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TITRE:

Alcatraz Festival 2021 - Courtrai- Jour 2 - 14 Aout 2021


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

HEAVY METAL



Pour sa deuxième journée le festival Alcatraz continue sur sa lancée avec une belle variété de genres et en point d'orgue un Heilung très attendu.
NOISE - 08.09.2021 -
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La première journée du festival Alcatraz a été une réussite à la fois logistique et artistique. Les organisateurs ont gagné un pari peu évident, mettre les 10 000 spectateurs dans l’ambiance du monde d’avant. Cela a donné de très bons concerts et cette journée du 14 août s’annonce aussi riche, présentant une grosse variété de styles avec en point d’orgue une tête d’affiche différente des habitudes des festivals metal.

Il est tôt quand les hostilités débutent, le programme est en effet chargé et Dyscordia déboule sur la Prison dès 11h tapantes.  Le groupe originaire de Courtrai joue à domicile et bénéficie du soutien inconditionnel d’une armada de fans. Le site est déjà bien rempli sous le soleil et avec la même bonne humeur palpable. Bien connu des lecteurs de Music Waves, Dyscordia propose un metal progressif de tout premier ordre et a sorti début 2020 un "/Dewrite" de qualité. C’est avec ce titre que le groupe lance son concert. Porté par un riff costaud et un bon clavier il est une bonne mandale de metal progressif dans la lignée de Symphony X, avec un parfait duo vocal entre growl et chant clair maîtrisé. Le succès est au rendez-vous et la suite va se faire aussi plaisante. Avec ‘Bail Me Out’, ‘The Curse of Mediocracy’ ou ‘Castle High’ le groupe montre une belle aisance à mixer puissance et mélodies imparables. La technique des musiciens est au top avec des soli ébouriffants. Dyscordia a ravi son public dans une excellente ambiance, il confirme toutes ses qualités et a joliment lancé la journée.

e programme de la Swamp débute avec Necrotted.  La formation allemande a vu le jour en 2008, elle délivre un deathcore typique et a déjà proposé quatre albums. Le genre, par son côté un peu trop mécanique, est souvent décrié mais force est de reconnaître qu’en live cela donne des prestations explosives. Et c’est bien ce qu’un large public attend de ce concert, une guerre totale pour lancer des pogos dans tout les sens. Il va être servi, d’entrée le groupe défonce tout de belle manière. La batterie fait office de mitraillette, le rythme est intense et le chant hurlé de Fabian fait son effet avec une incroyable rage. La foule explose au rythme énorme imposé par un groupe qui ne tient pas en place. Avec ‘No War But Class War’ le rythme ne ralentit pas, au contraire ce titre plus death fait mal aux gencives. Puis le rythme va s’accélérer avec une intensité incroyable, le groupe fait taire les sceptiques. Au milieu de cette guerre un titre comme ‘Compulsory Consumption’ a fait impression. Necrotted a envoyé la poudre  sans pitié, et a assommé un public qui se s’est remué comme rarement.

 

Avec Spoil Engine nous retrouvons une formation belge de death mélodique qui grimpe les échelons - le groupe a notamment joué à Wacken en 2018. Porté par sa chanteuse Iris, il propose une musique puissante qui ne fait guère de quartier. Présentant un décor soigné le groupe est très attendu. Avant même l’intro du concert Iris déboule sur scène et chauffe un public qui a envie de se remuer. Puis avec ‘Unlock And Release’ la sauce est envoyée avec intensité. Iris hurle avec rage et embarque les premiers rangs dans des pogos endiablés. Avec ‘R!OT’ le groupe appuie sur l’accélérateur, Iris est déchaînée et remue une foule qui enclenche de jolis slams. A ses côtés les musiciens tissent un bel ensemble death mélodique digne d’un Soilwork ou de Arch Enemy. Avec ‘Hollow Crown’ le groupe montre la même efficacité, puis ‘Frostbite’ propose un titre plus nerveux et moderne d’une redoutable puissance. Porté par un excellent refrain ‘Venom’ est une bombe death mélodique qui met le feu au public. Le concert approche de son final et il va être intense, ‘The Hallow’ ou ‘Disconnect’ se montrant d’une sacrée force avec une Iris à l’aise aussi bien en growl qu’en chant clair nerveux. Avec cette belle prestation Spoil Engine a confirmé un talent certain en matière de death mélodique. Il a mis une claque à un public ravi de la recevoir.

Dans la Swamp Ryker’s s’apprête à mettre le feu. Vétéran de la scène punk hardcore (1992) originaire d’Allemagne, le groupe se place dans la lignée d’Agnostic Front ou Sick Of It All dans un pur esprit new-yorkais. Les organisateurs ont eu le nez creux en allant chercher un groupe qui sait bouger une foule. Car c’est bien un vent de folie qui va planer sous la tente. L’introduction empruntée à Rambo donne le ton, la tempête se rapproche. Et dès l’entame tout explose, la foule lance un pit énorme et les premiers rangs se transforment en ring. Chacun savoure un pur hardcore hyper-efficace. Au micro Dennis est incroyable de hargne avec un ton abrasif. La suite sera toute aussi furieuse, on ressent la rage du hardcore avec un côté punk remuant. Dennis par son charisme en impose et ses appels au jump sont entendus dans une fosse en fusion. Ryker’s a donné une énorme prestation dans une ambiance incroyable. La tarte donnée par le groupe a laissé des traces sur un public qui ne s'est pas économisé un instant.

En à peine 5 ans les Suissesses de Burning Witches ont accompli un sacré parcours. Dans le vent de la nouvelle génération heavy metal elles ont tout bousculé avec déjà 4 albums au compteur. Il y a  du monde devant la Prison pour accueillir Laura Guldemond et ses comparses. Le décor soigné est aux couleurs du petit dernier récemment sorti et le concert se lance avec l’intro épique ‘Winters Wrath’ suivi d' ‘Executed’ sur un ton purement power mélodique, Laura est en forme et grimpe haut dans les aigus sur l'excellent refrain. A ses côtés ses comparses balancent riffs et soli dans l’esprit du genre. Avec ‘Wings Of Steel’ on retrouve la même idée heavy old school. Certes il n’y a rien de bien neuf mais le tout est efficace avec une belle force épique et un solo de feu. Laura fait un coucou sympa à la foule et enchaîne avec un ‘We Stand As One’, extrait du nouvel album. Porté par un refrain fédérateur, c' est un tube appelé à devenir un habitué des concerts. Après une petite pause le groupe revient et enchaîne avec ‘Hexenhammer’ et ‘The Witch Of The North’, deux autres claques de heavy mélodique. Après un speech sympa on retrouve le puissant ‘Flight Of The Valkyries’ pour un résultat sympathique. Le final avec ‘Black Widow’, ‘Burning Witches’ et le rappel ‘Lucid Nightmare’ est tout aussi efficace dans un pur ton power metal. Burning Witches a proposé une prestation de qualité porté par une chanteuse sympathique et accessible - son petit tour aux barrières a fait son effet. Le groupe semble avoir les armes pour se faire une belle place dans la hiérarchie heavy metal.

Dans la Swamp se présente Funeral Dress, groupe belge qui est un vétéran de la scène street punk. Depuis 1985 il a bien vécu avec pas mal d’albums et de concerts en restant totalement fidèle à l’esprit du genre. Seul groupe punk à l’affiche, il s’apprête à lancer une belle cohue dans une tente remplie de fans prêts à en découdre. Après une courte intro décalée sur le 'Final Countdown' d’Europe, le groupe déboule et la lance la sauce sans perdre de temps. Entre les crêtes rouges et le logo présentant le symbole de l’anarchie il n’y a guère de doute sur l’identité punk. On sent le groupe motivé et aussi amusé de jouer dans un festival métal. Après un premier titre instrumental remuant, la fosse sautille déjà dans tout les sens, Dirk débarque et la folie commence. La tente se prend une décharge de punk old school sorti des années 70. L’ensemble est mélodique et entraînant et la tente s’embrase, le public saute dans tout les sens dans un pur esprit punk. Les titres s’enchaînent à toute allure et au milieu de cette folie on retiendra  ‘Party On’ et ‘Hello From The Underground’, véritables hymnes qui ont fait leur effet en forme de décharge d’énergie. La présence de Funeral Dress était décalée par rapport à l’affiche globale mais le groupe par sa fraîcheur et son dynamisme à convaincu son monde en beauté et fait un joli carton.

Dehors l’ambiance est chaude pour un groupe très attendu, la foule est très dense devant la Prison et chacun guette l’arrivée de Fleddy Melculy. Peu connu chez nous, le groupe belge est un phénomène dans son pays. Parti d’un délire avec un nom totalement décalé le groupe a explosé à grande échelle avec son single ‘T-Shit Van Metallica’. Avec l’intro sur le ‘We Will Rock You’ de Queen et les bruits de ring le ton est donné. Et avec ‘Fuck Uw Vrienden’ il lance une première bombe. Taillé dans un thrash digne de Machine Head ou Slipknot le titre fait un carton auprès d’un public en furie avec son lot de "fuck" dans tout les sens. ‘Feestje In Uw Huisje’ est tout aussi costaud. Ce croisement entre thrash, néo metal et hardcore est explosif et déclenche nombre de pogos. Le groupe joue avec un public qui lui mange dans la main et balance des bombes qui font leur effet. ‘Geen Vlees Wel Vis’ est un concentré de néo thrash porté par le chant hurlé de Jeroen. Parfait frontman il entraîne le public avec charisme et contribue à cette ambiance folle. Suit un ‘Ik Ben Kwaad’ au ton  tout aussi costaud et l’ambiance vire à la folie avec un énorme wall of death lancé dans une foule en furie. Avec ‘Stop!’ on retrouve un monstre de puissance dans un esprit néo metal porté par des musiciens efficaces. ‘Niks’, Introduit de manière fun, a des airs d’hymnes avec un refrain imparable dans un esprit néo thrash. ‘Freedie’ est un autre délire avec des couplets rap et un ton thrash décapant qui déclenche des pogos et des slams, et le final va achever la foule en beauté. ‘T-Shirt Van Metallica’ est un tube fédérateur qui met une ambiance incroyable avec une face hardcore décapante. Fleddy Melculy a fait un carton, il laisse le public lessivé et heureux et confirme son énorme montée en puissance.

Après cette tempête la Swamp accueille Omnium Gatherum. La formation finlandaise œuvre depuis 1996 dans un death mélodique teinté de progressif. Il a proposé des albums très forts, notamment le petit dernier, "The Burning Cold", joyau puissant et mélancolique. La formation manque de notoriété et la retrouver bien placée sur l’affiche est une belle opportunité. Devant une foule fournie le groupe ne va pas rater cette occasion de se faire connaître. Après une douce introduction très mélancolique totalement dans l'esprit nordique, le groupe débarque avec ‘The Unknowing’. On savoure un pur death mélodique avec une belle face sombre, le tout porté par la voix pure et puissante de Jukka Pelkonen. A la puissance s’ajoute une belle profondeur d’âme et un bon côté mélodique au travers d’un excellent solo. ‘Gods Go First’ enchaîne dans un esprit plus musclé et fait son effet auprès d’un public attentif. Les riffs et solo sont de toute beauté, à la fois puissants et mélodiques, et au chant Jukka excelle et montre un charisme certain. La suite est toute aussi excellente avec ‘Rest In Your Hearts’ puis ‘Frontiers’ deux autres baffes de death mélodique dignes de la scène suédoise. ‘New World Shadows’ est toute aussi plaisante avec un chant growl efficace, un clavier bien mis en avant et un autre riff mélodique impeccable. Le final s'annonce avec ‘Be The Sky’ et Skykline’. La première montre une belle puissance de frappe pas loin du In Flames des années 90, et la seconde achève le concert avec la même efficacité. D’un refrain prenant à une mélodie imparable le titre est une réussite totale qui ravit le public. Omnium Gatherum a proposé une excellente prestation, il a confirmé un grand talent et on lui souhaite d’obtenir la reconnaissance qu’il mérite amplement.

Sur la Prison nous retrouvons Seven Witches ; la formation américaine a vu le jour à la fin des années 90 en pleine période de renouveau heavy metal à l’initiative du guitariste Jack Frost. Depuis, le groupe a connu des fortunes diverses avec des hauts et des bas mais tient le coup malgré des albums récents passés inaperçus. A côté de Frost on retrouve le chanteur James Rivera revenu dans le groupe depuis 2019. La bande est attendu par un public curieux de voir ce nom peu fréquent en live. Avec ‘Dance Of The Dead’ le groupe entame son concert de bonne manière. Musicalement, Frost et ses camarades sont au top, ils tissent un ensemble power heavy de qualité avec la basse en avant. Rivera a gardé une bonne forme, peut-être moins efficace qu’avant mais gardant une capacité certaine à monter dans les aigus. Tout cela est efficace et ravit un public attentif. Frost remue la foule et lance un ‘Apocalytic Dreams’ qui dépote. Rivera va aussi chercher le public avec motivation et derrière ‘Mental Messiah’ fait un carton. Le groupe monte en puissance et ce titre épique impressionne avec un refrain efficace. ‘Metal Asylum’ enchaîne, Rivera l’a parfaitement introduit, on a vraiment senti son bonheur d’être sur scène face à un vrai public. Le titre rend hommage aux grands du heavy et est une claque avec une prestation de feu de Frost à la guitare. ‘Fields Of Fire’ est un bon moment de power metal avec un Rivera au ton plus criard dans l’esprit du genre. Avant ‘Passage To The Other Side’ Rivera annonce un nouvel album; ce long titre essentiellement mélancolique et posé  est un grand moment de heavy mélodique classieux avec une belle charge émotionnelle. Pour ‘Metal Tyrant’ le groupe a un invité, Wade Black qui chantait le titre sur disque. Le duo marche bien sur ce titre heavy, Black suppléant un Rivera un peu à la peine sur les passages haut perchés. Enfin on retrouve avec ‘Lights Out’ une reprise d’UFO. L’hommage de Rivera au groupe et au hard rock en général avant la chanson a été très sympathique, puis la reprise énergique a montré un refrain imparable et des parties de guitares parfaitement interprétés par un Frost qui finit le titre dans la fosse photos au plus près du public. Seven Witches a proposé un excellent concert frais et dynamique en jouant la carte de la sécurité sur sa set list, mais il a ravi les amateurs de heavy metal. Il sera intéressant de voir ce que le groupe pourra proposer sur son nouvel album et s'il peut confirmer les promesses entrevues sur ce concert.

Dans la Swamp le temps est venu de retrouver une formation belge, Bizkit Park. Comme son nom le laisse deviner, le groupe est un tribute band qui rend hommage à Linkin Park et Limp Bizkit mais aussi à toute la génération néo metal. Il est un peu étrange de retrouver un tribute en plein milieu d’affiche mais au vu de la masse de fans qui remplit la Swamp on peut comprendre le choix des organisateurs : l’ambiance est énorme dans la tente, les fans sont au taquet et font un triomphe au groupe quand il débarque. Le look des musiciens est totalement dans l’esprit des années 90 avec les survêtements Adidas de sortie . La nostalgie joue à fond, pas mal de fans replongent dans leur enfance métallique et l’époque dorée du néo metal. D’entrée de jeu l’ambiance est chaude, le groupe va chercher un public qui lui mange dans la main. Avec ‘Down With The Sickness’ de Disturbed en entrée il le chauffe à blanc. Force est de reconnaître que le groupe maîtrise son art, ses deux chanteurs sont en parfaite harmonie et musicalement l’ensemble se montre à la hauteur des originaux. Par la suite avec en vrac ‘Rollin’ et ‘In The End’ de Linkin Park, ‘My Last Resort’ de Papa Roach ou encore ‘My Way’ de Limp Bizkit et ‘Chop Suey’ de System Of A Down le groupe met le feu à un public qui saute dans tout les sens et lance nombre de slams. Bizkit Park a été une belle récréation, il a fait un sacré carton et a ravi les amateurs d’un son qui a durablement marqué la scène metal mondiale.

Dehors, une nouvelle guerre s’annonce avec l’arrivée de Destruction. Ce pilier du thrash allemand ravage les scènes depuis près de 40 ans et garde une forme olympique avec à sa tête un indéboulonnable Schmier. Ceci est d’autant plus vrai que récemment Mike Sifringer a quitté le groupe après de 38 ans de présence. Cela n’a pas ralenti le groupe, Martin Furia a intégré le groupe et la petite troupe est vite repartie sur les routes. La foule est dense devant la scène et les thrasheurs sont prêts à en découdre. Après une intro en forme de calme avant la tempête le quatuor débarque et fait mal avec ‘Curse The Gods’. Extrait de "Eternal Devastation" le titre est une claque. Le rythme est intense, Schmier en impose derrière sa basse, il hurle comme un damné et balance quelques petits cris typiquement thrash. Le public se déchaîne et ‘Death Trap’ qui enchaîne est tout aussi percutante. Le rythme est intense et chacun apprécie ce pur déferlement de thrash à l’allemande. Le groupe ne perd pas de temps et balance l’énorme ‘Nailed To The Cross’. Porté par un refrain énorme, le titre déménage tout. Seul titre vraiment récent, extrait du dernier album, ‘Born To Perish’ n’a pas à rougir face aux classiques joués, porté par un bon refrain et un chant moins hurlé . Avec ‘Mad Butcher’ on retrouve ensuite un autre monument du thrash qui fait des ravages dans la fosse avec son ton rentre-dedans et le chant criard d’un Schmier très motivé. D’ailleurs on sent sa joie de retrouver la scène dans son speech précédant ‘Life Without Sense’. Cet autre vieux titre est tout aussi efficace et puissant avec une partie instrumentale de haute volée. Le final approche, il y a d’abord ‘Total Devastation’ qui porte bien son nom et qui remue la foule de belle manière. Enfin après un dernier speech félicitant le public et les organisateurs, Schmier annonce un autre vieux classique avec ‘Bestial Devastation’. Le titre est parfait pour achever cette furie avec de nouveaux de gros mosh pits au programme. Destruction a joué la carte de la sécurité avec ce concert mais au vu des nombreux moments de bravoure proposés, personne ne lui en fera le reproche. Il a été à la hauteur de sa réputation avec une hargne et une envie énormes.



Dans la Swamp c’est un autre grand nom qui débarque. Dark Tranquillity, c’est 30 ans de carrière au service du death mélodique. Récemment avec "Moment" il a confirmé qu’il restait au plus haut. La tente est bien garnie et quand le groupe débarque c’est une belle explosion. Les plus avertis remarquent d’entrée l’absence des piliers Anders Jivarp et Anders Iwers (le groupe le confirmera le lendemain). Les deux ont quitté le groupe, remplacés par Joakim Strandberg Nilsson et Christian Jansson. Ce coup de tonnerre ne va pas gâcher le concert, le groupe semble même déjà soudé autour de son dernier pilier, Mikael Stanne, tout sourire et en pleine forme. D’entrée Dark Tranquillity balance deux titres du nouvel album, ‘Phantom Days’ et ‘Transient’. On y retrouve le meilleur du groupe avec un Stanne parfait en growl et en clair et des parties musicales taillées dans le meilleur du son suédois. Avec ‘Monochromatic Stains’ le groupe fait plaiosir au public bien chaud. Stanne montre une joie sincère d’être sur scène et le titre porté par le clavier est un classique dont on ne se lasse pas. Avec ‘Forward Momentum’ le groupe revient vers "Atoma", le titre est une pure merveille mélodique et prenante avec des accélérations bien placées. ‘Terminus (Where Death Is Most Alive)’ s’impose ensuite comme un autre grand moment avec une grosse force de frappe death qui fait mal. Ensuite 4 titres récents vont s’enchaîner. Ce choix courageux est à saluer et est une belle preuve de la confiance du groupe en son répertoire. ‘Dark Unbroken’ et ‘Identical To One’ de "Moment" sont irréprochables, la première est nuancée et prenante tandis que la seconde fait mal avec un gros côté puissant. Extraites d’Atoma, ‘Atoma’ et ‘Encircled’ suivent un schéma identique, la mélancolie de la première touchant à l’âme tandis que la deuxième colle une baffe à un public bien chaud qui apprécie le rythme intense. Le final va être royal : avec ‘Thereln’ le groupe revient vers "Projector" et fait un carton avec sa force mélodique, notamment par un refrain fabuleux. ‘Lost To Apathy’ et ‘Misery’s Crown’ finissent le concert en beauté en classiques du death mélodique, achevant de ravir un public enchanté de cette prestation. Dark Tranquillity a proposé une prestation royale, il a brillé en jouant essentiellement des titres récents. Il confirme qu’il demeure un des patrons de la scène death mélodique.

La Prison accueille Orden Ogan, les Allemands avaient fait un carton en 2018 avec un power mélodique de haute volée. Depuis le groupe a proposé "Final Days" qui a confirmé sa force pour une musique puissante et accrocheuse avec le soin de la mélodie qui fait mouche. La foule est au rendez-vous et dès l’intro le ton est donné, son côté épique met dans l’ambiance. Puis avec ‘F.E.V.E.R.’, le groupe balance un classique pour démarrer. Porté par un Seeb au timbre de voix toujours aussi pur et puissant il est un concentré de métal mélodique au refrain imparable doté d’une belle force épique. L’entame est exemplaire et le public réserve un accueil chaleureux à la formation. ‘In The Dawn Of The Al’, une nouveauté, est réjouissante avec un gros rythme et une mélodie imparable. ‘Sorrow Is Your Tale’ confirme la classe du groupe pour proposer des titres aux allures d’hymnes, chacun apprécie le côté frais et enjoué d’une chanson digne du meilleur d’un Helloween. Avec ‘Come With Me To The Other Side’ le groupe dégaine un de ses plus gros titres. Entre son début très calme, son refrain imparable et sa cavalcade speed il est une claque qui fait mouche. ‘Forlon And Forsaken’ confirme le talent du groupe pour les mélodies avec un Seeb au sommet de son art avec une belle capacité à monter haut sans forcer. La dernière partie du concert va mettre à l’honneur le nouvel album. Amené de manière fun et délirante ‘Inferno’ est un tube total, immédiat, rapide et mélodique qui fait un carton. ‘Heart Of The Android’ et ‘Let The Fire Rain’ sont aussi réussies avec encore des refrains épiques imparables. Entre ces deux titres le côté épique va bien ressortir avec ‘Gunman’, titre  devenu un classique du groupe porté par un autre refrain imparable et une mélodie en or. Le final arrive va être marquant, ‘The Things We Believe In’ est tout aussi bon avec sa facette calme parfaitement liée à un côté puissant porté par le chant de Jess. Orden Ogan a proposé une prestation de haute volée, il a ravi le public avec une fraîcheur et une sympathie communicatives.



Les grands noms s’enchaînent comme dans un tourbillon et il faut garder la tête froide pour ne rien perdre de ce programme royal. Car dans la Swamp un maître du death metal s’annonce : Hypocrisy c’est 30 ans au service du death metal avec à sa tête le légendaire Peter Tägtgren. Le groupe n’a rien sorti de neuf depuis 2013, Peter étant toujours fort occupé avec plein de projets, mais il demeure une valeur sûre qui n’a jamais cessé de tourner, il avait d’ailleurs impressionné ici même en 2019. Pour l’occasion la tente est de  nouveau rapidement blindée. Avec l’intro classique sur le ‘Rock 'n' Roll Train’ d’AC/DC l’ambiance est toute de suite brûlante, puis le concert se lance avec l’intro de ‘Fractured Milenium’, titre qui défonce tout de belle manière en pur concentré death metal porté par des musiciens au top et par un Peter en grande forme qui éructe avec un ton caverneux caractéristique. 'Valley Of The Damned’ est tout aussi savoureuse, le patron donne la leçon et envoie une claque monstrueuse à un public motivé. ‘End Of Disclosure’ est encore plus décapante, la violence dégagée est jouissive et l’intensité est énorme. Même si la set list est quasi la même qu’en 2019, elle est tellement imparable que personne ne se plaint. Car se prendre un ‘Adjusting The Sun’ dans les gencives reste un sacré plaisir tant le titre demeure un classique du death metal. Et la suite va être monstrueuse. Entre un ‘Eraser’ impressionnant de force et le medley avec notamment ‘Penetralia’ et ‘Pleasure Of Molestation’, le groupe ne faiblit pas et tabasse avec une facilité déconcertante. Il dégage un énorme charisme avec un côté glacial renforcé par les lumières bleutées. Après un énorme ‘Fire In The Sky’ la dernière ligne droite se lance avec ‘The Final Chapter’. A la fois puissant et écrasant de force, le titre fait un carton et remue la foule, le chant plus posé d’outre-tombe de Peter faisant son effet. ‘Roswell 47’ et son intro finissent le travail. Le titre a cette majesté et cette pureté death metal qui fait un effet monstre. Hypocrisy a confirmé qu’il demeurait l’un des patrons du genre avec une prestation énorme qui restera dans les grands moments du week-end.



Dehors un autre grand nom s’annonce, Udo est sur la Prison, nom pas avec son groupe U.D.O. mais sous le nom de Dirkschneider pour un concert se basant sur le répertoire d’Accept. Le chanteur allemand continue ces concerts bien qu’il ait annoncé il y a déjà quelque temps ne plus pouvoir le faire. Cela étant chacun va vite pardonner l’oubli de cette promesse. L’intro sur un titre de ZZ Top met une belle ambiance. Dans la pénombre naissante Udo et ses camarades lancent un énorme ‘Starlight’. Le chanteur est en pleine forme avec sa voix éraillée et prenante. Les musiciens sont au niveau de ce classique, la paire de guitaristes fait un travail remarquable et à la batterie Sven le fils d’Udo est un parfait bûcheron qui ne ménage pas ses fûts. Udo motive une foule conquise et la suite va être un festival de classiques. Entre ‘Livin’ For Tonight’, ‘Midnight Mover’ puis ‘Restless And Wild’ et ‘Son Of A Bitch’ le groupe fait un tabac et nous rappelle qu’Accept est un monument du metal. L’intro de ‘Princess Of The Dawn’ en impose, et le titre toujours aussi épique fait chanter la foule. Le très rock’n’roll ‘Up To The Limit’ est réjouissant, la forme d’Udo fait plaisir à voir, le chanteur garde une sacrée puissance et semble infatigable. Le final va être grandiose, avec ‘Metal Heart’, ‘Fast As A Shark’ et ‘Balls To The Wall’ on retrouve trois monuments du heavy metal qui n’ont pas pris une ride. Tout le monde aurait signé pour un concert plus long mais le plaisir ressenti fait oublier cela rapidement. Avec Dirkschneider Udo a montré qu’il n’oubliait pas son passé et que même parfois il sonnait plus vrai que l’orignal. Il a signé une splendide prestation.



La Swamp achève sa programmation avec une autre légende, Emperor. Cela fait quelques années qu’Ihsahn et Samoth font revivre le groupe sur scène pour le plus grand bonheur des fans. Ils jouent la carte nostalgie 20 ans après le dernier disque studio et le plaisir de retrouver des titres figurant au panthéon du black métal reste intact. La tente affiche logiquement complet et chacun attend la leçon. D’entrée l’intro pose l’ambiance, puis le groupe débarque sur ‘In The Wordless Chamber’. Dans la pénombre, juste éclairés par quelques lumières bleues, les musiciens dégagent un charisme glacial certain. Ihsahn impressionne particulièrement, entre son chant et son jeu de guitare il est au top de son art et la chanson fait son effet. On y retrouve toute la majesté du black metal avec une intensité qui scotche le public. L’ambiance est énorme, la suite va être somptueuse. Le groupe enchaîne pas moins de quatre titres de son chef-d’œuvre "Anthems To The Welkin At Dusk". L’enchaînement entre ‘Thus Snake The Nightspirit’, ‘The Loss And Curse Of Reverence’, ‘The Acclamation Of Bonds’ et ‘With Strenght I Burn’ est monumental. Emperor prouve qu’il est digne de son patronyme, Ihsahn est en grande forme et chante avec conviction. On ne peut que savourer en parallèle la force musicale de l’ensemble. La maîtrise des musiciens est totale, ils délivrent le meilleur d’un black épique et incroyablement puissant. Unique extrait de "IX Equilibrium", ‘Curse You All Men!’ est une autre claque, plus complexe et teinté d’un esprit progressif il rappelle à quel point Emperor a marqué le genre en juste 4 albums. Dans ces albums il y a "In The Nightside Eclipse", pierre angulaire du black metal. Pour achever un public en transe le groupe balance les trois derniers titres de l’album, 'I Am The Black Wizards', ‘The Majesty Of The Nightsky’ et ‘Into A Satana’. Le moment est magique et transporte dans le meilleur du black metal avec toujours une folle intensité. Enfin ‘Ye Entrancemperium’ conclut ce concert splendide en beauté, puissant et épique il colle le frisson à un public envoûté. Emperor est venu et a vaincu, le groupe a fait honneur à sa légende en proposant une prestation splendide qui a marqué les esprits.

Il reste un groupe pour terminer une journée bien remplie. En invitant Heilung les organisateurs ont tenté un sacré pari. Bien loin du metal, la formation est une expérience musicale et artistique. Autour de musiciens venant du Danemark, de Norvège et d’Allemagne elle œuvre dans le folk et s’inspire des histoires du moyen-âge du Nord de l’Europe de l’ère viking. En très peu de temps le groupe a conquis avec des performances unanimement saluées. Car chaque concert est comme une représentation théâtrale avec à sa tête un trio formé par Kai, Maria et Christopher. A la fois chanteurs et percussionnistes le trio est entouré de nombreux musiciens. Le début du concert dans la pénombre avec une foule attentive et silencieuse va être impressionnant pour qui découvre la formation. Tout un cérémonial se met en place dans la fumée et l’encens. Le trio de chanteurs arrive et se met en cercle avec les musiciens main dans la main pour une prière dans un esprit tribal et mystique. La corne de brume se fait entendre et ‘In Maidjan’ se lance. Le titre est prenant avec les chœurs et les chants d’un trio habité par son art. En robe blanche et les yeux cachés Maria impressionne avec un sourire envoûtant et un ton très pur. Ses deux compères torses nus et peints font forte impression aussi avec des chants plus tribaux. La plongée hors du temps continue dans la pénombre avec le trio à capela. Les instruments anciens amènent l'ambiance folk. Maria colle encore le frisson à une foule comme hypnotisée avec un chant venant d’ailleurs d’une rare beauté.

Avec ce long titre introductif Heilung a mis le public en condition. Le spectacle va prendre de l’ampleur avec ‘Alfadhirhaiti’. Après un cri de loup lugubre des guerriers avec lances et boucliers débarquent. Torses nus et peints, composé d’hommes et de femmes, la troupe en impose en fond de scène. Le titre est tribal avec les chœurs des guerriers avec à leurs côtés Kai et Christopher déchaînés en véritables maîtres de cérémonie. Tout ce petit monde se met à danser frénétiquement pour un effet envoûtant. Les guerriers quittent la scène et ‘Krigsgaldr’ se lance. Il reste juste une guerrière sur scène avec son bouclier comme instrument de percussion. Porté par une mélodie traditionnelle le titre est une incantation porté par le chant de Maria. Le rythme est assez lent, il pose une ambiance sombre et mystique porté par un trio possédé. ‘Hakkerskaldyr’ est l’occasion d’un autre cérémonial. Les guerriers reviennent autour d’un étendard, tapent avec leurs lances et chantent en chœur, le public est fasciné et acclame le groupe. Derrière dans une lumière bleutée la cérémonie s’achève autour d’une danse sous le son des percussions. Puis Maria fend la troupe et lance ‘Othan’. Elle chante au milieu des guerriers, visuellement l’effet est splendide et son chant transporte encore. Très prenant il s’achève avec une nouvelle cérémonie, l’ensemble est prenant et dans la foule personne ne perd une miette du spectacle.



La dernière partie débute avec ‘Traust’. Heilung va monter d’un cran niveau mise en scène. Les guerriers forment une haie d’honneur avec les boucliers à terre, on entend un chant chuchoté mystique, et en parallèle Maria hypnotise. Sur le devant de la scène une guerrière s’avance, sous le bruit des percussions, une cérémonie d’intronisation est entamée. La guerrière est attachée avec sa lance et une corde est pendue à son cou. Elle est comme mise à mort puis relevée par Maria. Tout cela scotche son monde et confirme le talent du groupe pour faire revivre un passé lointain. Après ce moment fort le final se lance avec ‘Elddansurin’. Le feu est de sortie sur des torches, le délire mystique reprend, tout le monde danse et le trio vocal impressionne encore . Tout cela prend à l’âme et le retour de la guerrière avec des torches enflammées est très fort visuellement. Le public acclame, et la fin avec le très long ‘Hamrer Hippyer’ va être énorme. Le début est calme avec une lumière bleue clignotante, Maria est les autres assurent aux percus et le titre prend une folle dimension quand les guerriers et les choristes se mettent à danser en état de transe. Certains finissent même dans la foule en slamant, le côté incantatoire de la chanson impressionne. Les chants sont toujours aussi prenants et la force d’âme dégagée est énorme. Le titre se termine doucement, le groupe est acclamé et salue son public comme au théâtre avec les guerriers restés sur scène dégageant un rare charisme. Heilung se retire avec un feu d’artifice qui éclate pour le bonheur de la foule. Il a proposé une intense prestation, envoûtante et mystérieuse, parfaitement mise en scène. La troupe a gagné son pari et séduit un public de métalleux sous le charme de Maria et de ses camarades. Ce concert hors du temps boucle en beauté une splendide journée et chacun repart impatient d’en savourer une dernière qui s’annonce toute aussi riche.



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DERNIERE CHRONIQUE
HEILUNG: Futha (2019)
4/5

Plongée dans la nuit des temps, dans les profondeurs d'un passé reculé, "Futha" est une œuvre aussi belle que caverneuse, qui brille de lueurs martiales et hypnotiques.
 
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