MW / Accueil / Articles / COMPTE-RENDUS DE CONCERT - Alcatraz Festival 2021 - Courtrai- Jour 3 - 15 Aout 2021
TITRE:

Alcatraz Festival 2021 - Courtrai- Jour 3 - 15 Aout 2021


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

HEAVY METAL



Après deux jours monstrueux et réjouissants, l'Alcatraz entame sa dernière ligne droite avec un programme encore une fois royal.
NOISE - 22.09.2021 -
46 photo(s) - (0) commentaire(s)

"Comme un rêve" est la formule idéale pour qualifier les deux premières journées du festival Alcatraz. L’organisation est parfaite, les concerts sont de qualité et cerise sur le gâteau la météo est clémente avec un soleil radieux. Pour cette troisième journée le programme est encore bien garni avec une  jolie variété de styles et une tête d’affiche royale.



En attendant la journée commence à 11 heures, chacun a pris ses habitudes et a récupéré son pass sanitaire pour arriver sur le site. Malgré l’heure matinale et la fatigue un peu présente la foule est au rendez-vous pour accueillir le premier groupe sur la Prison, Russkaja. Originaire de Russie et établie en Autriche la formation est loin du metal. Pour la définir, le mieux serait de parler de fanfare ska punk, le combo parfait pour lancer la journée et mettre une ambiance folle. Le concert, tel un spectacle, va se lancer petit à petit. L’intro avec les chœurs russes attire l'attention puis saxon et trompette débarquent et amènent un joli côté folklorique avec en parallèle une bonne force rock. La sauce monte avec l’arrivée du violon qui amène une touche mélancolique à la fanfare ska. Cette longue intro passée, Georgij, le maître de cérémonie débarque, il met l’ambiance avec un ton bien punk et le délire commence. ‘Kosmopolit’ est un splendide moment de fête et de partage qui fait danser le public dans un esprit entraînant. L’amour est au programme de ce concert, Georgij est un formidable frontman, souriant et empreint d’un esprit positif d’une rare fraîcheur. Il lance un superbe ‘Love Revolution’ entraînant dans l'esprit ska punk. Le public adore, la communion est totale et des farandoles se déclenchent dans une fosse aux allures de colonie de vacances. En fin de concert ‘Energia’ avec sa facette punk achève un public ravi de cette prestation énergique. Russkaja a fait un carton énorme. Par sa sympathie et son énergie il a lancé la journée de la meilleure des manières, il a permis à pas mal de fans de retrouver une pêche énorme.



Après ce superbe moment de partage, la Swamp se lance avec Loudblast. Pour les nombreux Français présents sur le site il est plaisant de retrouver une formation les représentant. Depuis 1985 Stéphane Buriez a imposé son groupe comme un poids lourd de la scène metal française et le temps ne semble avoir aucun effet sur lui. Avec "Burial Ground" puis le récent "Manifesto", Loudblast a prouvé qu’il restait terriblement pertinent. La tente est bien remplie et après une intro lugubre le groupe déboule avec une forte envie d’en découdre. Derrière son micro, guitare à la main, Buriez en impose et lance avec conviction ‘The Promethean Fire’. Tiré du nouvel album il colle tout le monde sur place. Loudblast n’a pas joué depuis un bail mais n’est pas rouillé. Buriez impressionne de sa voix caverneuse et chacun savoure un grand moment de death metal avec au programme un solo ultra rapide. Avec ‘Taste Me’ puis ‘Presumption’ le groupe ne relâche pas la pression. Sur ces classiques il fait preuve d’une sacrée puissance de frappe et d’une technique insolente de classe dans un pur esprit death metal. Pogos et slams s’enchaînent dans une foule bien chauffée. Avec ‘Wisdom (Farther On)’ on retrouve un autre grand moment de ‘Sublime Dementia’, écrasant de lourdeur et taillé dans le meilleur du death des années 90. Buriez prend la parole et avec un charisme certain remue la foule. Puis le groupe reste dans ses glorieux débuts avec ‘Turn The Scale’ et ‘The Horror Wihtin’ et fait un sacré carton dans un esprit old school death metal. Le final va être torride, ‘Emptiness Crushes My Soul’ se montre écrasant de puissance, porté par un Buriez au ton guttural. Le tout récent ‘Todestrieb’ n’est pas perdu au milieu des classiques, mais est un grand moment avec un côté à la fois rapide et très puissant. 'Cross The Threshold’ achève en beauté le public. Avec son refrain fédérateur il demeure un classique total et la foule apprécie la claque. Malgré l’heure matinale Loudblast a su bouger son monde avec une prestation percutante.



 

La Prison accueille After All ; cela fait plus de trente ans que la formation belge œuvre dans un thrash inspiré des grands des années 80. Avec "Waves Of Annilihation" sorti en 2016 elle a montré un bon niveau de forme et la retrouver est l’assurance d’un excellent moment. Les fans sont au rendez vous pour retrouver le duo de guitaristes Depree, Van Damme derniers membres originels présents. A leurs côtés on note la présence au chant de Mike Slembrouck qui officie dans Iron Mask. Avec en intro le générique de la série ‘Agence Tout Risques’ le groupe lance son concert avec un côté délicieusement old school. Puis le groupe balance un thrash teinté de heavy hyper efficace, le rythme est intense et évoque Death Angel ou Testament. Après ce début très efficace, After All ne va pas jouer la carte de la sécurité en proposant deux nouveaux titres de son futur dixième album. Le résultat est probant. On retrouve deux tartines de thrash dignes d’un Anthrax portées par la voix haut perchée de Mlike et de soli et riff entre thrash et heavy à la Maiden. Avec ‘Target Extinction’ puis ‘The Unsual Sin’ le groupe revient vers ses albums récents et fait le même effet avec énergie. Le public apprécie la leçon avec des premiers rangs qui se remuent. Après un titre plus posé dans l’esprit des titres à tiroirs des années 80, le groupe balance ‘Timeless Machine’ et fait des ravages dans un esprit un thrash heavy avec des riffs percutants et un chant digne d'Annihilator. After All a proposé un très bon concert, il maîtrise son sujet avec talent et mériterait une plus large reconnaissance que le certain anonymat qu’il connaît.




Dans la Swanp les organisateurs proposent avec Sloper un groupe assez décalé du reste de l’affiche. Loin du metal, la formation œuvre dans un rock teinté de pop avec deux batteurs. Il s’agit d’un super groupe avec en son sein Cesar Zuiderwijk batteur de la légende Golden Earring et Mario Goossens batteur de Triggerfinger. Ils sont allés chercher un chanteur anglais, Pete Shoulder et un guitariste italien, Fabio Canini, pour proposer un bon vieux rock’n’roll. En concert le joyeux quatuor se fait plaisir avec des reprises mais aussi avec des compos perso tirées de leur album "Pulverise". Malgré le côté soft il y a du monde devant la scène. L’effet surprise joue et chacun est curieux du rendu de ces deux batteries posées l’une à coté de l’autre. D’entrée il est intéressant de constater que les deux batteurs sont parfaitement coordonnés. Malgré son âge avancé Cesar montre une sacrée énergie avec un style épuré digne des meilleurs batteurs rock. La petite bande va donner un concert très frais, livrant un rock typé alternatif avec un bon côté accrocheur taillé pour passer en radio. On sent chez les musiciens l’envie de se faire plaisir et de faire plaisir avant toute chose, le public apprécie dans une excellente ambiance. Au détour de certaines chansons un côté plus hard rock se fait sentir et bouge bien la foule. Au milieu d’une programmation métallique Sloper a su tirer son épingle du jeu en proposant une prestation sympathique et a sans nul doute gagné de nombreux nouveaux fans.




Sur la Prison une nouvelle guerre s’annonce. En quelques années avec juste deux albums et un live, Evil Invaders s’est fait un nom au sein de la nouvelle génération thrash. Les Belges dynamitent tout sur leur passage et la foule est massée derrière les barrières pour en découdre. Après une courte intro le groupe déboule et la guerre démarre sans sommation. Jöe lance un cri et les pogos partent dans tout les sens. Ce premier titre est d’une rare intensité, thrash mais aussi speed dans l’esprit des années 80 avec des riffs et soli de feu. Le chant aiguisé de Jöe fait son effet auprès d’un public bouillant. L’ambiance est énorme et la suite va être percutante. Avec ‘Mental Penitentiary’, ’Feed Me Violence’ ou ‘Stairway to Insanity’ le groupe frappe dur. Ces titres montrent toute la classe d’un groupe qui a su se hisser au sommet du genre. On ne peut que savourer le meilleur d’un thrash speed avec des parties de guitares incandescentes dans un esprit 80’s. A l’image des grands frontmen meta,l Jöe dégage au micro guitare en main un sacré charisme et contribue largement à mettre le feu. La foule est en fusion, chauffée à blanc elle se déchaîne avec des pogos parmi les plus furieux du week-end. Avec ce concert Evil Invaders a confirmé un talent certain pour un thrash de haute volée. Il montre un énorme potentiel et a ravi un public en nage à la fin de la prestation. Son troisième album sera guetté de près tant on sent qu’il peut faire exploser le groupe à grande échelle.

 

Dans la Swamp le ton va rester thrash mais va partir dans le passé, aux origines du genre. Artillery fait parti des pionniers du genre même s’il n'a pas l’aura des légendes thrash. Depuis leurs débuts en 1982 les Danois ont connu des fortunes diverses avec deux splits et un retour sérieux aux affaires en 2007. Avec à leur tête l’inamovible Michael Stützer, le groupe a trouvé une seconde jeunesse et a proposé de solides albums. La présence au micro de Michael Dahl y a largement contribué. Le groupe est très attendu et dès l’intro avec une ambiance guerrière on sent la foule prête à mettre le feu. Avec ‘The Challenge’ le concert se lance parfaitement, ce classique issu de Terror Squad est d’une énorme intensité. Dahl impressionne par son ton abrasif, portant le groupe de belle manière et dans le public on commence à se remuer. Extrait du dernier album X 'Turn Up The Page' est un excellent moment de thrash teinté de heavy avec un rythme soutenu. Avant ‘By Inheritance’ Dahl balance un bon speech et remue la foule en allant même faire un tour au plus près de la fosse. Le titre fait son effet, rageur et speed c'est une claque de thrash old school. Après un souci technique vite réglé le groupe revient pour continuer à faire mal. ‘Terror Squad’ fait le même effet bœuf sur le public et quelques pogos se déclenchent. Le final avec ‘Khomaniac’ et ‘Beneath The Clay’ est incandescent, ces deux classiques du groupe étant monstrueux de puissance avec une belle force technique. Dahl se montre toujours aussi à l’aise, confirmant qu’il est une énorme valeur ajoutée pour le groupe. Artillery a proposé un excellent concert, il s’est rappelé au bon souvenir des amateurs de thrash.


 

Devant la Prison un autre pionnier s’apprête à prendre possession de la scène. Légende de la NWOBHM Raven c’est plus de 40 ans au service du heavy metal, avec des hauts et des bas mais avec une ténacité qui force le respect. Les frangins Gallagher n’ont jamais lâché l’affaire et récemment avec "Metal City" ils ont montré qu’ils en avaient encore sous le coude. Le trio débarque devant une foule dense sans chichis avec juste un petit back comme décor. D’entrée le groupe balance ‘Take Control’, un de ses classiques. Il est en pleine forme et envoie la sauce avec vigueur. Porté par la voix haut perchée de John, le titre ravit les amateurs d’un heavy droit tiré des années 80. ‘Hell Patrol’ enchaîne à merveille avec la même énergie, Raven est en grande forme en montrant la fraîcheur d’un débutant. Le public apprécie la leçon et derrière avec le groupe va enchaîner deux titres du nouvel album. Force est de constater que ‘The Power’ et ‘Top Of The Moutain’ ne font pas tache face aux classiques. Portées par d’excellents refrains ce sont d’excellents moments de heavy métal. Le public apprécie la leçon et la suite va être savoureuse. Raven se concentre sur ses premiers albums pour le plus grand bonheur des fans. Le quatuor final est explosif, avec ‘Rock Until You ’ en première bonne claque. ‘Faster Than The Speed Of Light’ porte bien son nom et rappelle aux plus jeunes que dans les années 80 la formation était l’une des plus heavy de sa génération. Enfin ‘Chain Saw’ et ‘Wiped Out’ achèvent le concert en beauté avec la même efficacité. Raven a proposé une superbe prestation montrant belle forme et la joie d’enfin retrouver le public. Il confirme qu’il demeure une valeur sure en matière de heavy metal classique.



 

Dans la Swamp un autre grand nom est attendu. Asphyx, c’est plus de 35 ans au service d’un doom death metal implacable de force. Portés par Martin Van Drunen, les Néerlandais sont au top de leur art depuis leur retour en 2007 avec notamment le petit dernier, "Necroceros". Devant une foule dense le groupe débarque dans sur l’instrumental ‘The Quest Of Absurdity’ ; très calme il pose une ambiance glaciale. Martin jauge la foule du regard, la salue, semble se concentrer et lance la charge. Avec ‘The Nameless Elite’ on retrouve un extrait du nouvel album, quine  fait pas dans la dentelle et écrase tout avec force. Martin impressionne avec son ton guttural droit sorti des enfers et au travers d’une belle accélération death le titre fait un effet bœuf. Autre nouveauté, ‘Molten Black Earth’ est toute aussi excellente avec le même alliage entre doom et death avec un Martin au ton abrasif. La fosse commence à bien se remuer et va exploser de belle manière sur un  ‘Death The Brutal Way’ qui porte bien son nom. Le public se prend une tartine de brutalité et apprécie l’intensité du chant d’un Martin possédé. Courte et intense, et portée par un refrain énorme, ‘Deathhammer’ est d’une rare violence. ‘Foreunners Of The Apocalyspe’ se fait écrasante de force et assomme un public ravi. Autre nouveauté, ‘Botos Implosion’ est bouillante,  concentré de violence super rapide qui met le feu. Le final avec ‘The Rack’ et ‘Last One On Earth’ est explosif, ces deux tirés issus des débuts du groupe sont prenants et méchants et achèvent en beauté un public bouillant. Asphyx a collé une grosse baffe. Il a montré sa classe en mixant parfaitement death et doom et confirmé qu’il restait un des patrons du genre.





Après un tel concentré de violence l’arrivée d’Eclipse sur la Prison va permettre de reprendre ses esprits. Le groupe suédois œuvre depuis plus de 20 ans dans un hard rock accrocheur pas loin d’un Pretty Maids ou de Bonfire. Les amateurs de mélodies sucrées sont au rendez-vous et l’ambiance est déjà très bonne quand l’intro retentit. Monté sur ses fûts le batteur motive la foule puis avec ‘Viva La Victoria’ le concert se lance de la meilleure des manières. Le titre est une merveille de hard mélodique portée par un refrain fédérateur, des chœurs typiques et des soli de feu. Erik dégage une chaleur communicative avec un chant puissant et mélodique. Le groupe enfonce le clou avec ‘Battlegrounds’ et ‘Bleed & Scream’, deux tubes dotés de mélodies irrésistibles portés par un formidable Erik, parfait frontman qui s’est mis le public dans la poche avec facilité. Avec ‘Bite The Bullet’ le groupe propose son nouveau single a paraître sur "Wired" prévu pour octobre. Le refrain fédérateur confirme le talent des suédois pour pondre des chansons simples et efficaces. Le public apprécie la leçon et la suite va être toute aussi savoureuse. Après un excellent ‘The Storm’ le groupe propose un autre nouveau titre avec ‘Saturday Night’, chanson aux allure d’hymne avec un énorme refrain rehaussé de chœurs dignes de Def Leppard avec une mélodie remuante. Le final approche, la fête est belle et avec ‘The Downfall Of Eden’ puis ‘Black Rain’ on retrouve deux titres plus posés qui font leur effet. Il y a un côté plus accrocheur efficace avec un superbe travail vocal d’Erik et des parties de guitares pleines de feeling. ‘Never Look Back’ conclut avec un ton rapide et mélodique, autre refrain qui fait chavirer la foule. Eclipse a proposé un concert frais et sympathique, il a ravi le public et a fait honneur au hard rock classique entre deux concerts bien plus costauds.



Dans la Swamp l’ambiance est différente. Marduk c’est plus de trente ans au service du black metal. Là ou certains s’adoucissent le groupe suédois demeure fidèle à ses valeurs, et depuis l’arrivée de Mortuus en 2004 il est devenu de plus en plus haineux et brutal, cela donne des concerts d’une rare intensité où le public ne bouge guère et encaisse des uppercuts. Le concert de ce soir ne va pas faire exception. La formation n’est pas présentée par le duo du festival et déboule directement sur scène. Avec ‘Werwolf’ et en à peine plus de deux minutes le ton est donné. Marduk n’est pas venu pour faire le show, il est venu pour faire mal. Le titre est d’une rare férocité  ‘The Hangman Of Prague’ est tout aussi brutal, en forme de charge black. Il est porté par un Mortuus au ton grave impressionnant et qui transpire la haine et fait peur, les premiers rangs le voyant de près peuvent le constater. Avec ‘Those Of The Unlight’ les débuts du groupe sont à l’honneur. Passé le choc du début le public commence à se remuer et fait un triomphe à la formation. Celle-ci semble impassible et va enchaîner sans un instant de répit à tabasser en proposant un best of de sa carrière. Entre ‘Frontschwein’, ‘Slay The Nazarene’, ‘Viktoria’ ou ‘The Sun Has Failed’ Marduk enfile les perles comme à la parade. Il règne dans la tente une atmosphère glaciale, le groupe fait régner la terreur dans un esprit black metal pur et dur. Le final va achever tout le monde. Avec ‘The Funeral Seemed To Be Endless’ et ‘Christraping Black Metal’ on retrouve toute la majesté du black metal avec une violence brute sans compromis ni volonté de séduire le plus grand nombre. Avec ce concert Morgan, Mortuus et leurs camarades ont assomé leur auditoire, dan le bon sens du terme. Marduk reste sans contestation possible un des plus grands maîtres de l’art noir.


 

Après cette baffe le retour vers la Prison va s’effectuer avec la sensation métallique de ces dernières années, Jinjer. Les Ukrainiens ne cessent de monter en notoriété depuis la sortie de "Macro" en 2019. Portés par leur chanteuse Tatiana et par une musique mixant les influences ils font un carton. Résumer leur style au simple metalcore serait réducteur, il y a aussi du groove, du progressif et un bel équilibre entre brutalité et mélodie. Et il y a Tatiana redoutable en growl et très séduisante en chant clair. Ce cocktail a su séduire au-delà des jeunes générations pour toucher tout les fans de metal. Il y a du monde pour ne pas rater une miette. D’entrée avec ‘On The Top’ Jinjer met tout le monde d’accord. Le groupe est parfaitement au point, on retrouve une technique et un chant impressionnants. Tatiana alterne clair et growl avec aisance et dégage un sacré charisme. Elle remue une foule qui lui mange dans la main . Avec ‘Pit Of Consciousness’ la claque est encore plus forte. La hargne de Tatiana est totale et assure elle assure son chant clair avec classe. Le public lance pas mal de pogos et de slams dans une ambiance torride. Après un coucou souriant de Tatiana le groupe enchaîne  avec ‘Judgement (&Punishment)’. Entre pop sur le chant clair et death metal le titre confirme la force du groupe pour mélanger les ambiances, comme si Pink rencontrait Arch Enemy. Dans la suite avec ‘Ape’, ‘Retrospection’ ou ‘Perennial’ le groupe fait  aussi fort, avec un gros travail mélodique et technique, et Tatiana qui semble à la fois forte et fragile. En fin de prestation on retrouve deux nouveaux singles, ‘Mediator’ et ‘Vortex’. L’accueil confirme que le groupe a gardé sa formule magique intacte. Il ne fait pas de doute que "Wallflowers" sera très attendu. Jinjer a été royal et le succès a été total. Il continue son ascension et semble destiné à aller encore plus haut rapidement





Dans la Swamp changement de programme, initialement prévu Vio-Lence a du annuler en raison de problèmes sanitaires et c’est Freedom Call qui le remplace au pied levé. En matière de speed mélodique le groupe allemand demeure un grand nom qui sait mettre l'ambiance partout où il passe. La tente n’affiche pas complet mais les fans sont là pour accueillir Chris Bay et ses camarades. D’entrée avec ‘Union Of The Strong’ le ton est donné, pur son speed qui renvoie droit dans les années 90. Porté par un refrain efficace et un Bay au top de sa forme, avec un ton mélodique et accrocheur le titre ravit la foule. ‘Tears Of Babylon’ montre la même énergie et la même bonne humeur ; solidement accrocheur et porté par la voix chaleureuse de Bay, le titre est une merveille. ‘Spirit Of Daedalus’ est un titre plus heavy d’une belle efficacité. Avant ‘Sail Away’, Bay remercie le public chaleureusement exprime sa joie d’être là et a un mot sympa pour Vio-Lence. Puis avec ‘M.E.T.A.L.’ et ‘Power & Glory’ le groupe fait un joli carton, il délire bien avec les fans et l’ambiance montre de plusieurs crans avec une franche bonne humeur. ‘Metal Is For Everyone’ est un hymne porté par un refrain fédérateur. Le final avec ‘Warriors’, ‘Far Away’ et ‘Land Of Light’ est réjouissant et donne le sourire. Freedom Call est souvent vu un groupe pour bisounours mais cela fait du bien de l’écouter. Avec ce très bon concert il donné la pêche et le moral à tout le monde et on le remercie chaleureusement pour cela.

Dehors la foule est compacte devant la Prison pour le premier gros nom de la soirée, Doro. La Metal Queen est toujours aussi populaire en Belgique et vient pour la quatrième fois à l’Alcatraz. Chacun attend une bonne rasade de heavy metal portée par la voix puissante de l’Allemande. Le concert va se baser quasi uniquement sur sa carrière avec Warlock avec quelques tubes solo intercalés. Le début sur ‘I Rule The Runs’ est marquant, Doro est souriante et en forme. L’ambiance est excellente avec les fans chantant en chœur les paroles. Le plus rare ‘Three Minutes Warning’, issu de "Triumph And Agony" de Warlock est très plaisant à écouter avec une Doro charismatique. ‘Burning The Witches’ est une baffe en forme d’hymne heavy. C’est aussi le cas d’un ‘Fight For Rock’ qui met le feu à un public ravi de la forme de la chanteuse et de ses musiciens proposant le meilleur du metal mélodique. ‘Raise Your Fist In The Air’ enchaîne à merveille, ce titre solo est toujours aussi fédérateur pour les fans de metal. Après un excellent ‘Hellbound’ Doro et sa bande lancent un ‘Für Immer’ repris par la foule, ce qui donne le frisson avec sa force épique et un excellent refrain en allemand. Le final va être dantesque, Doro balance trois titres solo avec notamment ‘All For Metal’ et ‘Revenge’, taillés dans un heavy de premier ordre. Puis elle achève son monde avec deux derniers titres de Warlock. Le fabuleux ‘All We Are’ est repris en chœur par la foule dans un bel esprit de communion. ‘Metal Racer’ achève en beauté une belle prestation. Dodo a proposé un splendide concert, le meilleur des quatre qu’elle a proposé à l’Alcatraz. La chanteuse était en grande forme, le public gardera sans doute en tête longtemps tout ces refrains et toutes ces mélodies brillantes.




Après ce grand moment, place à Stake ! Passer après une telle prestation n’est pas simple mais les Belges ne vont pas se manquer. Anciennement connu comme Steak Number Eight il dispose d’une solide base de fans et la tente est bien blindée. Entre rock, sludge, post metal et atmosphérique, la formation est délicate à classer mais elle ne laisse pas indifférent. Le concert met du temps à se lancer mais une fois partie la machine ne fait de quartier. ‘Return Of The Kolomon’ regroupe toutes les qualités de la formation. Le titre dégage une belle force mélodique et se montre en même temps puissant. Avec ce premier missile Stake emporte la partie auprès d’un public bouillant. L’ambiance va monter d’un cran avec ‘Gravity Giants’. On y a apprécie la même puissance de frappe avec un chant mélancolique pas loin d’Alice In Chains. Il se dégage de la musique du groupe une force incantatoire et envoûtante et le triomphe est total dans une Swamp chauffée à blanc. La suite va être aussi remarquable et jamais dans la tente l’ambiance ne va baisser d’un cran. Avec ‘Devolution’, ‘Black Fall’ ou ‘Careless’ Stake montre un sacré talent de mixeur d’ambiances. Le final sur ‘Everybody Knows’ est dantesque. Dans une ambiance de feu avec des fans à leurs pieds les musiciens achèvent de convaincre de leur talent. Stake a fait forte impression ce soir, peu renommé dans nos contrées il mériterait d’être largement plus reconnu. Il a ici ravi son monde avec classe.

Dehors c’est un autre gros nom de ces dernières années qui s’avance. Eluveitie c’est une belle carrière au service du folk metal. Malgré les remous, nombre de changements de personnel, notamment en 2016 avec le départ de la chanteuse Anna Murphy, les Suisses tiennent le cap. Chrigel garde la main sur le groupe et a réussi à le relancer avec le récent "Ategnatos" digne des meilleurs disques du début de la carrière. Logiquement la petite troupe attaque avec deux nouveaux titres. Sur scène c’est une petite fourmilière qui s’organise à merveille avec en invitée Carmen Bush au violon. Le public est sous le charme et les deux chansons font leur effet. ‘Ategnatos’ puis ‘King’ sont deux baffes. Le rythme est intense, le growl de Chrigel bien présent et le tout s’accorde à merveille avec les instruments folk. L’ensemble est équilibré entre le côté dansant et le côté puissant. Les passages purement folk sont de qualité et le public apprécie la leçon. Après un speech sympa le groupe retrouve ‘The Call Of The Mountains’. Le violon est en avant avec un chant féminin bien agréable. Ce classique de l’ancienne ère du groupe est toujours aussi pertinent et confirme la bonne cohésion du line-up. Ensuite et sûr de lui Eluveitie balance pas moins de quatre titres récents, extraits de ses deux derniers disques. Force est de constater que ‘Worship’, ‘Artio’ ou ‘Ambiramus’ sont taillés pour la scène avec le même équilibre entre mélodies fortes et passages heavy teinté de death. Le final va retrouver quelques titres plus anciens mais sans négliger le présent. A côté de ‘Havoc’, ‘Helvetios’ et le classique ‘Inis Mona’, toujours aussi efficaces, le groupe propose un très bon ‘Rebirth’. Eluveitie a parfaitement réussi sa transition, le passé semble même loin. Il a fait un joli carton et a montré qu’il restait un des patrons en matière de folk metal.



Dans la Swamp la tête d’affiche est déjà prête. Amenra joue à domicile et avec une si belle place sur l’affiche il confirme l’éclatante santé de la scène métallique flamande. Depuis 1999 la formation belge joue avec les émotions de ses auditeurs au travers d’un doom métal teinté de post hardcore et de sludge. Sous la houlette de Neurosis le groupe a su se créer une belle réputation en studio et sur scène avec une inspiration religieuse égyptienne comme son nom le laisse deviner. C’est dans une quasi pénombre qu'il débarque sur scène et la foule explose dès l’entame sur ‘The Pain. It Is Shapeless. We Are Your Shapeless Pain’. Sur plus de 10 minutes le titre entraîne dans une autre dimension. Entre puissance, mélancolie, rage et tristesse, c'est un voyage au fond de l’âme dans un pur esprit post metal. Au chant Colin impressionne par ses hurlements de damné, il donne le frisson et la foule encaisse ce choc intense. L’atmosphère est recueillie même si quelques bavardages gâchent un peu l’ambiance. Mais dans les premiers rangs chacun apprécie la leçon et savoure un moment hors du temps, qui se poursuit avec ‘Razoreater’ et ‘Am Kreuz’. Ces titres sont tous aussi profonds et accentuent le sentiment de partir vers le lointain. Seuls six titres seront joués, ‘A Solitary Reign’, ‘De Evenmens’ et ‘Diaken’ complétant un tableau noir et envoûtant, sombre et lumineux. Ce concert n’est pas de ceux qu’on regarde en buvant une bière ou en discutant pendant les titres. Il a demandé de la concentration pour bien en profiter et nombreux sont ceux à avoir poussé l’expérience jusqu’au bout. Avec cette prestation Amenra a confirmé son côté à part. Il a hypnotisé son public avec une classe rare et prouvait qu’il était bien l’un des patrons en matière de post metal et très proche du génie de Neurosis.

 

Après cette expérience il reste un morceau pour achever un week-end impeccable : Kreator. En conviant la légende du thrash, l’Alcatraz joue sur du velours : les Allemands sont idéaux pour achever un festival en beauté. Mille Petrozza et ses hommes sont d’un parfait professionnalisme et assomment le public partout où ils passent. Certains esprits chagrins diront que la formation, à l’image d’un Iron Maiden, ne se renouvelle guère et propose des concerts très formatés. Mais au vu de la qualité des prestations il est impossible de faire la fine bouche. Pour ce concert la Prison affiche complet et attend une claque à la hauteur des attentes. Personne ne va être déçu, le début sur ‘Violent Revolution’ est une claque monstrueuse. La douce intro amène l’ambiance et quand le groupe débarque c’est l’explosion. Les lumières sont magnifiques et le feu sur scène fait son effet. Le titre est une tuerie totale, Mille est en pleine forme avec un ton clair et puissant. A ses côtés les musiciens, dont Fred Leclercq à la basse, font le boulot avec une classe énorme. La chanson portée par un refrain splendide et une partie instrumentale de haute volée remue le public. La suite va être aussi royale, l’antique ‘Extreme Aggression’ est une claque totale, le public est en feu et se remue fortement. Le groupe dégage un charisme incroyable, Mille et sa troupe se montrant d’une rare précision. Avec ‘Phobia’ la machine ne se relâche pas, Kreator confirme qu’il est bien le patron. Porté par un refrain énorme la chanson est d’une rare intensité en éclatant tout sur son passage.



La première partie de concert est passée à toute allure et Kreator ne va pas relâcher la pression. Issu de" Gods Of Violence", dernier album du groupe, ‘Satan Is Real’ est devenu un véritable classique. À la fois mélodique et puissant, le titre est porté par un refrain fédérateur repris en chœur et avec de nouveau de la pyrotechnie pour un énorme effet visuel. La suite avec le brutal ‘Hordes Of Chaos’ ne fait pas dans le détail. Avec un autre refrain imparable hurlé par un Mille possédé le titre fait des ravages dans des premiers rangs en fusion. Plus épique et heavy ‘Hail To The Hordes’ est un splendide cri de guerre et de ralliement pour les fans, qui savourent le joli niveau technique du groupe avec notamment un Fred Leclerc déchaîné sur sa basse. Le titre suivant est le nouveau single, ‘666 – World Divided’, paru en 2020, qui n’a pas à rougir de la comparaison avec les classiques. Avant ‘Enemy Of God’ Mille prend la parole pour un long moment. Il harangue la foule avec un charisme certain et remercie chacun d’être là. Le morceau porté par un refrain dantesque est une claque monstrueuse, un véritable hymne qui fait des ravages. Les cotillons sont de sortie et noient la scène et le public. Cette seconde partie de concert s’achève avec l’excellent ‘People Of The Lie’, un nouveau grand moment taillé dans le meilleur d’un thrash pur et dur.



La dernière partie démarre avec ‘Phantom Antichrist’, précédé de son intro ‘Mars Mantra’ le titre est idéal pour lancer la fin du concert. Autre hymne qui fait lever le poing le titre remue un public  en grande forme malgré l’enchaînement des concerts. Avec ‘Fallen Brother’ Kreator lance ensuite son désormais traditionnel hommage aux musiciens disparus - et ces derniers temps l’actualité a été tristement chargée. Mille évoque Neil Peart, Joey Jordison, Alexi Laiho ainsi que Lars Petrov et Riley Gale. Le titre, toujours aussi fort émotionnellement, est plus mélodique et délivre quand même d’une belle puissance avec un refrain qui donne le frisson et un solo de haute volée. Le final du concert est très classique mais irrésistible. Sous les cotillons ‘Flag Of Hate’ est toujours aussi puissant. Vénérable représentant du début du thrash des années 80 le titre est une tarte totale. Le public reprend en chœur le refrain et Mille réclame des circle pits très souvent, et les premiers rangs ne se privent pas pour se déchaîner. Enchaîné directement c’est ‘Pleasure To Kiill’ qui achève les hostilités. Mille harangue une dernière fois le public pour qu’il hurle “To Kill”. Puis le titre fait un carton avec un autre énorme refrain et un visuel fort avec le décor, les lumières et des panaches de fumée. La chanson achève en beauté un véritable feu d’artifice thrash. Kreator reste le patron du genre et semble parti pour le rester encore longtemps, défiant le temps avec une classe folle.


Cette belle prestation achève en beauté et avec un feu d’artifice un week-end de folie. Le pari pouvait sembler risqué mais il a été une remarquable réussite. Les organisateurs ont eu le courage de persister et il faut chaleureusement les remercier pour cela, tout comme la ville de Courtrai. Cela prouve que les grands festivals ont un avenir, et on croise les doigts pour que d’autres se lancent eux aussi dans cette nouvelle aventure. Il nous reste à remercier Bernard De Rimacker pour nous avoir permis d’assister à cette belle fête et remercier également toutes les équipes qui ont permis à l’Alcatraz de revenir à la vie.



Plus d'informations sur http://www.kreator-terrorzone.de/
 
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