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TITRE:

DEATH DECLINE (15 NOVEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



A l'occasion de la sortie de la "The Thousand Faces of Lies", nous avions rendez-vous avec les membres de Death Decline pour une longue interview... véritée !
STRUCK - 30.11.2018 -
10 photo(s) - (0) commentaire(s)

Pour l'occasion, nous avons rencontré le misanthrope sympathique chanteur du groupe qui nous a exposé le parcours semé d'embûches d'un groupe de thrash death avec une bonne dose d'ambition...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Alexis : Je ne pense que nous ayons une carrière trop longue pour parler de question trop souvent posée. En revanche, il y a une question récurrente et qui nous fait beaucoup marrer, c’est de connaître le sens profond du nom Death Decline.





Eh bien, tu nous croiras ou non, on n’avait pas prévu de te la poser ! Votre actualité est la sortie de votre deuxième album "The Thousand Faces of Lies". Est-ce que l’écriture de ce dernier a été influencée par l’accueil réservé à votre première démo “Bloodstained Redemption” et votre premier album “Built For Sin” ?

Pour revenir au niveau chronologique, il faut savoir qu’à l’époque de "Bloodstained Redemption", le line-up n’était pas du tout celui actuel. C’était une démo fait dans le speed pour que le groupe puisse proposer un support physique pour démarcher un peu plus facilement. Cette démo a été enregistrée début 2013 et je suis arrivé officiellement dans le groupe début 2014 et le line-up s’est stabilisé fin 2014 avec l’arrivée de Mario.
Les titres qui sont sur "Bloodstained Redemption" à part le titre éponyme qu’on a continué à jouer pendant un petit moment en concert n’ont plus été joués en live parce que nous avons suffisamment de matériels pour ne plus les jouer en live. Nous ne renions pas cette démo mais pour être honnête, je ne pourrais même pas te dire l’accueil qu’elle a reçu de la part du public vu que j’ai intégré le groupe après qu’ils aient sorti cette démo.

Après, est-ce qu’on a été influencé par les critiques sur "Built for Sin" ? Je dirais que nous avons été influencés par nos propres critiques. En effet, il revenait souvent le fait que les morceaux étaient beaucoup trop longs même si certains passent bien en live. Et ce qu’il s’est passé sur cet album, c’est que la compo a été chaotique parce qu’on a repris du matériel qu’on avait et qui avait été écrit par Manu et Fab. Mario s’est greffé à ça en apportant ses influences, modifiant quelques trucs… et on s’est retrouvé à devoir enregistrer le tout en studio en 7 jours. Pour des gens aussi peu expérimentés que nous, ça a été un peu bordélique ! Nous sommes contents du produit fini mais on a tout de suite vu clairement bon nombre de défauts qu’on pourrait lui trouver…


Quand nous sommes entrés en studio pour le nouvel album, on a vraiment gardé en tête les boulettes qu’on avait faites pour le premier album pour ne pas les reproduire.





Et ces défauts les avez-vous corrigés sur ce nouvel album et notamment sur la longueur des compos afin qu’elles soient plus concises et plus écrites dans l’optique du live ?

Tout à fait ! On gardait déjà une certaine notion d’efficacité des morceaux sur le premier album : le morceau éponyme est sacrément amputé en live puisqu’il fait presque 14 minutes sur album mais quand tu fais sauter le bridge, l’intro et l’outro mélodique, ça te ramène à un morceau qui ne fait "que" 11 minutes (Sourire) sachant que sur nos premières tournées et jusqu’à très récemment, on avait César à la batterie qui avait coutume de nous rebalancer 20 bpm à chaque morceau, on ramenait le titre à 8 minutes et on restait sur quelque chose d’efficace.
En plus, l’un des avantages quand les gens ne te connaissent pas forcément -on essaie toujours de s’exporter dans des endroits où on n’a jamais trop joué- c’est que quand un groupe te gueule dessus pendant 10 minutes, ils ne vont pas forcément percuter qu’ils écoutent le même morceau. Donc jusque-là, ça ne nous a pas trop posé préjudice.

Mais après ce sont des choses sur lesquelles on s’est concentré. On ne renie pas le matériel passé mais quand nous sommes entrés en studio pour le nouvel album, on a vraiment gardé en tête les boulettes qu’on avait faites pour le premier album pour ne pas les reproduire.


Quand tu parles de boulettes à quoi penses-tu précisément ?

On a réussi à sortir "Built for Sin" un 1er juillet quand tout le monde est parti se faire cuire le cul sur la plage et donc plus personne n’écoute de musique (Sourire).
On avait le matériel et on s’est dit qu’on pouvait le sortir. Alors que si on avait réfléchi, même sans lancer de promo derrière, on aurait pu le sortir début septembre.


Et aujourd’hui, voyez-vous la différence ?

Oui, ça coûte vachement plus cher (Rires) ! Plus sérieusement, on voit une différence parce qu’il y a une émulsion : le fait d’avoir un côté « pro » nous booste et nous donne une régularité dans nos publications et notre façon de gérer la communication.


Le fait que nous ayons abordé ça de façon assez pro [...] nous a aidé à nous crédibiliser sur la scène.



Et qu’en est-il en termes de retour des médias ?

Ce qui se passe, c’est que nous sommes qu’au tout début. Nous avons reçu quelques chroniques dont celle de Music Waves qui était excellemment bien écrite et vous n’avez pas dit qu’on faisait du deathcore (Sourire)…
Ce qui a nous toujours sauvé au sein de Death Decline, c’est que Fab gravite pas mal dans le milieu ce qui nous a toujours permis de gratter une chronique par ci et un live report par là… Si bien que bon an, mal an, on a réussi avoir une couverture sur "Built for Sin" où l’album a été globalement bien reçu même si il était clairement indiqué qu’il portait les stigmates de la jeunesse.
Pour nous, c’était important d’arriver avec un album qui ne soit pas trop fait à l’arrache, nous ne voulions pas que cet album soit une démo avec juste 4 titres de plus. Du coup, le fait que nous ayons abordé ça de façon assez pro, même si au niveau de la communication, on était largués, le fait d’avoir fait intervenir Stan Decker à la pochette qui est revenu vers nous par la suite, d’avoir enregistré au Warmaudio… tout ça nous a aidé à nous crédibiliser sur la scène.


Tout le processus créatif de "The Thousand Faces of Lies" s’est fait à une période de ma vie où c’était le merdier





Tu as parlé d’erreurs faîtes sur "Built for Sin". Aujourd’hui, avec le recul, en as-tu souligné sur "The Thousand Faces of Lies" à ne reproduire par la suite ?

On n’avait pas commencé à enregistrer l’album qu’on les voyait déjà (Rires) !
On a fini d’enregistrer "Built for Sin" en se disant qu’on n’était pas assez prêts et qu’il fallait remédier à ça pour le deuxième album. Aujourd’hui, on se dit que nous n’étions pas assez prêts pour l’enregistrement du deuxième et qu’il faudrait l’être encore plus pour le troisième (Sourire)…
Ce sont des détails de ce type et à titre personnel, pour les choses dont je m’occupe à savoir les paroles et les lignes de chant, tout le processus créatif de "The Thousand Faces of Lies" s’est fait à une période de ma vie où c’était le merdier : j’étais en train de me séparer, de couler ma boîte… Je n’ai donc pas pu être très impliqué dans le processus de création.


Mais est-ce que cette période tourmentée n’a pas rendu tes paroles plus fortes que jamais ?

Il y a un ou deux morceaux qui découlent de cette période. Mais c’est vrai que c’est très frustrant : j’ai vraiment besoin de ces gars parce que c’est ma famille et ils ont été plus que royaux pendant la période où j’étais dans la merde. Il y a quand même assez peu de groupes où le chanteur peut se permettre de faire 4 répétitions en deux ans !


Soit tu es super-doué, soit ils sont super attachés à toi…

Super-doué ? Je ne sais pas. Je suis chanteur depuis quelques années donc ce que je fais, je n’ai pas la prétention de le faire très bien mais j’ai suffisamment d’appui pour assurer en live et c’était le principal.
Concernant le processus de création, c’est qu’une fois qu’ils m’envoyaient les morceaux, je pouvais composer et écrire les textes chez moi.
Si je te dis pas de connerie, un titre par exemple, on l’a joué la première fois tous ensemble pendant une balance, juste avant de le jouer en live. Après, j’ai pu me reposer là-dessus parce qu’eux techniquement parlant, ils sont irréprochables. Et même si nous ne sommes pas les meilleurs techniciens, vu qu’on se connait tous bien, on sait se rattraper et faire oublier un pain lorsqu’il arrive.

Tout ça pour dire que je suis arrivé au moment d’enregistrer ce nouvel album mais j’estimais que je n’étais pas assez préparé. On a vu les choses sur lesquelles il va falloir se concentrer : on a toujours eu des ingénieurs son compatissants mais ne serait-ce arriver en disant que le son de Death Decline, c’est ça et non pas lui dire qu’on écoute tous les styles de metal ou presque…


Justement votre album fusionne une multitude d’influences (death, black, metal contemporain), tu as dit que certains médias vous classaient deathcore…

... Oui un webzine nous a catalogués de deathcore sur "Built for Sin" et j’aimerais qu’on m’explique comment on peut entendre des nuances deathcore sur cet album…


Ce qui est cool avec le thrash death, c’est que tu arrives à allier la lourdeur avec quelque chose de très percutant


Dans ces conditions, dans quel genre vous classez vous ?

Pour la parenthèse, si il y a un seul truc pour lequel nous sommes d’accord au sein du groupe : le deathcore on n’aime pas ça (Rires) !
Mais généralement, on se classe dans le style thrash death qui est une étiquette un peu bâtarde qui est apparue depuis un petit moment. César et moi sommes de gros fans de death bien lourd et des trucs barrés à la Postal. Le death, c’est lourd, c’est bourrin, c’est étouffant, c’est une espèce de chape que tu prends dans la gueule mais ce n’est pas agressif. Le thrash, Fab est le prêtre du thrash des années 1980, c’est son crédo… Que ce soit sur les nouveaux groupes comme Crisix, Angelus Apatrida et la vague espagnole… tu te prends une énorme mandale dans la gueule.
Et en fait, ce qui est cool avec le thrash death, c’est que tu arrives à allier la lourdeur avec quelque chose de très percutant que j’essaie de garder par l’utilisation d’une voix thrash et varier le plus possible mes voix.
L’avantage du thrash death, c’est un style qui n’est pas trop codifié qui nous permet de résumer en gros ce que nous faisons mais si nous avons envie de planter un refrain heavy au milieu, personne ne va venir te casser les couilles en te disant que ce n’est pas thrash ou death…


Je pense qu’on va continuer à ne pas trop se cliver


Mais n’est-ce que ça n’est pas un handicap d’avoir des influences multiples et visibles pour trouver son identité propre ? Qu’est-ce que vous répondez si je dis que votre musique aurait pu être plus personnelle est plus aventureuse ? Est-ce un souhait pour vos futurs albums ?

Au niveau du mix de nos influences, non ! Vu les premiers retours et vu la façon qu’on a de mener notre bateau, je pense que ça va devenir un cheval de bataille parce que les gens sont d’accord pour dire qu’il y a mélange d’influences mais apparemment on a réussi à passer à côté du côté patchwork où les influences sont décousues.
On ne fait pas du prog mais on veut garder cette possibilité. Typiquement le refrain de ‘Until the Last Human's Breath’ qui apparemment marche plutôt bien vu du public, c’était juste un gros délire à la base parce que Fab et moi sommes fans d’Iced Earth et que nous voulions qu’il y ait au moins un refrain de ce type dans l’album. Du coup, on l’a mis dans ce morceau et même si ça tranche parce qu’il n’y en a pas beaucoup d’autres dans l’album, il a quand même sa place, sa légitimité et donc cohérent dans ce que je dis dans ce morceau-là.

Et je pense qu’on va continuer à ne pas trop se cliver et je trouve qu’on arrive de mieux en mieux à mélanger nos influences respectives même si c’est toujours perfectible. En revanche, on a le cul entre deux chaises au niveau du son, entre moi qui aime les productions très organiques parce que je viens surtout du black à la base et j’aime bien quand ça bave un peu de partout et le problème est que déjà notre public type aime quand ça sonne un petit peu plus propre et pour faire sonner cette musique-là, il faut que ça soit un peu plus lisse.

Et c’est ce qui s’est passé pour "The Thousand Faces of Lies" puisque HK du Vacamara Studio a bien compris qu’on voulait un mix qui soit bourrin. Il nous a sorti un premier jet que j’ai trouvé absolument génial mais qui allait lécher la prod à la Misery Index c’est-à-dire quelque chose de très gras, très acide avec des guitares ultra-stridentes presque dérangeantes, la batterie était dantesque… mais par contre, tu perdais en lisibilité parce que c’était un grosse masse qui t’arrivait en pleine gueule au détriment du côté mélodique qui en pâtissait. Au final, nous avons convenu que c’était un too much.
On a donc essayé de trouver un équilibre pour que les guitares soient un peu plus conventionnelles tout en gardant le côté un peu bourrin, un peu baveux… et ça nous a pris pas mal de temps pour trouver notre son et désormais, nous allons nous axer pour arriver en studio avec notre son.


Notre leitmotiv c’est de vraiment pouvoir reproduire notre musique de façon la plus crue possible en live et que ça fonctionne.





Mais bien qu’il y ait une vraie variété dans cet album on sent une unité (dans le style, les riffs), comment avez-vous réussi cela ?

Parce qu’on a Mario, il est trop fort Mario, il est dépressif mais il est bon (Rires) ! Non, non mais les arcanes de la compo, je dirais qu’il y a une partie de la petite expérience que nous commençons à avoir qui a joué.
Après, c’est mon ressenti, mais j’ai l’impression que nous ne composons pas dans l’idée de faire un bon morceau mais plutôt de composer un morceau qui claque des culs en live. On est content d’enregistrer et produire les supports studio mais j’ai vraiment l’impression que c’est au niveau du live qu’on est les meilleurs et on garde cela en tête à savoir composer des titres que l’on puisse facilement reproduire en live.
Je respecte les groupes qui vont faire des compos super chiadées avec plein de guitares harmonisées et donc une musique très belle à entendre mais notre leitmotiv c’est de vraiment pouvoir reproduire notre musique de façon la plus crue possible en live et que ça fonctionne.


Comme on l’a dit votre actualité est la sortie de “The Thousand Faces of Lies” mais finalement quel sont donc ces multiples visages du mensonge ?

Alors, en termes de nom et d’iconographie sur ce titre, c’est un des derniers morceaux que j’ai composé pour l’album au niveau des paroles. Quand j’ai trouvé le titre, je me suis dit que ça ferait un bon titre d’album parce que c’est celui qui couvrait le plus de thèmes abordés…


Il faut que je sois énervé sur scène, il faut donc que je chante des trucs qui m’énervent



… A savoir le mensonge ?

Le mensonge fait partie de toutes les saloperies que je peux aborder. Mais ce n’est pas un concept-album avec un fil rouge unique.
Il faut que je sois énervé sur scène, il faut donc que je chante des trucs qui m’énervent et pour ça, j’aborde tout un tas de sujet qui vont du petit côté déviant de l’être humain à des comportements que je juge stupides… Après, je ne suis pas un donneur de leçon, ce sont juste des textes qui sont très factuels mais si tu prends ‘Network's Zombies Supremacy’, c’est moi qui me fais ma dose de rejet de l’Humanité. Et le meilleur endroit pour ça, c’est Facebook et ses commentaires : tu passes quelques minutes et tu as envie de tuer tout le monde. Après ce n’est pas du tout un trip élitiste, chacun voit midi à sa porte et je ne juge personne mais ça fait personnellement partie des trucs qui me gonflent et sur scène, j’ai besoin d’être gonflé et “The Thousand Faces of Lies” permet d’englober tous les sujets et notre tendance à foutre en l’air tout ce qu’on trouve et s’apercevoir après coup qu’on a merdé…


On essaie de faire les choses de la façon la plus sincère possible, on n’essaie pas de coller à une image ou de coller à tel ou tel mouvement pour que ça marche mieux


On parle de 1.000 visages du mensonge mais ne serait-ce pas plutôt les milles facettes de la sincérité, tant on sent que votre musique est pleine de générosité et de sincérité ?

Dans un premier temps, merci, ça me touche beaucoup et à une précédente interview, on m’a demandé de définir Death Decline en 3 mots et j’ai répondu : "Sincère, Fraternel et Bourrin".
On essaie de faire les choses de la façon la plus sincère possible, on n’essaie pas de coller à une image ou de coller à tel ou tel mouvement pour que ça marche mieux. On essaie de se faire plaisir avant tout parce que nous sommes les premiers auditeurs de notre musique, il faut donc qu’elle nous parle. Et c’est la raison pour laquelle nous ne nous privons pas de faire de temps en temps une petite sortie. Typiquement un morceau qui va être -ou pas- controversé, c’est ‘Beneath the Smile of the Rotten Idols’ -dont le titre est beaucoup trop long (Rires)- qui a été composé par César notre ancien batteur et qui est un peu décalé par rapport à l’esthétique parce que c’est lui qui a quasiment fait l’intégralité du morceau donc esthétiquement parlant il tranche un petit peu avec le reste de l’album mais c’est un morceau qu’il a fait avec ses tripes et qu’il tenait à nous apporter. C’était important pour nous qu’il participe à cet album, ça l’était d’autant plus que peu de temps après l’enregistrement, il nous a annoncé sa volonté d’arrêter la musique live et donc de quitter tous ses projets pour uniquement se concentrer sur de la composition et du studio. C’était donc important pour nous d’avoir cette trace de son travail dans le groupe.


Rédemption, péché, mensonge, tout cela est très judéo-chrétien, êtes-vous croyants, satanistes, ou est-ce simplement des thèmes récurrents qui vous attirent ?

Nous sommes de culture judéo-chrétienne mais je peux t’affirmer sans trop me tromper que nous tendons tous vers l’athéisme. Vu que la plupart des codes de morale, des dogmes et tout ce qui peut encadrer ta vie à l’heure actuelle découle de cet héritage judéo-chrétien, que ce soit dans ta façon d’aborder une relation, que ce soit dans ta façon de te comporter parce que c’est ainsi qu’on t’a appris et que c’est ainsi qu’on a posé les bases de notre société… donc pour moi, toutes les choses qui ne vont pas découlent de ça.
Mis à part "Bloodstained Redemption" qui est une composition de Mariana, sur "Built for Sin" et "The Thousand Faces of Lies", c’est un des fils rouges qui me tient.
Je ne suis pas du genre à tirer à boulets rouges sur une religion en particulier. Politiquement correctement parlant, il y a certaines choses qu’il ne faut pas dire mais de toute façon, ça ne m’intéresse pas de m’engager sur ces terrains-là : on ne cible pas la politique en particulier mais c’est un ressenti global par rapport à la façon dont les gens se comportent et tout ce qui peut nous empêcher d’avancer.


Pour moi, un groupe engagé politiquement ou autre est presque péjoratif





Tu nous as dit devoir être énervé sur scène mais on a le sentiment qu’il y a un message derrière chaque morceau (par exemple ‘Network's Zombies Supremacy’, ‘Beneath the Smile of the Rotten Idols’), est-ce un album engagé ?

Je ne dirais pas engagé parce que ça signifierait qu’à travers mes textes, je souhaiterais changer les choses. Alors si quelqu’un peut puiser dans mes textes, se sentir mieux… ce sera très bien et j’en serais heureux mais ce n’est pas la vocation de mes textes.
Pour moi, un groupe engagé politiquement ou autre est presque péjoratif parce que j’associe ça aux groupes qui entre deux morceaux vont te faire un discours d’une demi-heure pour te dire pour qui il faut voter : j’ai subi de mauvaises expériences avec ça…


Des noms…

(Rires) Toi aussi, tu as écouté du metal français (Rires) !
En fait, je suis assez contre la vision manichéenne que beaucoup de gens ont, notamment sur Facebook ,que tout est noir ou blanc. C’est beaucoup plus compliqué que ça et je m’abstiens de juger pas mal de choses parce que je ne m’intéresse pas assez à certains sujets pour pouvoir penser être compétent sur ces domaines. Du coup, je ne pense pas que "engagé" soit pertinent. Mes paroles ont du sens, je veux dire des choses à travers mes textes mais je ne veux pas influencer qui que ce soit… encore une fois, cela reste du factuel !


Quelle est la signification de l'introduction “cinématographique” de ‘Inside’ pour un groupe comme Death Decline qui se défend comme tu l’as dit d’être un groupe progressif ?

Je te la fais en deux mots : "HK, on a oublié de faire une intro. Tu nous en fais une bien ?" (Rires)


Est-ce que c’était nécessaire d’imposer un climat angoissant dès les premières secondes ?

Tout à fait ! L’avantage qu’on a eu, c’est que HK a très vite cerné les tenants et aboutissants de notre musique. L’idée de base que Mario avait eue était de reprendre le thème de début de 'Bury the Beast' joué au xylophone ou façon boîte à musique. HK nous a mis des gros claviers derrière à la bonne grosse mode synthwave et le résultat nous a vraiment bien plu.


Et au-delà d’une apparente violence dans les compositions, on sent un goût pour la mélodie, comme si chaque titre était écrit autour d’une mélodie, est-ce le cas ?

Autour d’une mélodie ? Non. Je ne sais pas parce qu’encore une fois, je n’ai pas été assez présent mais sur ce que j’ai pu observer lors des deux ou trois répétitions où je suis allé voir ce qu’ils branlaient, pour voir comment avançaient les travaux (Rires), généralement, l’ossature arrive plus avec les riffs rythmiques. En règle générale, on compose le riff bourrin, efficace et derrière on ajoute les fioritures. Mais attention, on tient beaucoup au côté mélodique qui est très important pour nous.
Ceux qui suivent Death Decline nous ont reproché d’avoir un peu trop mis de côté le chant de côté sur le nouvel album mais au niveau des thématiques et de mon état d’esprit du moment, le chant clair, j’en ai mis là où il était pertinent.


On a parlé de cet album, des moyens que vous avez mis. Maintenant, quelles sont vos attentes pour cet album ?

Péter des gueules (Rires)…


Nous attendons de continuer notre progression


…. Et claquer des culs apparemment…

Et claquer des culs : on peut faire les deux en même temps, nous sommes multitâches ! En revanche, que ce soit dit, nous ne pétons jamais la gueule de celles à qui on claque le cul : nous sommes des enculés mais gentlemen (Rires) !

Ecoute, nous attendons de continuer notre progression parce que même si elle a été un peu cahin-caha avec la sortie de "Built for Sin" qui a été un peu rock’n’roll et pas très bien gérée, jusqu’à maintenant, on a l’impression d’avoir toujours avancé et maintenant on aimerait passer au cran au-dessus comme les copains de Deficiency, de Heart Attack qui sont en train de nous faire une super belle réussite et c’est super motivant de voir des groupes comme ça qui se défoncent et qui arrivent…


Dans ces conditions, est-ce que c’est facile de faire son trou aujourd’hui en tant que jeune groupe ?

En fait, je pense que c’est une question de moyens qu’on se donne.


Aujourd’hui, vous mettez toutes les chances de votre côté pour ne pas avoir de regret ?

C’est ça. On s’investit tous sachant qu’on traverse des périodes plus ou moins faciles. On est partis en tournée en Espagne, je venais de commencer à vraiment enterrer mon entreprise, je venais de céder ma bagnole à un huissier, je vivais dans un appartement dans lequel il faisait 8° parce que je n’avais plus d’électricité, ni chauffage… tout partait à veau l'eau mais je suis quand même parti en tournée avec le peu d’argent que j’ai pu gratter sur la bagnole.
On n’a pas le rêve de se professionnaliser en revanche, on veut avancer. Mais si jamais ça arrive on verra… J’ai un train de vie suffisamment patachon, j’ai une femme qui est très conciliante et qui est également un peu dans le milieu artistique…


Tu nous dis donc qu’après une période tourmentée, cela va mieux dans ta vie personnelle aujourd’hui ?

Au niveau privé, ça va mieux : je suis sur un nuage ! Je suis serein pour la suite…


Mais toi qui a besoin d’être énervé, la suite des évènements avec Death Decline va être chiante ?

Non, non…


Mes amis proches me considèrent comme un misanthrope sympathique parce que plus je déteste les humains, plus j’aime les quelques-uns que j’ai choisis…





Ou tu vas aller sur Facebook…

C’est ça, je vais aller sur Facebook (Rires) ! Les amis proches me considèrent comme un misanthrope sympathique parce que plus je déteste les humains, plus j’aime les quelques-uns que j’ai choisi… et comme je commence à vous apprécier, je vais donc arrêter de vous considérer comme des images impies.
Non mais en vrai, il y a toujours quelque chose qui me gonfle parce que je ne suis pas tout à fait monté comme tout le monde et les carcans de la société me beurrent la raie au quotidien.

Mais pour en revenir à ta question, on veut manger du fest et surtout on a l’impression qu’il y a une espèce de palier entre les groupes qui comme nous ont du matériel de qualité avec un produit joli à présenter et ce moment où tu bascules et tu commences à accéder à certaines choses. On parlait de nos copains : aujourd’hui j’estime que Deficiency est encore sur cette ligne, nous sommes encore en-dessous et Heart Attack ont basculé dans ce moment où ce sont les gens qui commencent à venir les chercher pour les affiches ou de temps en temps, on répond à tes mails… Nous avons pour but de nous donner les moyens d’arriver à cet état de grâce !


On a commencé par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

C’est une bonne question !


C’était la seule…

Alexis : (Rires) Tiens Fab qui est dans le coin, viens servir à quelque chose une fois dans ta vie de merde (Rires) ! Je vous présente l’homme le plus indiqué pour répondre à cette question…

Fab : Je ne sais pas trop quoi répondre ?


Et bien je vous propose qu’on commence la promo du prochain album par cette question…

Alexis : Avec plaisir, je le garde dans un coin de ma tête. Mais c’est une bonne idée parce que je t’avoue que l’entretien était tellement parfait que je ne vois pas quoi ajouter…


Et bien merci et donc on se donne rendez-vous dans combien de temps pour le prochain album ?

Alexis : Pour l’instant, la sortie du troisième album, je t’avoue…
L’objectif est de tourner pendant deux ans avec cet album. On continue à préparer de nouveaux morceaux en parallèle, j’ai un concept que je veux aborder sur le prochain album, j’ai donc quelques textes qui sont déjà en train d’être ébauchés…


Une exclu pour l’entretien parfait ?

Alexis : Je ne sais pas comment vous tournez ça et puis les gars ne vont pas être d’accord !

Fab : Je ne suis pas au courant.

Alexis : Mario si et toi, je te l’ai peut-être dit mais tu étais bourré (Rires) ! En gros, j’ai commencé à écrire en parallèle de reportages que je regarde en ce moment et des bouquins historiques que je lis : je suis assez effaré par toutes les affaires qui sont restées en suspens. Comme les affaires concernant l’unité 731 en Chine, les expérimentations faîtes par les Japonais, le sac de Nankin… Je me suis refait l’historique complète de l’intervention qui a eu lieu à Tchernobyl et tous les hommes qu’ont à envoyés et qui ont eu les couilles d’y aller sachant qu’ils y allaient pour crever… Et j’ai potentiellement une ébauche de titres qui s’appellerait ‘Atomic Ride’ qui traite du bien-fondé de la course à l’armement atomique…





Tu es chaud. Il va falloir faire beaucoup plus de répétitions pour cet album.

Alexis : Je pense que j’ai fait plus de répétitions en 5 mois qu’en deux ans et demi…


On a hâte… merci

Alexis : Merci à vous !





Merci à Thibautk pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/deathdecline
 
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