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TITRE:

HENRI DES (10 DECEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Music Waves vous plonge directement dans votre enfance en allant à la rencontre du barde suisse préféré des enfants. Henri Dès a choisi de donner un petit coup de vernis rock à ces chansons enfantines que nous avons tous fredonner. Les reconnaîtrez-vous?
ADRIANSTORK - 28.12.2018 -
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Music Waves a reçu planplan le chanteur Henri Dès pour faire le tour de sa longue et riche carrière mais aussi et surtout l'interroger sur une rumeur qui s'est totalement vérifiée : oui, le chanteur Suisse a bien décidé de donner un petit coup de vernis à ses chansons.


On aime commencer nos interviews chez Music Waves par cette question traditionnelle : quelle est la question que l'on t'a trop souvent posée ?

Henri Des : On m'en a posé des milliers. Mais ce n'est pas grave, c'est surtout la façon dont elles sont posées qui me donne la façon d'y répondre.


Je ne savais pas trop ce que je voulais à l'époque [...] Je me foutais un peu de tout.





En France, on te connaît surtout pour tes chansons pour enfants, mais il y a une vie avant ça. Alors que tu partais dans la vie active sans diplôme, sur quel coup de tête as-tu décidé de te consacrer à la musique ?

Oh, je ne savais pas trop ce que je voulais à l'époque. J'avançais gentiment. Je me foutais un peu de tout. J'étais un jeune sans ambition particulière. Quand un concours amateur s'est présenté à moi, on y est allé avec des copains pour faire les zigotos.


Pourquoi es-tu venu en France, n'y avait-il pas assez de débouchés en Suisse ?

C'est tout petit la Suisse. La Suisse quelques millions de personnes, la France 65 millions. A l'époque, on disait qu'il fallait monter ou descendre à Paris. Je m'étais marié et j'avais décidé de partir avec ma femme. Je faisais le pied de grue dans les cabarets. Le Cheval d'Or, L'Ecluse, La Contrescarpe, les cabarets qui accueillaient et présentaient de jeunes chanteurs en devenir. Enfin, c'était plutôt des bistros avec une estrade. J'attendais avec ma guitare que le patron m'appelle devant le cabaret. Tout à coup, le chanteur ou le diseur comique était en retard pour des raisons X ou Y. Cela me permettait de présenter mon travail et de discuter avec le patron qui me disait : "Ok, je te programme pendant une semaine dans deux mois.'' ça se passait comme ça.


Après ça, ta première consécration a été cette quatrième place à l'Eurovision en 1970. Peux-tu revenir sur cet évènement. Comment s'est crée la chanson 'Retour'? Quels souvenirs en gardes-tu et quel est ton regard sur le grand concours de la chanson aujourd'hui ?

Pas grand chose.


L'Eurovision, c'est une voie de garage clinquante.


Donc aujourd'hui, tu ne le referais pas.

Jamais de la vie. L'Eurovision, c'est une voie de garage clinquante. Toujours aujourd'hui. Il n'y a qu'Abba qui en est sorti. J'étais très content d'être quatrième. Pour certaines personnes, j'ai commencé à exister et faire des spectacles.


Mais alors pour toi, ce n'était pas une voie de garage, puisque ça t'a permis de jouer.

A terme, c'est une voie de garage, parce que si tu ne fais rien derrière, pour exister, personnellement, ça ne vaut rien, c'est de la fumée. Si je le fais, c'est parce que c'est tombé à un moment où je trouvais cela intéressant de le faire. Mais ce n'est pas ça qui m'a fait réussir dans la vie. Ce sont mes actions et décisions personnelles qui ont suivi qui m'ont permis d'être là maintenant. Le lendemain, personne ne se rappelle du nom du vainqueur. Il va faire un petit bout de carrière et finir dans l'ombre.


Justement, ton action à toi, c'était de te décider à faire de la musique pour un public de jeunes.

Mon fils est né en 1970 à la même époque que l'Eurovision. Quand il avait cinq ans en 1975, j'ai fait une chanson avec des mots simples qu'il puisse comprendre et une musique pour qu'il puisse la chanter. Comme lorsqu'on veut prendre une photo de son fils. Quand il a enregistré trois titres avec moi pour avoir un souvenir, il y a eu une petite lumière.  Mes amis m'ont dit de ne pas laisser cela dans un tiroir parce qu'il y avait quelque chose de frais et de charmant.


Aujourd'hui tu nous reviens avec "Zinzin", des versions rock, voire parfois metal de tes chansons. Pour t'accompagner dans ce voyage, tu as choisi Ze Grands Gamins, l'ancien groupe Explosion de Caca et son duo Obi Wan Pichon et Mouloud Rochat. Est-ce un hasard si Mouloud Rochat n'est autre que Pierrick, ton fils ?

Ce n'est pas un hasard du tout. Il y a quatre ans, le propriétaire d'une boîte de rock à Bulle en Suisse qui s'appelle Ebullition a demandé à Pierrick s'il était possible de faire un hommage à son père. Pierrick m'a appelé et m'a dit que des groupes locaux pouvaient reprendre mes chansons en différents styles et qu'éventuellement, on pouvait retravailler ensemble quelques titres en rock. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait. Il m'a répondu : ''Pfff! Papa, qu'est-ce que tu risques? Tu n'as rien à prouver. Amuse-toi!''


C'était quand même une prise de risques !

Bien sûr, mais je m'en fous. Je me suis quand même amusé. C'est lui qui a déclenché ce truc-là et en m'amusant comme ça, je me retrouve à Motocultor. C'est ahurissant, c'est pas du tout atypique.


En m'amusant comme ça, je me retrouve à Motocultor.





Quelle a été cette réception quand tu as joué en Suisse ? Tu ne crains pas la réaction de Motocultor ?

Vous avez vu ce qui s'est passé en Bretagne? Au Télégraphe, à Ouest France et compagnie, il y a eu des milliers de personnes qui voulaient voir ça. J'étais sur l'affiche écrit en tout petit avec Ze Grands Gamins. Mais quand les gens ont vu mon nom, il y a eu des réactions dingues. Ouest France a dit que notre prestation était attendue, tous ceux qui sont devant moi connaissent mes chansons par cœur. Ils vont venir chanter avec leurs bras aussi tatoués que mes cuisses.


Mais aujourd'hui en voyant ses réactions, est-ce que tu ne te dis pas : ''Finalement, on aurait peut-être pu faire ça avant ?''

Non, non. Chaque chose en son temps (rires).


Avec tes deux complices, plutôt qu'Henri Dès et Ze Grands Gamins, est-ce que tu n'as pas pensé à te rebaptiser Henri Death ?

Depuis très longtemps, on m'a souvent appellé ''Henri Dès Metal''. J'ai vu des caricatures de moi en rockeur. Henri Dès, c'est mon pseudo. Mais on l'a appelé Ze Grands Gamins, avec le Ze pour ne pas faire trop anglais. Pierre-Yves et Raphaël sont Ze Grands Gamins. C'est comme au cirque avec l'auguste et le clown blanc. Le clown blanc n'est pas là pour faire rire mais pour supporter l'auguste et pour en sourire. C'est exactement ce qu'il se passe sur scène : ils font les dingues tandis que moi je ne change rien à ma façon. Tout le monde chante avec moi, c'est la folie. Et eux, ils font les zinzins derrière et les gens sont morts de rire.





Le gars avec le tatouage, il y a vingt ans, c'est le petit qui t'écoutait. Et de les voir aujourd'hui, toujours aussi enthousiastes sinon plus réceptifs, qu'est-ce que cela te fait ?

C'est probablement quelque chose de très profond. Les enfants ont été nourris et imprégnés par mes chansons. Les gamins écoutent toutes les chansons en boucle. Puis en grandissant, ils oublient qu'ils les ont aimées. Et à l'âge de jeunes adultes, ils me voient arriver, ils ont les yeux gros comme ça.


Je n'aurais jamais imaginé marquer aussi fort autant de générations. C'est un cadeau


On se revoit tous les chanter. On connaît encore les paroles par cœur. Tu as vraiment marqué des générations.

Je n'aurais jamais imaginé marquer aussi fort autant de générations. C'est un cadeau. Je passe en solo à la Grande Comédie, c'est blindé de gens qui chantent tout par cœur. Je suis obligé de m'arrêter.


C'est qui ton public aujourd'hui ?

C'est vous et vos enfants.


Donc un public qui se renouvelle sans cesse ?

Complètement. Des gens qui ont 35 ans 40 ans. Ils viennent avec leurs mômes en espérant qu'ils ressentent la même chose...


Un artiste doit laisser une trace mais toi, tu laisses une trace pour les adultes et les enfants.

Avant les adultes suivaient leurs enfants mais maintenant, c'est le contraire. Les parents sont complètement dingues.


Avant les adultes suivaient leurs enfants mais maintenant, c'est le contraire.


En voyant ce projet fonctionner, est-ce que ça t'a permis de te rapprocher de ton fils ?

On est très fusionnels. On a de beaux projets ensemble, mais je ne peux pas en parler, c'est trop tôt.


Donc ce n'est que le début ?

C'est une étape (rires).


A l'écoute de cet album, on ressent une complicité entre chacun des musiciens, vous arrivez vraiment à transmettre de la bonne humeur, de l'humour, qui ne laissera ni réfractaires les adultes ou les enfants. Mais comment on décide que son fils chantera 'J'ai plus faim' avec une voix de reggaeman ?

C'est lui qui s'est amusé à ça.


Mais il n'y a eu aucune limite ?

Non. On ne s'est jamais dit ''Faut pas oser ça!'' mais plutôt ''On se marre''. Après, les gens prennent ou ils ne prennent pas.


On a aussi des chansons un peu tristes dans ton répertoire, comme 'Mes chats' (tu caches tes chats pour ne pas qu'on te les tue). Peux-tu revenir sur la genèse de cette chanson qui même guillerette cache quand même quelque chose de terrible pour un enfant ?

On doit tuer ses chats parce qu'il y en a trop. Le gamin réagit fort et fera tout pour empêcher ça.


Une des chansons est plus jouissive que l'originale. La petite Charlotte demande de l'aide pour son gâteau et comme personne ne l'aide, elle ne le partage avec personne. Mais dans cette nouvelle version, on lui gueule littéralement dessus lorsqu'elle demande une assistance ce qui rend la chute plus drôle que morale au final. Est-ce que tu as apporté un petit plus sur ces titres ?

Pour chaque chanson, on a essayé de trouver un axe qui corresponde à Zinzin. On ne voulait pas reproduire ce qu'il y avait dans l'original. Moi, je ne suis pas de la génération metal, par contre mon fils et son copain si et ils ont imprégné l'esprit du disque. D'ailleurs, ils ont été surpris de me voir très ouvert. Techniquement, si je ne peux pas faire, je le dirai. Mais je n'ai jamais freiné leurs façons de me proposer.


Sur 'T'es pas beau', tu as un peu poussé sur ta voix grave, est-ce que tu aurais pu aller plus loin dans l'expérimentation ?

Oui je l'ai chantée tout en bas sur la proposition de Pierrick. Je ne sais pas si je pourrai faire plus... Mystère!


Un artiste reconnu gagne bien sa vie, autrement c'est un nul.





Quel est le regard de Pierrick sur son père ? Sauf erreur, il chantait sur certaines chansons comme "Avec Les Copains''. Est-ce que tu n'as pas eu peur à la fois qu'il pût tourner le dos à la musique, traumatisé ou lorsqu'il t'a dit : ''Papa, je veux faire de la musique''?

Ah non. Je suis l'un des seuls dans la famille à le soutenir à 100%. Il a été marié deux fois et ses ex trouvaient qu'il ferait mieux de faire autre chose. Au départ quand on commence dans la musique, on a de grosses difficultés financières. Je suis bien placé pour le savoir. Quand on fait un autre métier, on ne peut pas comprendre. Un artiste reconnu gagne bien sa vie, autrement c'est un nul. Elles voulaient une situation plus stable. Mais moi, je connais son talent et je le soutiens.


Le projet est-il appelé à une suite ? On sait qu'il y a le Motocultor. Toujours aussi rock ou peut il épouser d’autres styles (jazz un peu comme l’a fait Bernard Minet) ?

Jazz sûrement pas. J'ai tellement de titres dans mon tiroir que cela ne pose aucun problème pour faire une suite s'il le faut. Mais pour l'instant, on laisse venir, on verra bien.


Il n’y a guère plus de chanteur pour «enfants», ils se font de plus en plus rares d’ailleurs on n'en voit pas, regrettes-tu l’absence de relève ?

Non, je m'en fous (Rires). Il y a beaucoup de gens qui ont essayé de faire la relève. Au Québec, il y a des gens qui ont voulu prendre la relève. Je laisse faire.


Les enfants d'aujourd’hui ont-ils perdu leur innocence par rapport à notre génération (nés dans les années 70-80) qui était peut être moins consciente du monde difficile dans laquelle elle a vécu ? La technologie participe-t-elle à cette perte d’innocence ?

Disons qu'avant, ils étaient innocents plus longtemps. Aujourd'hui, ils restent innocents moins longtemps. Avant ils passaient de l'autre côté vers 10 ans maintenant ça se fait à 7-8 ans.


Quel est ton sentiment face à l’évolution du marché actuel de la musique ? Es-tu nostalgique ou bien tu continues de regarder vers l’avant ?

Tu veux parler de l'époque où ça se vendait mieux? On gagnait plus (Rires). Ce n'est pas l'argent qui était mon but premier. Quand ça marche bien, évidemment, il y a de beaux retours. On peut se payer une jolie voiture. Mais ce n'est pas ça le but principal, c'est de faire ce qu'on est et ce qu'on aime. Etre en harmonie avec soi-même. Et quoi que je fasse, ça sera toujours comme ça.


Etre en harmonie avec soi-même. Quoi que je fasse, ça sera toujours comme ça.





Ta collègue Anne Silvestre a réussi à être à la fois reconnue pour ses chansons tout public et ses chansons pour enfants. Est-ce que tu nourris un regret d'avoir eu une étiquette de chanteur drôle et tendre pour enfants ?

Non, pas du tout. J'ai fait un vrai choix. Anne a eu des gros problèmes avec ça. Pour moi, c'était la meilleure dans ce domaine là. Elle avait peur de chanter devant un public enfantin donc elle a refusé de le faire. Elle chantait ses chansons pour adultes. Et les gens venaient en famille l'écouter mais elle ne chantait pas ses chansons pour enfants, donc les gamins n'étaient pas contents et ne comprenaient pas.


Généralement on ne te voit pas dans les médias sauf récemment chez Hanouna, ce qui nous a beaucoup surpris...

Moi aussi j'ai été très surpris. (rires)


Comment se fait-il qu'Hanouna ait fait appel à toi et pourquoi les médias en règle générale ne l'ont pas fait ?

Jusqu'à maintenant, les médias ne sont pas venus à moi car je n'étais pas dans un format qui comblait leurs espérances. Puisqu'ils ne voulaient pas de moi, tant pis. Sans être désagréable, je pense que les médias, c'est le trait d'union entre le public et l'artiste. Moi mon trait d'union, c'est le bouche à oreille. J'ai un bouche à oreille colossal. Patrick Cohen est venu me chercher pour me demander si je ferais le Hellfest j'ai répondu oui. Du coup, le Motocultor m'a contacté.


A terme, l'objectif c'est le Hellfest ?

Bien sûr. Trop tard pour cette année. Mais le Motocultor, c'est le premier dans lequel je mets le pieds. Si l'année prochaine le Hellfest me dit : ''Pourquoi pas?'' alors j'y vais.


As-tu la pression de jouer au Motocultor ? 

Pas du tout, je chanterai la même chose que d'habitude.


Aujourd'hui, quel regard as-tu sur ton répertoire. L'amie estonienne d'un de nos chroniqueurs a appris le français avec l'une de tes chansons 'La grande aventure'. Est-ce que tu es fier que certains élèves à l'étranger apprennent le français grâce à tes chansons ?

Bien sûr. J'ai beaucoup de témoignages de gens qui adoptent un enfant de l'étranger qui arrive en France et qui ne sait pas un mot de français. Alors ils commencent à lui faire écouter mes chansons. Par la musique, les mots rentrent dans la tête de l'enfant et il commence à parler. C'est très touchant. Et ensuite, il vient au concert, avec ses tatouages (Rires).


Après une telle carrière que tu réussis à renouveler grâce à Ze Grands Zinzins, qu'est-ce qu'on peut attendre ?

Rien. M'en fous complètement! C'est que du bonus. A l'âge que j'ai, mes copains sont grabataires ou ils n'arrivent pas à mâcher. Je vais fêter mes 78 ans dans une semaine.





Tu ne les fais pas du tout.

On me le dit souvent. Je n'attends rien. Un pied devant l'autre. Des surprises, il y en aura!


On t'a posé la question qu'on t'avait trop souvent posée. Pour clore la boucle, quelle est celle que tu aurais aimé que je te pose ?

Aucune idée. Fais ce que tu veux!


Merci, c'était un honneur.

Merci!


Plus d'informations sur http://www.ultravomit.fr.st/
 
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