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TITRE:

BRAINSQUEEZED (2 SEPTEMBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Et de deux pour Brainsqueezed ! Sébastien Laloue, porteur du projet français, est revenu sur la sortie de son deuxième album, "I Am Not A Robot".
DARIALYS - 16.09.2021 -
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Il aura fallu attendre 2019 pour finalement découvrir Brainsqueezed, né au milieu des années 90, iprojet rock du musicien français Sébastien Laloue. Avec 2 albums en 3 ans, rien n'arrête plus notre ami français, depuis peu expatrié en Australie. Sébastien a accepté de revenir sur la sortie et la genèse de son nouvel album, "I Am Not A Robot", au micro de Music Waves.


Bonjour Sébastien ! On te retrouve deux ans après l’interview que tu nous as accordée à la sortie de ton premier album "Scarred". Avec le recul, quel regard portes-tu sur ce premier album ?
 

Hello ! C’est un plaisir de retrouver Music Waves pour parler de ce nouvel album. J’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de "Scarred". C’est le premier album de Brainsqueezed. La première fois que j’ai travaillé avec des musiciens incroyables. C’est un album solide très orienté sur les guitares. On m’a souvent dit que "Scarred" était un disque produit et taillé pour la scène. Tu apprends beaucoup de la réalisation d’un album. Il m’a permis de progresser sur les arrangements et les outils de production. Avec le recul, j’aurais peut-être envisagé une production mettant plus en avant certains instruments. C’est ce qui a en partie influencé "I Am Not A Robot" avec davantage d’ambiances créées autour ou à partir des claviers et des boucles. Mais je ne me suis pas débarrassé des grosses guitares et des solos pour autant. C’est une dualité qui fait désormais partie l’identité de Brainsqueezed, qui trouve ses racines dans le rock dans tous ses états.


J’ai mis à profit les périodes de confinement pour rester créatif

 


Brainsqueezed est né au milieu des années 90 mais il a fallu attendre 2019 pour voir ton projet sortir un premier album. Ce coup-ci, il ne t’aura fallu que deux ans pour revenir avec un nouvel opus, "I Am Not A Robot". Ce premier album a-t-il été un élément déclencheur pour t’aider à aller de l’avant et à sortir de nouveaux disques ?
 

Absolument ! "Scarred" a reçu un très bon accueil et cela donne confiance. J’ai encore pas mal d’idées et de musique à partager, donc je m’y suis remis plus rapidement. J’ai eu très vite envie d’explorer des nouveaux territoires et d’utiliser différentes palettes sonores. L’inspiration est venue très vite, et il me restait quelques morceaux que j’ai développés et terminés. Je pense aussi que j’ai fait comme beaucoup d’autres musiciens : j’ai mis à profit les périodes de confinement pour rester créatif. Cela te motive également quand tu ne peux pas beaucoup sortir…


Ton site raconte que tu as écrit ce nouvel album en déménageant en Australie en 2020. Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’installer à l’autre bout de la planète ?
 

J’ai bougé pour des raisons professionnelles. Je pense que vivre à l’étranger m’a toujours fait envie. Quand l’occasion s’est présentée, nous l’avons saisie. Pas de regret, c’est un pays incroyable. C’est très loin et différent à beaucoup d’égards. Les 18 derniers mois n’ont pas été faciles car nous ne pouvons pas sortir du pays pour rentrer en France et voir notre famille et nos amis. J’ai également hâte de pouvoir continuer à découvrir ce pays et ses cultures. Il y a tellement à voir !


Depuis ton installation en Australie, quel regard portes-tu sur la scène rock de ton nouveau pays d'adoption ?

Je n’y connaissais pas grand-chose à part quelques grands noms comme AC/DC, Midnight Oil et plus récemment Airbourne. J’avais découvert Southern Empire il y a quelques années et j’avais beaucoup aimé. Ça se trouve, il y en a d’autres que je connais et que j’apprécie, mais je ne sais pas qu’ils sont australiens. C’est un pays qui aime le rock et sait le mettre en avant. Il y a beaucoup de scènes et de studios. J’ai déménagé en 2020, je n’ai donc pas encore eu l’occasion de profiter des concerts, mais je compte bien me rattraper. Découvrir des nouveaux talents et voir AC/DC en concert en Australie, ça doit être incroyable !

 

 

Ce qui est merveilleux dans la nature humaine, c’est qu’elle reste imprévisible

 

Nous avons cru comprendre que "I Am Not A Robot" était un album concept, ou tout du moins que certains thèmes étaient récurrents dans les paroles. Peux-tu nous en parler ?

Il y a effectivement des thèmes récurrents dans "I Am Not A Robot". Plusieurs morceaux parlent de changement, d’évasion et des peurs qui peuvent nous hanter. Nous sommes des êtres humains et nous vivons en fonction de nos émotions qui influencent les choix que nous faisons. Nos décisions ne sont pas basées sur des algorithmes. Pourtant, aujourd’hui, on t’oriente et on essaie de te formater en fonction de tes habitudes et de statistiques alors que ce qui est merveilleux dans la nature humaine, c’est qu’elle reste imprévisible.  'My Fears In The Night' et 'Afraid Of The Dark' est un diptyque sur les peurs et comment s’en affranchir. « Give Up The Fight » est le troisième volet de la trilogie 'In The Night' commencée sur "Scarred". Deux morceaux m’ont aussi été directement inspirés par l’Australie, 'Down Under' évidemment, et 'Black Summer 2019-2020'. Ce qu’a vécu l’Australie en 2019-2020 avec les incendies était très impressionnant. J’espère que les mentalités vont changer. Notre monde est magnifique mais il n’existe pas de planète B.


Et comment t’est venue l’idée d’évoquer ce sujet ?

Le concept "I Am Not A Robot" est venu après l’enregistrement de l’album quand nous avons travaillé sur l’univers graphique avec la pochette et les vidéos. Nous avons cherché des idées qui pourraient représenter et unifier les différents thèmes de l’album et le sujet de l’intelligence artificielle est venu assez rapidement. Les paroles peuvent être interprétées à plusieurs niveaux. Visuellement, tu obtiens un fil rouge autour de l’évolution d’une intelligence artificielle qui se projette dans la vie d’êtres humains et développe une conscience. Je trouve que cela rend bien graphiquement et colle plutôt bien à la couleur musicale de l’album.

 

Il y avait 7 invités sur ton premier album, et tout autant sur cet album. Pourquoi chercher à travailler avec des invités plutôt qu’avec des membres permanents du groupe ?

Le résultat obtenu sur "Scarred" était très bon et a fondé les bases du son que je voulais donner à Brainsqueezed. Particulièrement au niveau du chant qui correspond à ce que je recherchais. J’ai donc voulu continuer avec la même équipe et explorer de nouveaux territoires. Ça a très bien marché et ils m’ont tous impressionné. Brainsqueezed reste un projet pour lequel je souhaite garder la direction artistique. Je laisse beaucoup d’espace aux musiciens et je pense qu’ils ont tous contribué à rendre l’album meilleur. Mais je souhaite garder la main sur le résultat final. C’est pour cela que je préfère travailler avec des musiciens de studio.


D’autant qu’a priori, la majorité des invités présents sur "Scarred" le sont aussi sur "I Am Not A Robot". Est-ce que Brainsqueezed ne serait pas petit à petit en train d’évoluer en tant que groupe ?

Chacun a son propre agenda et différentes priorités. Nous collaborons uniquement pour les sessions d’enregistrement. Je trouve que nous avons réussi quelque chose d’incroyable. Personne ne s’est rencontré dans le projet et nous donnons une impression de groupe, c’est génial et c’est surtout dû à leur immense talent. Je me suis fait de vrais amis. Le processus créatif et la collaboration sont devenus aussi plus fluides sur "I Am Not A Robot". On se comprend très vite. J’ai hâte de voir ce que cela donnera pour la suite.


L’une des invités semble tirer son épingle du jeu. Je veux parler d'Audrey Karrasch qui nous gratifie d’un très beau chant empreint de sensibilité sur ‘Run’ ou encore ‘Afraid Of The Dark’. Pourquoi avoir fait le choix de laisser à Audrey le premier rôle sur ces titres-là ? Ont-ils été écrits en sachant qu’elle les chanterait ?
 

A la fin des sessions de "Scarred", j’avais retenu 10 morceaux. Audrey avait enregistré les chœurs sur certains titres et je trouvais que cela apportait une tout autre dimension. Elle a une voix merveilleuse, un talent incroyable pour les harmonies et méritait son morceau en tant qu’interprète principale. C’est comme ça que j’ai écrit 'Every Night' qui vient clôturer "Scarred" comme la suite de 'In The Night' du point de vue de la compagne. Le résultat était fantastique et j’ai voulu continuer dans cette direction pour le prochain album. Les 3 titres chantés par Audrey sur "I Am Not A Robot" ont été écrits avec sa voix en tête, sur mesure et très naturellement. Elle vient clôturer la trilogie 'In The Night' avec le morceau 'Give Up The Fight'. En plus, j’ai toujours beaucoup aimé les voix féminines dans le rock ou le métal (je suis un grand fan de The Gathering période Anneke Van Giersbergen).

 

 

C’est important pour moi de créer des ambiances musicales différentes

 

 
D’ailleurs ces deux titres font partie des OVNI de cet album. Dans le genre, je pense aussi à ‘Dawn (Song For Richard Wright) et à ‘Black Summer 2019-2020’ qui présentent un versant plus expérimental dirons-nous. C’est important pour toi de proposer du contenu varié et de ne pas te cantonner à une simple étiquette de « groupe de rock » ?

Oui, c’est important pour moi de créer des ambiances musicales différentes. Je le fais très instinctivement en explorant des nouveaux territoires et des nouveaux sons. Si je trouve que ça sonne bien, je me lance ! Cette diversité représente aussi mes influences musicales. C’est ce que je recherche lorsque j’écoute de la musique. Je veux être surpris et emmené là où je ne m’y attends pas. J’avais beaucoup d’idées en tête après la réalisation de "Scarred". Je voulais développer le chant lead féminin mais également flirter avec le trip-rock et le post-rock que j’apprécie énormément. Je suis aussi un immense fan de Pink Floyd. Sur 'Dawn', je me suis retrouvé dans une ambiance très floydienne et je m’y suis senti bien. Richard Wright est une énorme influence pour son talent à trouver des mélodies et des ambiances à partir des claviers. Je peux ainsi lui rendre hommage. Pour 'Black Summer 2019-2020', je me suis lancé dans un morceau instrumental plus long et à tiroirs dans un esprit post-rock et tellurique. Il s’agit typiquement du morceau pour lequel je ne me suis pas fixé de limites.

Lorsque tu pars en voyage, tu espères voir un certain nombre d’endroits. Tu as également des surprises et des imprévus. Si ton voyage est réussi, tu en gardes une formidable expérience. C’est l’approche que j’ai avec la musique de Brainsqueezed. L’album t’emmène en voyage vers différentes nuances de rock et tu ne les connais pas toutes à l’avance. J’espère y être parvenu sur "I Am Not A Robot" dont la tracklist a été préparée en commençant par des morceaux rock et plus immédiats jusqu’à 'Afraid Of The Dark', puis on entre, à partir de 'Dawn', dans un univers un peu différent où j’ai laissé la place à des morceaux moins calibrés.

 

Dans cet album, on retrouve notamment quelques instruments extérieurs qui viennent apporter une vraie plus-value à l’ensemble. Je pense à l’harmonica d'Alex Paclin ou encore au saxophone de Hugo Lee. Comment t’est venue l’idée d’intégrer ces instruments-là à tes compositions ?

Alex et Hugo étaient déjà présents sur "Scarred" et avaient fait un excellent travail. Je trouve que l’harmonica rend très bien sur des morceaux un peu plus rock et apporte une touche supplémentaire avec de la distorsion. Je pense que mes influences Blues/Rock y sont pour quelque chose également. Pour le saxophone, j’ai abordé l’instrument différemment sur 'Black Summer 2019-2020'. J’ai été très impressionné par les albums de Guillaume Perret & the Electric Epic. Mélanger du saxophone avec du rock, voire du metal, ça rend super bien. Du coup, j’ai tenté le coup sur un morceau plus post-rock et instrumental et le résultat est sensationnel !


 

Je me vois davantage comme un créateur de paysages sonores


Tu ne cherches pas absolument à tout jouer et tout chanter toi-même, n’hésitant pas à déléguer le chant ou des solos auprès d’autres musiciens. Finalement, n’es-tu pas un compositeur avant tout, cherchant à sélectionner minutieusement tous les ingrédients d’un titre pour les mettre au service de la musique ?

Exactement, je ne l’aurais pas mieux dit. Je me vois davantage comme un créateur de paysages sonores. Je travaille essentiellement sur la musique, les ambiances et la couleur que je souhaite donner aux morceaux. Je crois que Steven Wilson a dit un jour qu’il se voyait plutôt comme un songwriter et un producteur. Je me reconnais beaucoup, et humblement, dans cette démarche. C’est ce que j’ai développé sur "I Am Not A Robot" : la recherche du son et des ambiances autour des mélodies.


Dans ta précédente interview, tu avouais vouloir jouer sur scène mais ce n’était pas d’actualité. Avec cette traversée dans l’autre partie du monde, ces envies de scène ont plus de chance de se réaliser ?

Pas vraiment. Je pense que je vais continuer à enregistrer des titres et faire des albums tant que l’inspiration ne me quitte pas ! Mais cela restera des albums de studio.

 

L'expérience pourrait être intéressante. Et peut-être pourrais-tu jouer avec les invités présents sur ton album ?

J’adorerais réunir toute l’équipe sur scène mais cela semble difficile. Nous sommes tous aux quatre coins du monde. Mais on ne sait jamais…
 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cet album ? Quels sont tes objectifs ?

Que les gens qui se sentent touchés par la musique de Brainsqueezed la partagent. J’aime énormément que l’on me fasse découvrir des nouveaux artistes et je peux parler musique pendant des heures. La musique peut s’écouter tout seul mais c’est tellement bon de partager ses passions musicales avec d’autres. J’espère que l’album trouvera son chemin et me permettra de continuer à en faire d’autres également.
 

On se donne rendez-vous pour le prochain album que l’on a hâte de découvrir ! Merci Sébastien et à bientôt !

Avec plaisir ! J’ai déjà des idées pour la suite et je compte bien les partager. Merci pour cette interview. Prenez soin de vous et continuez à écouter et à partager de la bonne musique !



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/brainsqueezed-543595662351392
 
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