parcouru du chemin ! Après avoir commencé à faire ses armes dans des bars à l'âge de 19 ans, le guitariste de Seattle connaît actuellement une popularité grandissante avec la sortie de son troisième album, "Child Of The State". Une interview placée sous le signe de la spiritualité !




C’est un vrai plaisir de te retrouver, lors de notre dernière interview, nous avions commencé en te demandant quelle était la question que l’on te posait le plus fréquemment, et tu nous disais que les gens te demandaient comment se prononçait ton nom. Est-ce que c’est toujours le cas ?


Ayron Jones : Oui !


Vraiment ! Car ta popularité a vraiment explosé ces 6 derniers mois ! La réception de ton nouvel album, "Child Of The State", sorti il y a 6 mois donc, a été excellente. Ton album a été en tête de nombreux charts. Comment tu as vécu ces très bons retours du public ?

J’ai été très touché par la façon dont l’album a été reçu. Pour arriver jusque-là, ça n’a pas été facile. Je suis au point culminant de ma carrière à l’heure actuelle, en étant en haut des charts dans plusieurs pays comme tu le dis. J’en suis très honoré. Il y a bien sûr quelques critiques, mais tout ça reste très subjectif.


Et justement, comment tu expliques ce gain de popularité soudain ? Y a-t-il eu un tournant ?

Je pense que j’ai trouvé mon son.


Donc pour toi, ce n’est pas lié à la promotion par exemple ?


Ça part de moi, de ma musique. J’ai passé tellement d’années en studio à chercher mon son. Je pense que j’y suis parvenu.


Ce son-là, est-ce que tu penses que tu as fini par le trouver comme tu dis, ou peut-être l’avais-tu déjà dès le début mais qu’il te fallait plus de confiance ou d’expérience pour le mettre en avant ?

Je pense que la difficulté a vraiment été de le trouver, de le créer. J’ai joué en première partie de BB King, Guns’ N Roses, Slipknot, Jeff Beck… C’est comme ça que j’ai fini par trouver mon son, d’abord sur scène. J’ai dû le parfaire pour le restituer sur CD, et ça, ça a été quelque chose de très différent pour moi. Cela a nécessité des années d’expérience. Cela vient aussi de rencontres que j’ai faites au fil des ans. Maintenant, je produis et co-produis mon propre travail. C’est là que les choses ont commencé à changer car j’avais l’expérience nécessaire pour enregistrer et produire mon propre son. J’avais besoin de le faire maturer et de le développer moi-même. Je pense que c’est ce qui a permis d’attirer l’attention de certaines personnes.


Je trouve ça très intéressant, mais quelles différences fais-tu entre la version studio et la version live de ton son ?

Je dirais que sur scène, je peux jouer doucement puis plus fort. Je peux jouer un son clean, puis appuyer sur ma pédale de distorsion sur le refrain pour donner un son plus sale. Faire ça en studio ne marche pas. En studio, il faut rajouter des couches de guitares pour donner un son plus épais. Cela prend des années pour le comprendre. Moi, je viens de la scène. Je viens des jams sessions, du blues. Je jouais des concerts de 3h dans les bars. On ne joue pas de la même manière en studio.



Est-ce que d’une certaine manière ce n’est pas un peu piégeux justement ? Car tu peux superposer 50 ou 100 couches de guitare en studio. Tu dois connaître Devin Townsend pour qui c’est un peu la marque de fabrique. Comment faire pour retranscrire ça sur scène ?


Je viens de la scène de Seattle, et pour moi, la musicalité est le plus important. Superposer des pistes à foison ce n’est pas mon genre. J’avais envie que cet album soit le plus brut possible. On ne peut pas forcément retranscrire parfaitement ce que l’on fait sur scène, mais c’est ça la beauté des concerts. Un concert te rappelle ce qu’il y a sur l’album, mais ce n’est pas l’album. C’est l’objectif du spectacle vivant !


Sur notre interview précédente, nous avions établi un parallèle entre Bruce Springsteen et toi. Tu disais que pour toi, Springsteen incarnait l’Amérique industrielle alors que toi, tu incarnes l’Amérique noire. Est-ce que tu penses qu’il est important pour les artistes de nos jours d’incarner des rôles de ce genre, à un niveau d’engagement très poussé ?

Non, je ne crois pas. Pour moi, c’est important de parler de son histoire et de ses constats. Mais je ne crois pas que le rôle des artistes soit d’être des activistes politiques. Je pense que c’est important pour certains, mais pour moi, en tant qu’artiste, il est important de parler de ce que je perçois. Je ne veux pas combattre activement quelque chose, je préfère que les gens réfléchissent à l’idée de combattre quelque chose. La question est de savoir comment nous pouvons avancer de manière proactive. J’essaye d’éveiller la curiosité.


Pour rentrer dans le vif du sujet, ‘Mercy’ est un morceau très fort car il parle de George Floyd. Est-ce que tu penses que ce morceau a pu permettre de changer certaines mentalités toutes proportions gardées, ou qu’il aura permis une certaine prise de conscience ?

Ayron : Beaucoup de gens font le rapprochement avec George Floyd, mais je ne parlais pas de lui en particulier. En réalité je parle de mes frères, des gens en général. Si ‘Mercy’ a été le carton qu’il a été, je pense que cela est dû au fait que je n’ai pas parlé en tant que noir américain mais plutôt en tant qu’être humain observant la noirceur de l’homme. Ça a parlé aux gens.


Mais d’un autre côté, n’es-tu pas frustré de constater que rien n’a changé au fil des années ?


Si, bien sûr que c’est frustrant. Mais le seul moyen de nous guérir de ces choses-là, c’est d’éveiller les consciences.


Tu as totalement raison, mais vous avez élu Barack Obama, puis après, il y a eu Donald Trump. Beaucoup de gens avec un regard extérieur se sont demandé ce qu’il se passait. C’est comme si on avait avancé pour reculer ensuite. C’est pour ça que je soulève cette notion de frustration. Dans le fond, rien ne semble avoir changé.

Tu sais, les gens ont peur de la mort. C’est de ça que les gens ont peur. Si tu dépasses ce concept-là, il n’y a plus de peur. Si tu élèves ta conscience, tu n’as plus cette peur, c’est ça que je veux dire, et pour moi, c’est le plus important. C’est comme ça qu’on évolue en tant qu’êtres humains. En Amérique et dans le reste du monde, il y a différents niveaux de conscience. On pourra mesurer les progrès que l’on aura effectués dès lors que l’on arrivera à un nouveau niveau de conscience.

Je pense que je porte l’héritage de la musique blues

 

‘Baptized In Muddy Waters’ est un morceau poignant qui mélange blues, rock et un peu de soul pour un résultat réussi. Est-ce que tu te considères comme un héritier des musiciens de cette scène-là et qui ont révolutionné la musique malgré des contextes compliqués ?

Je pense que je porte l’héritage de la musique blues, bien sûr.
‘Baptized In Muddy Waters’ est un morceau que j’ai écrit lorsque j’avais 19 ans, dans un restaurant en Amérique. Je détestais ma vie à cette époque-là. Ce morceau parle de ma renaissance. A l’époque, je cumulais deux emplois pour gagner ma vie. Ce morceau parle de mon évolution à travers la musique. Et c’est effectivement un hommage que je rends dans ce morceau, un hommage au blues, mais plus généralement un hommage aux grandes figures de la musique qui sont apparues avant moi.

‘Take Me Away’ est le morceau le plus rock de l’album, avec une coloration presque metal, même. Pourquoi un morceau comme ça ?

Je pense que cela est dû à mon background de rocker. Un morceau comme ‘Take Me Away’ prend vraiment tout son sens sur scène. Je viens de Seattle qui est le berceau du rock et du grunge.


On parlait du fait que tu avais trouvé ton propre son au début de cette interview, mais ce mélange, cet équilibre des genres que tu proposes, est-ce une volonté de ta part, ou est-ce quelque chose de naturel chez toi ?

Je pense que c’est naturel. Je pense qu’en grandissant, j’ai été très influencé par tous ces styles musicaux.


Je pense qu’il y a des rockstars dans toutes les générations

 

Il y a des géants de la musique qui t’influencent comme Michael Jackson, Lenny Kravitz, Jimi Hendrix, Muddy Waters… Est-ce que tu penses que dans la nouvelle génération de musiciens, certains seront les nouvelles légendes de demain, ou est-ce que tu penses que l’on ne remplacera pas ces figures-là que j’ai nommées ?

Je pense qu’il y a des rockstars dans toutes les générations. Si c’est le rôle que je dois jouer un jour, je le jouerai. En tout cas, j’espère pouvoir ouvrir des portes à certaines personnes avec ma musique.


Tu as l’air d’être très sage, et d’avoir les pieds sur terre. Ça a toujours été le cas ?

Oh non ! Mais je pense que c’était nécessaire pour moi d’en arriver là.


D’une certaine manière, tu as vécu plusieurs vies. Est-ce qu’il y a eu un tournant qui t’a permis d’en arriver là ?

Les champignons ! (Rires). Non, plus sérieusement, si vous avez vu le film "Slumdog Millionaire", quand les gens vivent des choses difficiles ou traumatisantes dans leur vie, cela leur procure une certaine sagesse. J’ai vu beaucoup de choses, j’ai eu des traumatismes aussi. Cela a donné un peu de perspective à mon existence.




Aujourd’hui, tu te sens en paix avec toi-même ? Tu te sens à ta place dans cette société ?

Qui sait ? C’est une question intéressante. En paix avec moi-même, oui. Je ne suis pas parfait, je fais des choses que je ne devrais pas, j’en suis conscient. Je suis content de là où j’en suis à l’heure actuelle, mais j’ai encore de nombreuses choses à vivre donc je vais continuer à avancer.

Tu vas loin dans la fusion et dans la variété des genres abordés. Est-ce que tu trouves qu’avec 'Child Of The State’, tu réinscris le rock dans le XXIème siècle en lui redonnant le panache qu’il avait dans les années 50 ou 60, lorsqu’il était joué par les pères fondateurs du rock ?

C’est une question intéressante. Est-ce que je ramène le rock au XXIème siècle ? Je pense que je suis juste un vecteur qui permet à la musique de s’exprimer. J’essaye de rendre hommage à ceux qui sont arrivés avant moi et qui m’ont permis d’avoir la vie que j’ai. Le rock m’a donné quelque chose, et j’essaye de le rendre en donnant aux gens. C’est une symbiose. Je suis la réincarnation de quelque chose qui a déjà existé.

Les chansons de cet album ont été composées en automne 2019. Est-ce que cela veut dire que tu as de nouveaux morceaux prêts à être enregistrés pour un futur album ?

J’ai beaucoup d’autres chansons, oui !





Et est-ce que tu ressens une forme de pression après avoir été acclamé suite à la sortie de cet album ?

Non ! Je n’essaye pas de me surpasser, je veux juste faire ce que j’ai toujours fait. Je suis un fan de musique, alors je vais rendre hommage aux choses que j’aime. Faire de la bonne musique pour les gens bien.


Merci beaucoup !

Merci !


Et merci à Calgepo pour sa contribution...


A noter que vous pourrez retrouver Ayron sur scène :
03/06/2022 – SAINT LAURENT DE CUVES – Festival Papillons de Nuit
04/06/2022 – CHELLES – Les Cuizines
05/06/2022 – LA ROCHELLE – La Sirène
07/06/2022 – TOULOUSE – L’Ecluse
08/06/2022 – LYON – Le Transbordeur
25/06/2022 – CLISSON – Hellfest
29/06/2022 – NÎMES – Festival de Nîmes (1ère partie de Deep Purple)
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13/11/2022 - PARIS - La Cigale



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/ayronjonesmusic
 
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